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Travail sommatif ESTS GE, décembre 00, pt 98, cours : Les institutions sociales au carrefour de deux modeles : gestion néoliberale ou économie solidaire ?

Enquête à Genève auprès de trois acteurs anti-globalisation : Attac, APCM (AMP) et le mouvement chrétien

Etudiant : Vincent Lechaire

Professeurs : Mme Matthey, Mme du Pasquier, Mr Cattacin

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION (p.3)

1) LA MONDIALISATION NEOLIBERALE (p.3)

1.1) PETIT HISTORIQUE D?UN PHENOMENE ECONOMIQUE (p.3)

1.2) APPROCHE DE L?IDEOLOGIE NEOLIBERALE (p.4)

1.3) QUELQUES CONSEQUENCES DE LA MONDIALISATION NEOLIBERALE (p.6)

2) TROIS ACTEURS DU MOUVEMENT ANTI-GLOBALISATION (p.8)

2.1) ATTAC (p.8)

a) Présentation (p.8)

b) Entretien (p.9)

c) Les 10 commandements d?Attac (p.10)

2.2) APCM (AMP) (p.11)

a) Présentation (p.11)

b) Entretien (p.11)

c) Manifeste de l?AMP (p.13)

2.3) LE MOUVEMENT CHRETIEN (p.13)

a) Présentation (p.13)

b) Entretien (p.14)

3) ANALYSE (p.16)

4) CONCLUSION (p.16)

5) AVIS PERSONNEL (p.17)

ANNEXES (p.18/19)

(Grille d?entretien et notes)

BIBLIOGRAPHIE (p.20)

INTRODUCTION

La mondialisation, un mot qui est presque sur toute les lèvres, un mot qui fait peur ou que l?on adule, un mot mystérieux et insaisissable, bref un mot qui s?impose et s?accepte fatalement. Mais en fin de compte qu?est-ce que cette mondialisation ? Un phénomène économique, une doctrine idéologique ? Quelles sont ses conséquences pour notre monde et pour notre vie ? Peut-on parler d?alternative ? Toutes ces questions résonnent dans nos têtes.

Mon travail n?a pas la prétention de répondre complètement à ces interrogations mais de dégager quelques pistes de réflexion à l?aide de trois acteurs anti-globalisation (anti-mondialisation néolibérale). Dans un premier temps nous tenterons de clarifier quelque peu cette mondialisation néolibérale. Ensuite, nous nous pencherons sur trois mouvements (Attac, Apcm et chrétien) pour essayer de dégager une réponse à trois questions : quelle(s) alternative(s) proposent-elles ? Quel(s) relai(s) politique(s) ont – elles ? Enfin, ces acteurs sont-ils un contre-pouvoir ? Attachez vos ceintures pour un petit tour du village monde…

1) LA MONDIALISATION NEOLIBERALE

La mondialisation est avant tout un processus économique qui s?est développé au cours de l?histoire. Mais derrière des mécanismes, il y a une idéologie qui porte aujourd?hui le nom de néolibéralisme et qui engendre des conséquences qui se mondialisent…

1.1) Petit historique d?un phénomène économique (1)

De tout temps, l?homme a fait des échanges (troc…). Ceux-ci étaient tout d?abord limités dans des communautés. Durant l?antiquité, des civilisations ont grandi et élargi leur espace d?activité économique (égyptiens, babyloniens, grecs, romains…). La monnaie remplaça le troc. Au Moyen Age, les croisades, les conquêtes et les routes du commerce ont élargi l?horizon. A la fin de cette époque on parle de capitalisme commercial avec l?apparition des bourgeois dans les cités-Etats (seigneureries). Cette classe va s?affranchir du pouvoir politique, religieux et des corporations. C?est aussi la période des grandes découvertes du monde (Amérique…). Les marchés sont ouverts. Durant le siècle des lumières et le 19e siècle, le capitalisme industriel va naître (révolution industrielle). De nouveaux débouchés vont s?offrir aux Etats nations avec les colonies (matières premières). L?économie est alliée à l?Etat.

Après la première guerre mondiale, on voit apparaître les premières multinationales. On assiste ensuite à une crise économique majeure en 1929 avant la deuxième guerre mondiale.

Après le conflit, il y a un redémarrage économique avec le plan Marshall, la rivalité Est-Ouest et la naissance de la société de consommation avec le fordisme. L?économie est régulée par les Etats (c.f Keynes). C?est la période des trente glorieuses avec une forte croissance qui permet la création des principales assurances sociales et de l?Etat providence. Les relations économiques sont devenues internationales (c.f les institutions de Bretton Woods : FMI, OMC, BM). En 1971, le taux de change devient flottant alors qu?il était fixe. Ceci permettra plus de spéculations.

En 1973 et 1977, il y a un blocage avec le choc pétrolier, la saturation des marchés et la dette du Tiers-Monde. Les années 80 relanceront l?économie dite de casino avec le secteur informatique et les activités financières (spéculations à la bourse). La mondialisation, phénomène économique international (ouvertures aux échanges) se met en place dans les années 90 avec la chute du mur de Berlin en 89 (échec du communisme, l?autre modèle économique). Un nouveau capitalisme émerge : le capitalisme financier où l?argent crée de l?argent et se suffit à lui-même, en se distançant du lien avec la production. Nous sommes dès lors dans une économie mondialisée ou chaque pays est plus ou moins interdépendant des autres.

