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Noël au-delà du shopping

Image : Andi Graf (pixabay.com, CC0 Public Domain)

À l’approche de Noël, on se pose ces éternelles questions : quoi ? Combien ? Pour qui ? À quel prix ? Il s’agit là bien sûr des cadeaux. Voici une réflexion, une interview, des astuces et une prière pour vivre Noël autrement.

Noël entre consumérisme et sens véritable

SAMUEL NINCK-LEHMANN

À l’approche de Noël, on se pose ces éternelles questions : quoi ? Combien ? Pour qui ? À quel prix ? Il s’agit là bien sûr des cadeaux. En Amérique du Nord, des citoyens qui en ont assez de cette frénésie appellent ouvertement au boycott de la commercialisation de Noël : cela s’appelle « Buy Nothing Christmas », un Noël sans achats. Ils tentent de rétablir le sens profond de Noël par des études bibliques, des idées de cadeaux innovateurs et des chansons de Noël anticonsuméristes. 

Dépenser moins, donner plus

En Suisse, le collectif des « Rebelles de Noël » a repris le flambeau : avec un site, des vidéos et d’autres ressources, le visiteur est encouragé à « célébrer pleinement, dépenser moins, donner plus et aimer chacun ». Ainsi, une des propositions consiste à renoncer à au moins un cadeau pour Noël et à donner l’argent ainsi économisé à une œuvre d’entraide.

Une autre action qui va dans le même sens est la Journée internationale sans achats qui a lieu le dernier samedi de novembre, juste avant le temps de l’Avent. À cette occasion, le forum chrétien ChristNet lance un appel aux habitants de Suisse à « boycotter » pour un jour le « consumérisme ambiant ». Le but ? Inciter la population, les chrétiens en particulier, à réfléchir à leur manière de consommer.

Dieu s’est dépouillé lui-même

Il parait évident que nous chrétiens nous engagions pour que Noël retrouve tout son sens. N’est-ce pas la fête qui nous rappelle que Dieu est venu à nous ? C’est le magnifique texte de Paul dans Philippiens qui décrit Jésus qui s’est dépouillé lui-même pour devenir homme[1]. En effet, il a abandonné ses privilèges de fils de Dieu, sa gloire et sa richesse pour devenir semblable à nous. Et Paul de nous inciter à imiter son attitude…

Si Dieu s’est fait pauvre pour nous, cela nous encourage à renoncer à notre tour à nos privilèges, fussent-ils matériels. Saviez-vous qu’en Suisse, les consommateurs prévoient de dépenser près de 600 CHF par personne pour les cadeaux de Noël ? Peut-être notre budget de Noël n’est-il pas aussi élevé. Mais il vaut en tout cas la peine de réfléchir à la place que prennent les cadeaux matériels dans nos fêtes.

Les choses simples

En effet, le matérialisme est une véritable idéologie de notre temps qui influence nos choix de vie et de consommation. Il s’agit de cette croyance qui veut que le bonheur vienne de ce que nous possédons. Pourtant ceci est questionné par des études sur le bonheur : « Ce sont les choses simples qui rendent vraiment heureux : le sexe, le plaisir de se retrouver entre amis, les bons repas et la détente » observe Matthias Binswanger, docteur en sciences politiques.[2] Le message biblique, quant à lui, va plus loin : seul l’amour éternel de Dieu nous révèle notre véritable valeur et donne sens à la vie.

Entrons donc dans le temps de l’Avent en nous inspirant de notre Dieu qui se donne ; le plus grand des cadeaux de Noël !

Noël et les cadeaux : toute une gestion

Comment gérer la montagne de cadeaux sous le sapin ? Avec sa famille, Myriam Kiener a réfléchi à cette question et nous propose des pistes. Entretien.

Comment célébrez-vous Noël ?

Nous avons plusieurs fêtes de famille dont la principale est celle avec nos parents et frères et sœurs. Depuis une dizaine d’années, nous tirons au sort pour savoir qui donne un cadeau à qui. En plus, chacun peut dire son désir via Internet. Cela évite de donner n’importe quoi, mais plutôt quelque chose qui fasse plaisir et soit utile à la personne.

Comment vous est venue cette idée ?

Une année, quand les enfants étaient petits, on s’est retrouvé avec une montagne de cadeaux et de papier sous le sapin. Et on s’est dit qu’on ne voulait plus vivre ça. Avec le système du tirage au sort, on a passablement pu réduire le nombre de cadeaux.

Quelle a été la réaction des enfants lorsque la montagne sous le sapin a diminué ?

Étant donné que nous sommes une grande famille, la montagne avait, certes, diminué, mais restait toujours impressionnante. Ils ne se sont donc pas vraiment aperçus du changement d’une année à l’autre. En plus, avec les trois cadeaux qu’ils reçoivent, en général, ils obtiennent ce qu’ils désirent. Surtout si on peut cumuler avec les anniversaires…

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Pour certains, donner des cadeaux c’est une manière privilégiée d’exprimer leur amour. Avec le tirage au sort, on ne tombe pas forcément sur la personne avec qui on s’entend le mieux. Cela peut être un défi.

