L'initiative contre les abus dans le droit d'asile

Le 24 novembre prochain le peuple suisse sera appelé à voter sur l?initiative UDC « Contre les abus dans le droit d?asile ». Voici quelques réflexions par rapport à cette initiative.

Que propose l?initiative ?

Si l?initiative est acceptée, les réfugiés ayant transité par un « Etat sûr » (tous nos pays voisins) ne seront plus acceptés et les compagnies aériennes transportant des demandeurs d?asile sans papiers valables seront pénalisées. En clair, la Suisse sera inaccessible pour tous les réfugiés, les « profiteurs » et les autres. Ainsi, la Suisse se déchargerait de ses responsabilités, qu?elle mettrait sur le dos des autres Etats et des privés.

La réduction de l?assistance et de l?accès aux soins est sensée dissuader les réfugiés de venir chez nous pour des raisons économiques et sanitaires. Actuellement, l?assistance aux réfugiés est déjà largement inférieure au minimum vital officiel ; les réfugiés vivent dans la précarité. Quant aux soins médicaux, comment refuser de donner des soins à quiconque en a besoin, sans trahir nos valeurs chrétiennes ?

Combattre les abus ?

Il y a des abus dès que la collectivité met des moyens à disposition. Pourtant, cette initiative ne combat pas les abus, mais bien les réfugiés eux-mêmes.

D?ailleurs, nulle part la Bible ne nous met en garde contre les abus engendrés par notre générosité. Au contraire, Jésus nous exhorte : « Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. »

Ces derniers 25 ans, les critères d?admission de l?asile n?ont cessé de se durcir. Plus les règles sont strictes, plus on refuse de demandes ; de ce fait, moins de personnes viendront en Suisse et moins de réfugiés trouveront effectivement refuge.

La peur? Que pouvons-nous faire ?

Le texte de l?initiative est empreint de la peur que l?on abuse de notre générosité, de notre confiance et de notre argent. C?est une peur qui en cache une autre : la peur de l?étranger. C?est aussi la peur de la « surpopulation étrangère », de la perte de notre identité ; « ils » pourraient défigurer notre pays, détruire nos acquis culturel et spirituel.

La peur n?est jamais bonne conseillère. Souvent, elle est fondée sur un manque d?informations. Le premier pas consiste à chercher le contact avec des étrangers, à mettre de côté tout préjugé et à les écouter.

Nos peurs n?ont plus de raison d?être si nous sommes en Jésus. Persévérons donc dans la prière pour que Dieu nous en libère. Il ne veut pas que nous soyons dirigés par la peur, mais par Son amour.

Enfin, allons voter. C?est là un outil extraordinaire permettant de témoigner de nos convictions et de les exprimer dans la sphère publique.

Notre appel prophétique

La Suisse a une histoire qui est marquée par la considération et l?intégration des minorités (linguistiques, confessionnelles). Tout au long de son existence, elle a été un pays d?immigration et d?émigration.

Nous avons l?occasion, au milieu d?une « forteresse européenne », d?assumer notre appel prophétique en pratiquant l?amour, l?accueil et la générosité. Quant à nous, chrétiens, serons-nous prêts à être le sel et la lumière dans ce pays ?

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