1.2) Approche de l?idéologie néolibérale (2)

L?Etat providence (Welfare), donc solidaire, des trente glorieuses a subi une crise de confiance dans les années 70 menée par l?idéologie néolibérale. Celle-ci élabore sa critique à un niveau idéologique et par rapport à l?efficacité économique et sociale de cet Etat.

Tout d?abord au niveau idéologique :

Il faut se préoccuper des devoirs des citoyens autant, sinon plus, que de ses droits. La société doit être avant tout basée sur la responsabilité et la liberté individuelle. Le Welfare est assimilé à l?assistance et est accusé de désintégrer les structures et valeurs familiales (laxisme social et moral), et de tuer l?esprit d?initiative.

Pour le néolibéralisme, il y a un caractère naturel aux inégalités. L?Etat (comme le politique), doit avoir un rôle minimal (garantir la sécurité) et permettre le bon fonctionnement de l?économie sans intervenir (le marché, avec ses forces d?offre et de demande s?équilibre par lui-même comme guidé par une main invisible), ou alors pour renforcer l?économie. L?Etat ne doit pas avoir un rôle social redistributif (suppression des impôts, pas de taxation sur la fortune, propriété privée protégée par le droit). Dès lors, l?Etat est privé de ses ressources.

Il s?agit de démanteler les services publics en les privatisant car l?Etat a une bureaucratie stérilisante, il est corrompu et inefficace. L?Etat ne doit pas faire de protectionnisme (taxes aux frontières) mais libéraliser les marchés en enlevant pratiquement toute règle à l?économie. Le néolibéralisme met l?accent sur l?individualisme (il reprend certaines pensées du new age comme la réalisation personnelle et la flexibilité…) au détriment du collectif. Le contexte de vie de l?individu n?est pas pris en considération (héritage culturel, social…), pas plus que le contexte de la société (chômage structurel par exemple). La vision néolibérale s?apparente à la loi de la jungle où le plus fort gagne sans aucune protection pour les perdants au nom du profit. Seule une mini assistance peut être allouée contre n?importe quel travail pour éviter les troubles publics.

Le discours néolibéral est fataliste : on ne peut rien faire contre cette mondialisation que seul des experts comprennent.

La critique sur l?efficacité économique et sociale de l?Etat providence est la suivante:

Tout d?abord, c?est un échec de la lutte à la pauvreté (alors que celle-ci augmente aujourd?hui).

Deuxièmement, l?Etat providence est en crise financière (endettement par rapport aux banques dû au déficit budgétaire) d?où la nécessité de rééquilibrer les budgets en réduisant les dépenses (santé, éducation, social, formation, création d?emploi…) alors que l?on pourrait soit dit en passant augmenter les ressources en taxant le revenu des grosses fortunes par exemple.

Troisièmement, l?Etat disfonctionne (sous-entendu : les fonctionnaires sont des incapables, stéréotype qui fonctionne bien au vu des dernières votations), ce qui prouve que la privatisation est logique.

Fort de ces critiques assez faciles, les défenseurs du néolibéralisme ont pris le pouvoir autour de 1980 avec R.Reagan (USA) et M.Thatcher (GB). Cette vision s?est petit à petit imposée au grand bonheur de ceux qui bénéficie d?une telle économie (multinationale, actionnaires…).

A noter encore que l?Etat providence européen (ce qui n?était pas le cas aux USA) ne veux pas donner de l?argent sans rien attendre en retour (même si le risque existe et qu?il y a une très petite minorité de ?profiteurs?). La responsabilité est donc prise en compte dans un contexte (ex: chômage structurel, peu de possibilité de réinsertion, dépressions…). L?individu n?a pas uniquement des droits mais aussi des devoirs (il n?est pas un assisté) mais s?il est capable de les réaliser sans anéantir sa dignité. L?homme est responsable mais aussi de la solidarité au niveau de la société (et si vous deviez faire une fois recours à cette sécurité ?), il est libre mais pas au détriment de l?autre !

Tout ceci pose la question de qu?est-ce qu?une société juste (sociale) si l?on veut encore vivre ensemble !? Quel avenir voulons-nous pour nous mais aussi pour les générations futures ?

1.3) Quelques conséquences de la mondialisation néolibérale

A) Au niveau de la production : Les entreprises (multinationales) vont rechercher les conditions de production les meilleures marché. Leur mobilité vont leur permettre de s?installer dans des pays (délocalisation) où il y a le moins possible de taxation, d?assurances sociales à payer, de protection des travailleurs (pour un maximum d?heures de travail avec un minimum de salaire), de protection de l?environnement (dépenses pour satisfaire certaines normes) et parfois sans réfléchir aux conséquences sur la santé (agroalimentaire). Toute déréglementation est recherchée.