Mais ce qui est vraiment pratique, c’est qu’on gagne du temps, car on vous dit à qui donner et en plus la personne vous dit ce qu’elle aimerait recevoir. Du coup, tout le monde a volontiers adhéré. Avec le temps, le tournus se fait naturellement et on tombe aussi sur des personnes avec qui on a plus d’affinités.

Avec le recul, qu’avez-vous gagné ?

Moins de papier. Plus de temps. C’est une sacrée prise de tête de penser à tous ces cadeaux. Surtout que la fin d’année est déjà bien chargée.

En parlant de Noël, quel est le sens de cette fête pour vous ?

C’est se retrouver en famille. En tant que famille de croyants, j’apprécie beaucoup ce moment où nous sommes réunis tous autour du sapin. C’est l’occasion de chanter des chants de Noël, se raconter un conte, partager un témoignage.

Quel serait un cadeau qui fait sens ?

Certaines organisations proposent d’offrir une somme d’argent pour un projet. L’argent est utilisé pour offrir une vache à une personne dans le Sud. En échange, on reçoit un certificat d’achat qu’on peut donner comme « cadeau » de Noël.

Et comment donner plus de sens à Noël ?

Se rappeler l’histoire de Noël, passer un temps commun où chacun peut s’ouvrir sur l’autre, sur ce qui se passe dans le monde ou sur la chance que nous avons de vivre si bien ici dans le Nord. Se rappeler que d’autres personnes dans le monde ne peuvent pas fêter Noël comme nous le faisons, sont sur les routes de l’exil, n’ont pas de famille. Et ainsi, vivre ensemble une prise de conscience et, dès lors, profiter d’autant plus de passer ce moment ensemble.

Cadeaux de Noël : les astuces de Myriam

MYRIAM KIENER

  • Jouets usagés : les enfants plus grands donnent un jouet usagé à un plus petit. C’est gagnant-gagnant, car les petits ne se rendent pas forcément compte qu’il s’agit d’une occasion et les grands peuvent se débarrasser d’un jouet qu’ils n’utilisent plus.
  • Trois cadeaux c’est suffisant : quand il y en a plus, les enfants ne se souviennent que des deux ou trois cadeaux qu’ils attendaient le plus ou qui les ont le plus touchés.
  • Choix des cadeaux : nous écoutons leurs souhaits et allons dans leur sens. On évite donc de leur faire une surprise qui risque de ne pas faire plaisir.
  • Des cadeaux non matériels : donner des bons pour une sortie au restaurant, dormir dans une yourte, faire une escapade, offrir de son temps…
  • De l’argent pour un désir précis : par exemple lorsque j’ai besoin d’un sac à main et que je sais déjà quel modèle je veux, je me fais offrir l’argent pour l’acheter moi-même.
  • Des produits alimentaires : donner des biscuits, du chocolat, des fruits confits… faits maison ou artisanaux. Faire de jolis emballages.
  • Faire des bricolages avec les enfants : cela permet de passer du temps en famille et de faire une activité créative.

Un âge pour donner

MYRIAM KIENER

  • 0 à 2 ans : les enfants ne sont pas encore sensibles aux cadeaux ; on peut y renoncer.
  • 2 à 5 ans : les enfants ne font pas la différence entre nouveau et usagé ; on peut donner des objets de seconde main.
  • 5 à 10 ans : les enfants ont beaucoup de désirs ; il est important d’aller dans leur sens (sans exagérer !).
  • Dès 10 ans : les ados ne savent pas forcément ce dont ils ont envie ; on peut contribuer à un plus grand achat (vélo), donner des habits, des objets utiles (skis)…

Une prière pour Noël

Enfant de Bethlehem, qui n’a pas trouvé de place dans l’auberge,
Nous prions pour tous ceux qui sont sans abri.
Enfant de Bethlehem, né dans une étable,
Nous prions pour tous ceux qui vivent dans la pauvreté.
Enfant de Bethlehem, étranger rejeté,
Nous prions pour tous ceux qui sont perdus, seuls, qui pleurent leurs bien-aimés.
Enfant de Bethlehem, qu’Hérode cherchait à tuer,
Nous prions pour tous ceux qui doivent affronter des dangers, qui sont persécutés.
Enfant de Bethlehem, un réfugié en Égypte
Nous prions pour tous ceux qui sont loin de chez eux.
Enfant de Bethlehem, en toi Dieu s’est plu de demeurer,
Aide-nous, nous te prions, à voir l’image divine dans chaque personne.

Source : « Journée sans achats », brochure n° 6, ChristNet, Genève, 2006. Original anglais : www.buynothingchristmas.org.

Ressources

Les auteurs

Samuel Ninck-Lehmann est marié à Ariane. Ils ont 2 enfants de 1 et 5 ans. Il partage son temps entre la famille et son travail de traducteur indépendant. Il est également coordinateur de ChristNet.

Myriam Kiener est mariée avec Philippe. Ils ont 5 enfants entre 6 mois et 12 ans. Sa vie active est organisée autour de sa famille et d’un travail à 25 % comme secrétaire. Elle fréquente le culte louange à Yverdon.

 

[1] Ph 2.5-10

[2] Mathias Binswanger, Dr. sc. pol., in CashValue, 11.2004, p. 23.

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