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Habiter (plus que) durable ?

Dans la campagne genevoise, « Maison Neuve », un projet d’habitat communautaire chrétien voit le jour : deux petits immeubles, neuf logements privatifs, des locaux communs, un quotidien partagé, une envie d’accueil, une ouverture inter-dénominationnelle, des temps spirituels communs.

Alexandre Winter, l’un des initiateurs du projet et sympathisant de ChristNet, a répondu à nos questions.[1]

1. En quoi, le projet de la Maison Neuve répond-il à la philosophie du développement durable ?

Notre projet dépend de notre conscience de ne pas être à l’origine de nous-mêmes. En choisissant comme texte fondateur les versets de l’Evangile de Matthieu qui décrivent Jésus-Christ comme le roc sur lequel la maison est sûre de tenir (Matthieu 7:24-27), nous confessons une dimension de Dieu et du monde qui toujours nous précède. Cette capacité à la reconnaître est, je crois, celle qui motive en profondeur les engagements chrétiens ou seulement humanistes en faveur du développement durable : croire que les sociétés, les systèmes naturels ou économiques ne se maintiennent qu’à la condition que soit reconnue une forme de lien avec le passé, comme d’ailleurs avec l’avenir.

2. En quoi, le projet de la Maison Neuve répond-il aux principes du développement durable (viabilité économique, justice sociale et préservation de l’environnement) ?

Notre projet se veut responsable face à la société comme face à la nature, c’est-à-dire que nous souhaitons autant que possible pouvoir répondre de nos choix et de nos orientations en vue d’une durabilité, ou je dirais d’une viabilité. En matière économique par exemple, nous avons adopté un principe de non-lucrativité en maintenant un équilibre entre charges et coûts, les unes devant permettre seulement de couvrir les autres. Pour ce qui concerne le respect de l’environnement, nous travaillons avec un bureau d’architectes spécialisé dans la recherche de solutions écologiques, certaines innovantes, tant au niveau des matériaux que des techniques (p.ex. isolation en paille). Nous avons également posé les bases d’une dynamique de groupe participative et consensuelle où nous acceptons que les processus décisionnels puissent être parfois lents.

3. Pensez-vous que la dimension de la foi renforce la durabilité du projet ? Merci d’expliquer.

Dans notre vision, nous exprimons le vœu que Dieu soit au centre de notre projet. Dire que c’est Dieu qui est au centre, c’est dire alors que rien ni personne ne prendra cette place : aucun membre du groupe aux idées plus affirmées, aucune idéologie, aucune croyance même la plus pieuse. Dieu au centre, c’est maintenir toujours vive en nous cette capacité à nous remettre en question, à écouter, à nous ouvrir à l’« Autre Dieu », non pas l’image, l’idole mais la Présence vivante. Je crois que ces principes spirituels - ils guident l’Eglise par l’Esprit Saint depuis 2000 ans – sont en effet des repères pour un développement dans la durée et dans le respect de la vie.

4. Quelle est votre motivation personnelle d’opter pour un projet si « compliqué » ?

Il n’y a rien de plus passionnant que l’humain et l’humain rencontré par Dieu en particulier : je me réjouis de ce projet où nous cherchons à vivre la rencontre les uns des autres et la rencontre de Dieu en Jésus-Christ, où nous risquons notre quotidien, où nous fêtons l’hospitalité et l’accueil et où nous tentons humblement d’imaginer un futur possible pour nos enfants et notre famille humaine.

Samuel Ninck-Lehmann est coordinateur de ChristNet et membre-fondateur du projet «Maison Neuve».


[1] Texte paru dans Perspective, magazine de la Conférence Mennonite Suisse, n° 10, octobre 2017.

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