B) Au niveau de l?emploi : En Occident où il y a un chômage structurel, il y a une suppression d?emploi à cause de l?automatisation et de la délocalisation (création d?emploi précaires dans le reste du monde). On va créer des emplois (activités financières, informatique…) mais dans d?autres secteurs où ils ont été supprimés. Les entreprises peuvent soit changer de mains d?oeuvre ou recycler l?ancienne pour qu?elle s?adapte. Les emplois crées seront souvent précaires (temps partiels, flexibilité des salaires et horaires, travail temporaire, fragilisation des CCT…). Des fusions (pour augmenter le bénéfice des actionnaires) ont aussi lieu, ce qui provoque de grands licenciements. Nous voyons bien que c?est la mondialisation néolibérale qui supprime des emplois et non les étrangers comme l?affirme les milieux d?extrêmes droite qui profite souvent de ce bouc émissaire pour s?enrichir discrètement grâce à cette mondialisation (Mr Blocher par exemple est actionnaire majoritaire dans une multinationale et beaucoup de personnes à l?UDC ont des intérêts économiques !). On pourrait se libérer d?une société salariale avec un minimum vital et créer des emplois dans des nouveaux secteurs (environnement, social, culture…). Malheureusement, la politique actuelle ne va pas dans le sens d?un investissement pour mettre en place des emplois (les banques par exemple préfèrent jouer en bourse car cela rapporte plus !).

C) Au niveau de la consommation : Le commerce mondial se déroule essentiellement dans trois grandes régions : l?Amérique du Nord, l?Europe et l?Asie. Celui-ci est presque un circuit fermé de multinationales qui s?enrichissent entre elles. Le développement Nord-Sud est sacrifié, l?écart avec le Sud s?intensifie (c.f le piège de la dette et les ajustements structurels assassins du FMI, OMC, BM, et OCDE).

Le protectionnisme des économies locales et les barrières douanières sont abolis au nom des avantages comparatifs. L?histoire, la culture, l?emploi et le tissu social d?une région sont ébranlés voire rayés. N?oublions pas que le consommateur a un pouvoir sur ses achats (c.f éthique de production au niveau social, écologique, local et sanitaire.)

D) Au niveau de la monnaie : Il y a une déréglementation du marché des capitaux. L?Etat ne peut pas intervenir, taxer, ni contrôler les placements financiers (spéculations). L?argent fait de l?argent (parfois sale) à court terme sans lien avec la production. Un accord secret, inconnu des politiques (AMI : accord multilatéral sur les investissements) a failli passer sans l?opposition populaire. Celui-ci prévoyait un droit inviolable pour les multinationales que devait défendre la législation des Etats !

E) Au niveau de l?Etat : La politique keynésienne de l?Etat est en train de mourir. Celui-ci est menacé de perdre tout pouvoir face à l?économie. Toutes les règles sont enlevées pour la liberté des capitaux, des biens et services et de la production sans penser au lien social (redistribution) à l?environnement… Qu?est-ce que l?Etat peut donc faire ? (N?oublions pas que l?Etat c?est nous !). L?Etat ne doit-il pas nous protéger et réguler l?économie ? Pour lutter contre cette sorte de mondialisation, les mesures de l?Etat doivent se prendre à un niveau international avec le politique (c.f ONU) qui subit malheureusement une crise de légitimité aujourd?hui (ras le bol d?une langue de bois). Ne doit-on pas renforcer des valeurs remise en question ? (Droits de l?homme …).

En résumé, le néolibéralisme recherche une consommation au prix le plus bas, une production ou coût le plus bas et le plus de rentabilité pour les capitaux sans penser aux conséquences.

F) Les limites : Les limites de ce type d?économie sont sociales (remise en cause des compromis sociaux des trente glorieuses), écologiques, sanitaires (c.f les OGM, la vache folle, le non-bio…), culturelles (monoculture américaine), démocratiques (imposition d?une idéologie, d?une religion néolibérale et montée de la répression policière). Enfin, ajoutez à cela l?augmentation des extrémistes avec la perte des repères et le déracinement d?un citoyen du monde qui se sent impuissant.

Conclusion : (3) ? Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en oeuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d?une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l?accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressives des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc… par l?imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l?Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l?idée de public, et l?imposition, partout, dans les hautes sphères de l?économie et de l?Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l?élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques, la lutte de tous contre tous et le cynisme.

2) TROIS ACTEURS DU MOUVEMENT ANTI-GLOBALISATION

Le mouvement anti-globalisation est constitué de différents acteurs (associations, ONG, groupes…). Il regroupe plusieurs mouvements : paysans, féministes, écologistes, de gauche, des droits de l?homme, chrétiens, de consommateurs, tiers-mondistes, culturels, citoyens, syndicalistes, économiques, populaires… Il s?est affirmé à Seattle (40?000 personnes, 135 pays, 700 associations) le 30 novembre 1999 et prône une autre mondialisation qui soit humaine et solidaire. Depuis la chute du fordisme et du communisme, c?est la première fois qu?un autre modèle économique naît dans l?opinion internationale face au néolibéralisme. Ce mouvement s?est illustré par la suite (et continue de le faire) dans de nombreux endroits comme Bangkok (février 00), Washington (avril 00), Genève (sommet alternatif, juin 00), Prague et Nice (fin 00)… Si les manières proposées et certaines valeurs diffèrent, un même but rassemble les acteurs : infléchir la marchandisation du monde. Leur toile de résistance se tisse surtout sur internet. Voyons d?un peu plus près trois acteurs spécifiques :

