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Quelle Suisse voulons-nous?

MARKUS MEURY

«Recherchez le bien-être de la ville où je vous ai exilés et intercédez auprès de l’Eternel en sa faveur, parce que votre propre bien-être est lié au sien […] En effet, moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance.» (Jérémie 29.7,11) 

ChristNet en quête de vision 2015–2019

Le peuple souverain a parlé: Lors des élections fédérales du 18 octobre 2015, les partis de la droite politique ont enregistré une hausse des suffrages (notre communiqué). L’électorat a ainsi accordé sa confiance à une politique qui, en paroles et en actes, se laisse diriger par la peur des étrangers et la peur de manquer. La vision de la Suisse qui se cache derrière cette politique est celle d’un pays se refermant sur lui-même en refusant toute évolution. Sur le plan économique, le but est de générer encore plus de richesse et de baisser les impôts.

La convoitise, l’avarice et l’irritation face au changement sont-ils des buts qui en valent la peine? Est-ce cela que nous attendons et désirons en tant que chrétiennes et chrétiens? Ou bien ressentons-nous une espérance qui va au-delà? A ChristNet, nous sommes convaincus que le temps est venu de chercher de nouvelles visions pour notre pays. C’est pour cela que nous invitons les chrétiens et chrétiennes et toutes les personnes de bonne volonté à participer à une réflexion collective.

Dès aujourd’hui, participe à la discussion: quelle devrait être la vie en Suisse pour la génération à venir? A quoi devrait ressembler l’année 2045?!

L’idée dominante: «Toujours plus»

A ChristNet, nous analysons la politique suisse depuis 2004. Nous constatons que les thèmes tournent toujours plus autour de l’argent. Comment attirer plus de holdings, plus de sièges de multinationales et plus de milliardaires? Comment, malgré tout, préserver le secret bancaire? Comment assurer plus de croissance à l’économie? Ces politiques sont très souvent justifiées par la perspective de créer de l’emploi.

D’un autre côté, les barrières morales sont perçues comme étant nocives pour le commerce et sont donc rejetées. Tel est le cas pour les droits de l’homme, remis en cause par certains, ou l’interdiction de spéculer sur les denrées alimentaires, rejetée par la droite, bien que ce genre de spéculations ait déjà précipité dans la famine des millions de personnes[1]. L’idéologie dominante est de laisser le marché agir librement, même lorsque cela désavantage certaines personnes, comme par exemple la spéculation immobilière qui fait flamber les loyers. L’Etat, auquel nous participons pourtant démocratiquement, est ainsi perçu comme un perturbateur des forces du marché réputées infaillibles. Il doit donc, autant que possible, être écarté des affaires de l’économie.

En Suisse nous sommes de plus en plus prêts à sacrifier nos acquis sociaux sur l’autel du marché: Le dimanche sans travail se réduit, les heures de travail deviennent de plus en plus flexibles et glissent petit à petit sur le week-end. Le temps libre permettant de vivre des relations et de se reposer mentalement et physiquement diminue. A cause de la concurrence fiscale et des diminutions d’impôts répétées le contenu des caisses de l’Etat s’est réduit. Par conséquent, la protection de l’environnement, la justice et la solidarité qui sont des valeurs sur le long terme sont menacées: des hôpitaux sont fermés, des écoles soumises à l’austérité et l’Etat social se réduit en faveur de l’économie.

Une nouvelle vision est nécessaire

Est-ce que la croissance économique et l’accumulation de richesses doit être notre but ultime? Dans la Bible il est écrit: «Ne vous amassez pas des trésors sur la terre…» (Mt 6.19). L’Evangile nous pousse à choisir entre Dieu et Mammon (Mt 6.24). Grâce aux Ecritures et souvent grâce à notre propre expérience en tant que chrétiens, nous savons que le fait de désirer plus de possessions et de sécuriser nos biens matériels n’est pas tout dans la vie (Mt 6.25). Et que ce n’est pas ça qui rend notre vie digne d’être vécue.

Beaucoup de chrétiens devinent qu’il faut une alternative à l’idéologie dominante de la consommation et du marché, propre à Mammon. Et beaucoup de chrétiens, dans leur contexte propre, recherchent et vivent déjà des alternatives en faisant de leur mieux. Ils vivent selon la parole de Jésus qui met au centre la miséricorde, la justice et la communion. Ils vivent l’amour du prochain comme une incarnation de l’amour qu’a Dieu pour les hommes (Mt 22.39).

Cependant, comment appliquer cela dans le domaine politique? Qu’est-ce qui est le mieux pour la Suisse, afin que les hommes, plutôt que l’argent, soient favorisés? Comment doit être façonné notre environnement social et politique? Notre réflexion n’est qu’à ces débuts: nous sommes convaincus que l’Etat doit créer des zones de liberté pour que nous puissions vivre des relations véritables et basées sur la confiance; qu’il nous faut un système social qui soutient et qui responsabilise ; un monde préservé pour les générations futures; une mobilité modérée et exempte de stress; des villes sûres et offrant de bonnes conditions de vie; enfin, une économie qui sert véritablement les hommes.

Mais, concrètement, que veut dire tout cela? A toi de nous dire! En quoi ta foi influence-t-elle ton attitude politique? Qu’est-ce que cela signifie pour l’engagement politique de ChristNet au cours des prochaines années? Est-ce que cela veut dire que nous devons accueillir tous les réfugiés qui veulent venir chez nous? Est-ce que cela veut dire que nous devons nous engager fortement pour un revenu inconditionnel de base? En faveur d’une caisse maladie unique? Devons-nous, en tant que chrétiens, nous engager pour des dimanches sans voitures? En tant que chrétienne ou chrétien, quels sont les contenus et visions politiques qui te tiennent particulièrement à cœur?

Au cours de ces prochaines années, ChristNet tentera de répondre à ces questions. Nous ne nous contenterons pas à faire des théories et à formuler des critiques, mais nous voulons proposer des visions et des objectifs à viser. Seras-tu des nôtres?

  Nos questions: à toi d’y répondre

  1. Qu’est ce qui t’importe le plus dans la vie?
  2. Comment imagines-tu ta vie et celle de tes enfants d’ici 30 ans?
  3. Qu’est-ce qui te semble le plus important pour l’avenir de la Suisse?
  4. Comment traduire l’enseignement de Jésus et son attitude de l’amour du prochain en politique?
  5. Dans quelle mesure, les chrétiens peuvent-ils apporter des contributions concrètes pour encourager cela?
 
[1] voir Pain pour le prochain, «On ne joue pas avec la nourriture!» dans La Suisse, Dieu et l’argent, chap. 1.7. ChristNet/StopPauvreté, 2013.
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