Eglise cherche : athées…

Image : Proportion d’athées en pourcents de la population (Eurobaromètre 2005 ; Melkor73, d’après l’œuvre de Micheletb 2005 ; CC BY-SA 3.0).

GEORG SCHMID[1]

Selon une récente étude, la France est le pays avec le plus grand nombre d’athées. Elle a volé la vedette à la Tchéquie qui, elle, a reculé à la seconde place. Voilà une raison suffisante pour notre petite communauté protestante de Montluçon (03) pour entrer en dialogue avec des athées. Nous organisons donc une table ronde intitulée « Pourquoi (ne pas) croire en Dieu ? Un échange franc et amical entre chrétiens et athées. »

Invitation au dialogue

Jusque-là, tout va bien. Mais encore faut-il trouver des personnes prêtes à partager ouvertement leur athéisme lors d’une table ronde, et fut-ce dans le pays le plus athée du monde… Pour ce faire, le groupe de préparation a contacté un grand nombre de connaissances se déclarant non-croyants. Avec un succès limité : uniquement le président des libres penseurs de l’Allier a confirmé sa participation sans hésiter. Pourtant, il n’y a pas d’ambiguïté : il ne s’agit pas d’un match de foot avec des vainqueurs et des vaincus. Pourtant, cette promesse n’y a pas changé grand-chose.

Obstacles possibles

Apparemment, les athées rechignent d’exposer leur athéisme. Ont-ils peur que nous tenterions de les convaincre, voire convertir ? Ou craignent-ils les objections d’autres athées ? Est-ce que la discussion avec des chrétiens pourrait réveiller de vieux souvenirs traumatisants ? Leur longue expérience leur dit-elle que la discussion avec des chrétiens ne sert à rien ? Ou, enfin, malgré leurs résistances, se sentiraient-ils trop proches de la foi de sorte qu’ils ne voudraient surtout pas s’exposer au risque de se faire « piéger » ?

Les chrétiens ? Même pas peur !

Nous ne savons pas ce qui motive les athées au plus profond d’eux-mêmes. Nous ne pouvons le savoir tant que nous ne réussissons pas à entrer en dialogue avec eux. C’est pour cela, notre table ronde a pour premier but de diminuer les craintes. Nous ne tendons de piège à personne. Au contraire, nous tentons de comprendre l’autre, ses expériences, ses réflexions, ses espoirs et ses peurs. Et, à notre tour, nous parlons des nôtres. Car l’athéisme peut paraître telle une idéologie compacte et cohérente. Mais derrière cette image, un brin propagandiste, se cachent des êtres humains comme nous.

Jésus et les athées

Et Jésus ? Quelle serait son attitude face à un athée contemporain ? Le maître de Nazareth était un interlocuteur génial. Sa réaction serait différente de la nôtre : plus juste, plus pertinente, plus utile. Avant tout, il percevrait l’athée comme humain. C’est sur ce point que nous cherchons à le suivre lors de notre table ronde. Si des athées y participent… Prochainement, nous publions une annonce dans le journal local : « L’Eglise protestante de Montluçon cherche d’urgence : Athées ! » Affaire à suivre…

L’auteur

Georg Schmid, pasteur, était professeur titulaire en sciences des religions à Zurich. D'origine suisse, il vit en retraite depuis 12 ans à Deneuille-les-Mines, dans les environs de Montluçon (03) et à Rüti ZH (Suisse).


[1] Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1073, mars 2017, www.editions.mennonites.fr.

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