2.1) Attac

A) PRESENTATION :

Attac (association pour la taxation des transactions financières pour l?aide aux citoyens) a été fondé en France le 3 juin 1998 autour d?une plate-forme (déclaration adoptée par l?assemblée constitutive) réunissant des citoyens, des associations, des syndicats et des journaux. L?idée de cette initiative est née d?un éditorial d?Ignacio Ramonet (directeur du journal le Monde Diplomatique) (4). Depuis, l?association française a contribué à la naissance du mouvement international Attac tout en collaborant avec de nombreux partenaires dans le monde.

Un conseil scientifique a pour objet de produire de l?information sur les aspects de la sphère financière et de la communiquer afin de promouvoir et de mener des actions de tous ordres en vue de la reconquête par les citoyens du pouvoir que la sphère financière exerce sur les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l?ensemble du monde. Celui-ci est un ?vivier? d?intervenants pour participer à des réunions publiques et autres manifestations. De plus, des groupes de réflexion ont été crées avec pour mission de dégager des propositions concrètes d?action sur le terrain. Parmi celles-ci, il y a la taxe Tobin : Mr.Tobin est un économiste qui a reçu le prix Nobel d?économie en 1972 pour la proposition d?une taxe de 1% sur les transactions de change pour stabiliser la monnaie face à son taux de change flottant. Le mouvement Attac a repris cette idée pour une économie solidaire (redistribution de cet argent pour la promotion de l?éducation, la santé, la sécurité alimentaire et le développement durable de pays pauvres).

Attac aimerait entraver la spéculation internationale, taxer les revenus du capital, sanctionner les paradis fiscaux (abandon du secret bancaire), empêcher la généralisation des fonds de pension et d?une manière générale, reconquérir les espaces perdus par la démocratie au profit de la sphère financière, et de s?opposer à tout nouvel abandon de souveraineté des Etats au prétexte du ?droit? des investisseurs et des marchands. Il s?agit de se réapproprier ensemble l?avenir de notre monde.

B) ENTRETIEN :

1) Je m?appelle Gérard Scheller, je suis enseignant de math à l?école obligatoire.

2) Je suis dans le comité d?Attac Genève et je participe au comité de la coordination suisse d?Attac qui certaine fois est un mouvement en soi de représentation nationale.

3) J?ai toujours suivi la politique mais d?un peu loin. J?ai fait des manifs en 68, j?étais abonné à un journal de la ligue marxiste révolutionnaire (ce qui m?a valu une fiche à Berne)…

J?ai des valeurs plutôt de gauche et communautaires (partage).

4) J?ai vu un forum anti-Davos sur internet alors que je m?entraînais à utiliser cet outil. J?ai été contacté par un genevois. De fil en aiguille on a commencé un petit mouvement qui nous semblait être l?antenne d?Attac à Genève. C?est alors que l?on a fusionné (!).

5) A) Nous sommes un ensemble d?associations ou de groupes locaux indépendants. Nous sommes reliés à Attac Paris (le leader) qui édite de la documentation ?sérieuse? et organise parfois des réunions européennes ou internationales.

B) C?est un mouvement international. En Suisse, il y a 3000 personnes (600 à Genève). En France, il y a 20?000 personnes. Quand il y a une manifestation anti-globalisation, Attac est toujours présent. Au niveau de la pensée, je pense que c?est un mouvement locomotive mais pas au niveau de l?organisation.

C) Attac se réfère surtout aux intellectuels qui cherchent une alternative ( c.f le Monde qui essaie de rester assez neutre). Des personnes avec des valeurs différentes (divers partis représentés) peuvent être à Attac avec un but commun qui est de contrer l?économie néolibérale. On fait juste attention à l?extrême droite. Il y a une idée de citoyenneté (le côté de l?usager et non du client), du pouvoir local.

D) Attac voudrait proposer un nouveau modèle, construire autre chose de pertinent au niveau de l?économie mais pas seulement. Il y a aussi d?autres questions éthiques sous-jacentes.

E-F) On fait de multiples actions, des manifestations, on sensibilise, on essaie de créer une alternative réaliste qui n?est pas venue de la gauche traditionnelle, on crée des documents qui ont du sens, on tente d?établir des alliances politiques…

G) Ce sont les membres (personnes physiques ou morales) qui soutiennent Attac, des cotisations de soutien, des dons.

H) On collabore avec les autres mouvements anti-globalisation.

6) A) On ne refuse pas l?économie en tant que telle mais on ne veut pas qu?elle ait le pouvoir.

B) On est contre l?idéologie néolibérale. Si on continue comme ça, on va se casser la figure et ce n?est pas le but surtout que les dégâts sont généralement payés par les plus pauvres.

