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Mondialisation ou nationalisme : rien de nouveau sous le soleil

M. HUBER[1]

À la suite de plusieurs élections et votes, que ce soit en Suisse, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou encore peut-être bientôt en France, une tendance vers le nationalisme se fait sentir. D’où provient-elle ? Il est bien possible que ce sont les inégalités grandissantes au sein des pays avancés qui poussent les gens à soutenir des programmes nationalistes.

En effet, ceux qui ont beaucoup de richesses les voient augmenter toujours plus, alors que les travailleurs voient leurs revenus stagner, voire régresser, accentuant les inégalités. Finalement, la classe moyenne des pays occidentaux a l’impression de payer les pots cassés de la mondialisation et sent poindre la précarité.

S’effrayer ou se réjouir ?

Cette impression se manifeste, certes, de manière bien réelle sur le porte-monnaie. Mais elle est aussi réductrice. En effet, la mondialisation a permis l’essor des classes moyennes dans de nombreux pays en développement. Celles-ci ont obtenu l’accès à la santé, à l’éducation et à des infrastructures pour voyager. Paradoxalement, l’émergence de nouveaux milieux aisés a contribué à mettre en lumière les inégalités criantes de ces pays.

Faut-il s’effrayer de la précarité croissante ou se réjouir d’un nombre plus grand de gens aisés au niveau mondial ? Il n’y a pas de réponse simple. Et il ne semble pas y avoir d’issue à la régression de nos classes moyennes. La croissance permanente de l’endettement privé et public en témoigne.

Deux solutions radicales sont proposées en Occident : plus de mondialisation ou plus de nationalisme. Cependant, on a l’impression de choisir entre la peste et le choléra. L’histoire se répète comme après la crise de la fin des années 1920 entre le rêve égoïste d’impérialisme du capital et les aspirations nauséabondes du fascisme de Mussolini et du national-socialisme d’Hitler. Donc, rien de nouveau sous le soleil.

Une troisième voie

Y-a-t-il une troisième voie ? Oui. Elle s’appelle le contentement. A ce sujet, Paul écrit : « J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre humblement comme je sais vivre dans l’abondance » (Philippiens 4.11b–12). Il est question d’un apprentissage où l’essentiel est dans le détachement des richesses terrestres. En effet, Dieu ne pourvoit pas à nos désirs, mais à nos besoins. Jésus a quitté sa gloire en venant à nous pour nous enrichir. Il nous appelle à suivre son exemple à nous contenter de peu, même si nous sommes dans le superflu, afin d’aller au-devant des autres, et d’être généreux envers les nécessiteux.

Les répercussions du contentement sont importantes. Nous ne perdons plus de temps à désirer des choses nouvelles et souvent futiles. Quant au niveau de la société, cela conduit à valoriser tout forme de partage et d’entraide au détriment d’une recherche égoïste du profit. Cela implique de payer des prix qui rémunèrent le travail effectué, d’avoir une justice forte capable de contrer l’exploitation. Cela signifie aussi de taxer raisonnablement les revenus du capital.

Notons que la « foi devient une grande source de richesse quand on se contente de ce que l’on a » (1 Timothée 6.6), donc votons le contentement au jour le jour !


[1] Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1074, avril 2017, www.editions.mennonites.fr.

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