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Présidentielle : le dilemme des chrétiens

Image : Une urne électorale (Rama, CC BY-SA 2.0 fr, wikimedia.org).

BÉATRICE VATRON-STEINER[1]

« Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. » Romains 13.1
Jésus dit : « [Mes disciples] ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » Jean 17.16

Quiconque allume son poste de radio ou de télévision vit désormais au rythme des élections présidentielles, avec, en stéréo, les élections américaines, dont l’issue est prochaine, et les françaises dont les débats autour des primaires marquent le coup d’envoi.

Un choix éclairé

Il n’est guère facile pour le « commun des mortels », mêmes pour ceux qui s’intéressent de près au fait politique, de se retrouver dans l’argutie des uns et des autres. On en veut pour preuve notamment les solutions proposées aux « problèmes » des retraites et des 35 heures l premier débat des candidats de droite à la présidentielle qui a eu lieu fin octobre. Difficile de s’y retrouver, a fortiori de comprendre, et donc de choisir entre les solutions proposées.

Entre un débat souvent technique, pour ne pas dire technicisé, une rhétorique bien rodée, le tout empreint de luttes de pouvoir, il n’est pas aisé de faire un choix éclairé. L’enjeu est pourtant de taille dans un régime où le président détient un pouvoir important. Pour nous chrétiens, le choix est encore plus ardu. Comment être « dans le monde », respecter nos autorités, comme l’invite Romain 13.1-2 –et en ce qui nous concerne, en démocratie, les élire –, tout en ne faisant pas le lit de la logique « du monde » ?

Un vote « chrétien » ?

Certains chrétiens optent pour une voie radicale en décidant de ne pas participer à la vie politique. Pas de vote, pas d’élection. Pour ceux qui souhaitent interpréter et vivre de manière plus symbolique cette recommandation christique de ne pas être « du monde », la voie se fait plus étroite. Comment incarner notre rôle de citoyen, tout en restant « ambassadeur du ciel » ? En n’élisant que des membres de parti qui revendiquent officiellement leur filiation avec le Christianisme, avec les valeurs et la morale chrétienne ? Certains se retrouvent dans cette appartenance politique « confessionnelle ». D’autres pas.

Pour ceux-là, la voie se rétrécit encore davantage. Comment évoluer dans un monde laïc tout en restant fermement attaché à sa pratique et à ses valeurs chrétiennes ? Selon quels critères accorder sa voix ? Il n’existe certes pas de recettes toutes faites, chacun étant amené et appelé à agir en son « âme et conscience ». On ne peut que s’appuyer sur certains percepts bibliques, incarnés par la vie et le témoignage de Jésus : se tenir à bonne distance des personnes avides de pouvoir, pour lesquelles l’arène politique ne représente qu’un moyen de se faire voir. De celles qui manient l’arme du mépris et du mensonge. Chercher la cohérence de la parole et du geste ; une pensée globale et intégrée, centrée toute à la fois sur l’humain, l’environnement, la spiritualité et l’action. Mais aussi écouter. Réfléchir. Se laisser inspirer. Prier et… voter.


[1] Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1071, décembre 2016, www.editions-mennonites.fr.

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