7-8) Le but n?est pas d?enlever toute économie (qui est mondialisée aujourd?hui), mais que celle-ci ne soit pas orientée par une pensée néolibérale. C?est toute la question de la révolution ou non. Arrêtons de vouloir tout détruire, de tout refuser (c.f internet), et essayons de maîtriser ce qui nous arrive par un contrôle citoyen. Certains mouvements sont également plus ou moins violent que d?autres. Attac veut réformer assez fondamentalement (sans violences physiques) l?économie en mettant l?accent sur le pouvoir de l?Etat (mais pas n?importe lequel) pour répartir les richesses et aussi à un niveau mondial. Dans ce sens, l?AMP est peut-être plus radicale, moins constructive et plus désorganisée. On espère voir arriver des alternatives réalistes et modernes mais la justice est dure à atteindre. On pense mondialement et localement.

9) La taxe Tobin par exemple peut être un pouvoir citoyen. Plus généralement, on a une contre pensée qui va à l?encontre du pouvoir actuel et qui, on espère, sera reprise par le plus de partis politiques possibles, mais attention à ne pas se faire noyauter ou entrer dans des querelles intestines. Notre idée, c?est d?être aussi ouverts aux différences.

10-11) On a des liens avec les politiques (PS…) au conseil national par exemple. On a une influence, nos idées qui sont reprises le prouvent. Attac Canada, par exemple, a proposé la taxe Tobin au parlement et les politiques ont accepté. On a aussi des liens avec des syndicats (pour lancer un référendum par ex.) Il y a des politiciens membres également. On a un groupe Attac de parlementaires européens.

12) On ne veut pas seulement un Etat social mais un monde social (c.f la question Nord-Sud). On a plutôt la position des usagers des services (sensibilisation aux gares qui ferment, à la queue plus longue à la poste…).

13) Pour l?instant, on est euphorique car en pleine expansion. C?est une idée qui a l?air d?augmenter. Au niveau des médias, la position d?Attac intéresse. Mondialisons la résistance !

C?est à nous de créer un nouveau modèle pour la suite…

C) LES DIX COMMANDEMENTS D?ATTAC : (5)

– Se donner de nouveau outils d?analyse (indicateurs).

– Soustraire l?information à l?emprise du capital (c.f médias).

– Empêcher le dévoiement du multimédia (être critique sur internet par ex.).

– Garantir un revenu à tous.

– Donner sa place au Sud.

– Construire (renforcer) un espace public planétaire (ONU, pouvoir citoyen, associations…). avec la réforme ou la suppression des institutions financières internationales (FMI…).

– Désarmer le pouvoir financier.

– Créer un AMI véritable (sous la direction politique).

– Inscrire des clauses de protection sociale et environnementale.

– Utiliser le levier européen (un contre-pouvoir possible).

2.2) Apcm (Amp)

A) PRESENTATION :

L?Apcm (action populaire contre la mondialisation) est un groupe genevois du réseau de l?Amp (action mondiale des peuples). D?une part, elle soutient et participe aux actions internationales; d?autre part, elle cherche à développer les échanges entre luttes et secteurs locaux, en participant aux coordinations contre la mondialisation, mais aussi en cherchant plus généralement à tisser des liens d?action et de réflexion entre groupes de solidarité internationale, squatters, féministes, syndicalistes, etc… Outre l?Apcm, diverses initiatives à Genève se situent dans la perspective anti-capitaliste de l?Amp, entre autres: le collectif Viva Zapata, le groupe de solidarité avec les peuples indigènes en lutte…

L?Amp, quant à elle, est un réseau international qui s?est inspiré à ses début de la lutte zapatiste au Mexique. C?est un mouvement de résistance populaire au capitalisme, un coordinateur de nombreux mouvements populaire du monde entier. Un premier groupe de pilotage de l?Amp voit le jour en Espagne (97). Parmi eux se trouvaient les zapatistes, le mouvement des paysans sans terre brésiliens, et des paysans indiens. Ils ont une même volonté: contester l?existence de l?OMC au delà du lobbying et des réformes, avoir une action directe comme moyen et développer une philosophie organisationnelle basée sur la décentralisation et l?autonomie. L?Amp naît en février 98 avec une première conférence – manifestation à Genève. Une deuxième conférence a eu lieu en Inde (août 99). L?Amp encourage à agir par la désobéissance civile non violente et la construction locale d?alternatives démocratiques.

B) ENTRETIEN :

1) Je m?appelle Layla Batou, je suis étudiante en lettres (1e année) avec comme branche le français, l?espagnol et la sociologie.

2) Je participe à plusieurs groupe qui ont des buts plus ou moins convergents et notamment l?Apcm. Cette dernière est une branche genevoise de l?Amp, un réseau constitué en 97 lors de la conférence intergalactique zapatiste en Espagne. Je suis aussi dans le mouvement contre le World Economic Forum de Davos d?une façon ponctuelle. Celui-ci organise des manifestations et produit de la documentation à diffuser.

3) J?ai des parents qui étaient assez militants (mouvement trotskyste) et de fil en aiguille je suis arrivée ?là-dedans?. C?est donc tout d?abord une prise de conscience dans ma famille. J?ai été sensibilisée à une certaine forme d?injustice qui m?a amené à réagir.

4) J?étais dans le mouvement anti-globalisation de Genève (avec solidarités). Quand on est dans un groupe, on est vite en contact avec les autres groupes. Une coordination anti-OMC s?est montée à Genève (manifs en 99) avec des tendances différentes. Je me suis rapproché de l?aile la plus radicale et de fil en aiguille je suis arrivé à l?Apcm.

5) A) L?Apcm n?est pas une association mais un groupe qui se veut très démocratique. C?est un mouvement qui s?est constitué à Genève pour une action précise : la manif. de 98 contre l?OMC à Genève. C?est un groupe fluctuant qui se reconstitue suivant les actions nouvelles. Il a des membres plus ou moins impliqués et reste en contact avec l?Amp internationale et ses mobilisations.

B) L?Amp est un mouvement important mais l?Apcm est uniquement genevois. Ses membres sont fluctuants (de 4 à 12 aux réunions).

C) L?Apcm, comme l?Amp, a une position plus radicale que certains mouvements plutôt réformistes (Attac, WWF…) qui veulent des clauses sociales, environnementales, donner plus de pouvoir à l?ONU et moins à l?OMC (limitation des dégâts)… L?Apcm est plus pour un refus complet du pouvoir global (même de l?ONU). Elle est contre toute la mondialisation et voudrait que tout s?arrête pour recommencer sur d?autres bases. Elle encourage un pouvoir beaucoup plus local dans les communautés.

D) C?est un groupe qui est une somme d?individus avec des objectifs personnels mais aussi une ligne commune : permettre aux gens de reprendre le contrôle de leur vie par une information et une solidarité internationale contre l?impérialisme du capitalisme. Il s?agit de faire prendre conscience aux gens de la mondialisation et de montrer la nécessité d?une mobilisation et d?un changement.

E-F) L?Apcm publie des documents et brochures, fait des manifs, des soirées de soutien pour récolter des fonds, des débats, des discussions, des conférences…

G) Le financement passe par des soirées de soutien, des souscriptions et des dons.

H) On collabore avec d?autres groupes de mouvements populaires affiliés à l?Amp (soutien, échange…) et avec d?autres associations (Attac, jeunesse socialiste, WWF, Greenpeace…), et groupements de personnes. Dans la pratique, on se retrouve, on se coordonne quand il y a une mobilisation en gardant nos différences. C?est difficile d?avoir un mouvement qui fédère tout le mouvement anti-globalisation à cause de nos divergences. Le but n?est en tout cas pas un consensus mou.

6) L?idéologie néolibérale justifie les projets de l?économie. Je vois mal comment cette économie mondialisée pourrait être humaine.

7) Je pense que l?important actuellement c?est de refuser ce qui est en train de se passer. Il ne faut pas viser une position minimaliste, réformiste. Je ne vois pas encore quelle forme pourrait prendre une autre alternative à proposer mais la réponse est peut être dans une organisation locale en refusant un pouvoir invisible.

8) Nous utilisons des moyens non-violents.

9) La mobilisation des petits mouvements comme le nôtre et d?individus contre la mondialisation devient un contre-pouvoir.

10-11) Nous n?avons pas nos relais. On ne croit pas au pouvoir des institutions. Par contre, les politiques peuvent s?inspirer de nos idées. Ils peuvent aussi nous aider lorsqu?on subit de la répression (quelle liberté d?expression ?).

12) On est pour un Etat moins répressif et plus social en défendant les institutions publiques tout en laissant une grande marge de liberté aux individus avec le moins de contrôle possible.

13) Je pense que la sauce commence à prendre, qu?il y a une prise de conscience et que la mobilisation augmente.

C) MANIFESTE DE L?AMP :

La mondialisation de l?économie produit de nouvelles formes d?accumulation et de pouvoir; elle exploite les travailleurs; c?est une oppression sexiste; il faut lutter pour la survie des peuples autochtones et contre l?oppression de groupes ethniques; le savoir (éducation) et la technologie ne sont pas neutres; la mondialisation accroît la répression et la militarisation, elle combat les migrations en favorisant les discriminations.

? Nous affirmons notre volonté de nous battre, en tant que peuples, contre toute forme d?oppression. Nous proposons aussi de construire un monde nouveau. Nous demeurons ensemble, en tant qu?êtres humains et communautés, unis dans notre diversité. Ensemble, nous forgeons l?idéal d?un monde équitable, ensemble nous posons les premiers jalons de la vraie prospérité qui est le fruit du pouvoir populaire, de la générosité de la nature, de la diversité, de la dignité et de la liberté ?. (6)

2.3) Le mouvement chrétien

A) PRESENTATION :

Au sein du mouvement chrétien contre la mondialisation néolibérale, il y a des individus qui s?engagent personnellement mais aussi quelques organisations. J?ai pu en repéré trois à Genève : Jubilé 2000, le COE (conseil oecuménique des églises) et la COTMEC (commission Tiers-Monde de l?église catholique).

JUBILE 2000 : Jubilé 2000 est un mouvement international présent dans plus de 40 pays, qui appelle à un nouveau départ sans dettes, pour plus d?un milliard d?individus, au début du millénaire.

Il propose l?annulation des dettes des pays les plus pauvres (idéalement souhaité avant l?an 2000, ce qui n?a pas eu lieu) en suivant un processus juste et transparent (les prêts ont souvent une motivation politique ou commerciale), l?utilisation de ces ressources dans un développement durable et une profonde réforme des institutions financières internationales.

Ces dettes ne pourront être remboursées qu?en infligeant des coûts inacceptables en sacrifiant l?éducation et la santé de ces populations. La campagne Jubilé 2000 croit fermement qu?il est temps de donner aux créanciers une échéance pour agir.

Ce mouvement s?inspire des fondements bibliques de l?année du Jubilé : périodiquement, tous les 7 fois 7 ans (50 ans), les dettes sont pardonnées et les esclaves libérés. Ainsi : ? Vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants ? (lévitique 25.10).

Cette campagne a été lancée en Grande-Bretagne par trois grandes agences chrétiennes britanniques d?aide au développement et du mouvement pour le développement mondial. Un groupement Jubilé 2000 Sud-Sud s?est aussi constitué. Beaucoup d?associations (chrétiennes ou non) se sont associé à ce réquisitoire.

LE COE : Le COE est une fédération d?église et d?organisations oecuméniques qui réfléchit informe et publie une éthique de l?économie dans une vision chrétienne (c.f entretien).

LA COTMEC : La COTMEC estime que l?OMC ne doit pas être le tremplin d?un libéralisme développé à outrance. Elle pense qu?il est important de donner la parole aux pays du Sud, qui sont les premières victimes de telles pratiques économiques. La COTMEC est fidèle à l?option préférentielle des pauvres du concile Vatican II. Elle mène un travail d?information et interpelle le gouvernement suisse. Elle est composée de laïcs et de quelques prêtres. Elle fait également une réflexion sur la violence générée par l?injustice économique.

B) ENTRETIEN :

Je m?appelle Martin Robra, je suis un théologien allemand. J?ai travaillé comme pasteur dans une église allemande sur des questions de chômage, avec des réfugiés et aussi des sans abris. J?ai également fait des études au sujet de l?éthique sociale économique. Ensuite, j?ai commencé mon travail ici au COE comme responsable des questions éthiques sociales et écologiques.

Le COE est une fédération d?églises et d?organisations oecuméniques (mouvements chrétiens). C?est un mouvement international avec une vision globale et c?est pourquoi nous nous intéressons à la globalisation.

L?économie en grec signifie ?les règles de maison?. Nous sommes contre une économie réductionniste et destructrice néolibérale qui s?effectue sans règles. Il faut faire la différence entre la mondialisation, processus économique historique, et la globalisation, projet politique et économique calqué sur l?idéologie néolibérale. Nous ne voulons pas d?une vision totalisante. Une mondialisation humaine, oui, mais une globalisation humaine, non.

Nous soutenons Jubilé 2000. On coopère avec eux pour l?annulation de la dette du Tiers-Monde et aussi avec la société civile (Attac…). Ce qu?on peut reprocher à Jubilé 2000, c?est de se concentrer uniquement sur l?annulation de la dette. De plus, dans le Sud, on ne parle pas de dette car ils l?ont payé et c?est plutôt le Nord qui a une dette envers le Sud depuis longtemps (esclavage, colonies, effets de la mondialisation…) d?où la création de Jubilé du Sud. Attac par contre, a une vision plus globale plus ou moins comme nous.

On a des contacts avec les institutions chrétiennes d?aide au développement (EPER et Pain pour le prochain par exemple en Suisse).

Le COE fait des conférences, publie, écrit de la documentation, sensibilise. Nous créons du sens et nous réfléchissons aux questions éthiques et théologiques sur l?économie en recherchant une unité doctrinaire. Nous avons une assemblée générale qui définit nos objectifs de lutte contre la globalisation. Comment vivre notre foi dans ce contexte ? Nous voulons plus de justice sociale (c.f théologie de la libération), nous recherchons plus d?écologie, de citoyenneté… Nous voulons trouver des alternatives. En fait, nous ne sommes pas très loin des revendications d?Attac.

Nous ne savons pas combien de chrétiens militent contre la globalisation mais je pense qu?il y en a beaucoup qui s?engagent un peu partout et dans des domaines différents à titre individuel ou non. Le COE peut militer parfois dans les manifestations anti-globalisation (ce qu?il a fait à Genève) avec une délégation officielle mais ce n?est pas une obligation.

Nous sommes financé par les églises membres, des mouvements chrétiens de développement et parfois par des gouvernements indirectement (subventions à ces derniers).

L?homme doit être au centre. L?économie est faite pour l?homme et non le contraire. Il faut réformer l?économie et certaines structures mondiales. C?est une question de pouvoir. Tout cela ne peut pas continuer comme ça. Il faut une démocratie globale. Nous avons déjà des alternatives mais nous n?avons pas encore trouvé un grand projet alternatif. Il faut que l?on fasse preuve d?imagination. On commence de travailler ensemble.

Le COE essaie d?être un contre-pouvoir, en tout cas à son AG qui doit néanmoins prendre en considération les positions différentes en son sein. La diversité des églises est une richesse et il faut faire attention aux scissions. L?église a choisi son camp contre la globalisation à l?AG du COE par les délégués des églises, mais les paroisses, c?est encore autre chose.

Nous avons beaucoup de liens politiques avec les chrétiens engagés mais pas avec des partis. Beaucoup s?intéressent à notre vision. On a aussi des contacts avec les gouvernements. Nous sommes un acteur éthique, religieux et non politique mais nous dialoguons.

Avant, nous étions un acteur très important, mais la scène internationale à changé. Maintenant,. nous sommes un acteur parmi d?autres. Pour l?ONU nous représentons une ONG religieuse. Nous avons également une représentation locale au niveau des paroisses.

Nous souhaitons créer un espace de parole pour le peuple (rôle prophétique).

Nous nous trouvons actuellement dans une crise mondiale, dans un changement. C?est difficile de prévoir comment tout ça va évoluer. Je pense que ce qui se passera aux USA et en Europe aura une grande influence. Actuellement, ce qui me fais peur, c?est la fragilité du pouvoir aux USA, ce qui provoque une instabilité. De plus, un changement se fait rarement sans violence quand il y a du pouvoir et de l?argent à défendre.

3) ANALYSE

Attac est une association de revendication ou de conscientisation qui veut faire valoir ses idées. Elle rejoint un peu le COE même si ce dernier n?est pas une association tout comme le groupe Apcm. Par leur diversification des réponses proposées, ces trois acteurs font office de contrepoids face à l?idéologie néolibérale dominante et encourage la démocratie locale.

L?entrée à Attac est libre pour autant que les mêmes buts soient partagés. En ce qui concerne l?Apcm et le COE, j?ai l?impression qu?il faut déjà plus partager certaines valeurs. Les alternatives proposées par Attac (dont se rapproche beaucoup le COE) semblent assez réalistes. Elles ne refusent pas l?économie qui est mondialisée mais son orientation néolibérale. Ces deux acteurs choisissent la voie d?une réforme forte en lien avec le politique (l?Etat) et certaines institutions internationales existantes (ONU…). L?Apcm par contre propose une voie plus radicale qui est le refus de tout capitalisme et structures actuelles pour repenser un autre monde et une démocratie locale et autonome. Cette vision me paraît plus utopique, quelque fois paradoxale et un peu extrême. Enfin, la non violence est prônée par tous.

Il y a donc des alternatives proposées par des acteurs qui ont des différences et similitudes surtout au niveau des valeurs et des moyens à utiliser. Ceci est une richesse mais aussi une difficulté. Ces trois acteurs ont des relais politiques mais d?une manière différente. Attac a des membres engagés en politique (niveau national et européen) alors que le COE et l?Apcm ont une influence sur des hommes politiques. La récupération politique est vue comme un danger.

Pour terminer, ces acteurs sont un début de contre-pouvoir (un levier), au niveau du message, de la pression populaire et des membres ainsi qu?au niveau politique.

4) CONCLUSION

Lors de ce travail, nous avons vu que deux alternatives principales étaient proposées pour l?instant : une réforme fondamentale ou un refus total de la mondialisation. Ces trois acteurs anti-globalisation ont des relais politiques mais d?une façon différente : il s?agit d?un relais direct ou d?influences politiques. On peut dire que ces acteurs sont un début de contre -pouvoir.

Il reste encore à trouver une ou des alternative(s) qui puisse(nt) fédérer tout le mouvement anti-globalisation et qui soude(nt) ses acteurs pour avoir plus de poids.

La pression populaire et politique doit aussi s?accentuer pour une économie plus solidaire et humaine. Pas facile quand on sait la perte de crédit que subit le politique et le peu d?engagement des gens. Un mécontentement et un désinvestissement qui profite malheureusement aux extrêmes.

Est-ce que les partis ne devraient pas être plus clairs et unis dans leurs théories et leurs pratiques (c.f la gauche qui se sépare entre travaillistes et radicalistes). De véritables alternatives, sans manichéisme, pourraient être plus supportées par des partis et des syndicats différents sans se les approprier. Il s?agit pour les politiques de retrouver la confiance populaire, sans langue de bois, et que chaque citoyen (aussi les travailleurs sociaux !) prennent ses responsabilités s?il veut se réapproprier son avenir et participer à la création d?un monde meilleur (votations, manifestations…). N?oublions pas que les gouttes d?eau font les océans.

Mais avons-nous véritablement envie de vivre ensemble, solidairement et à long terme ? La question reste ouverte…

5) AVIS PERSONNEL

Il y a actuellement un véritable danger d?une pensée mondiale unique qui endoctrine au nom du Dieu argent. Il est important que le citoyen soit informé des conséquences d?une telle idéologie sur le monde et sa propre vie, si celui-ci n?est pas déjà pratiquant convaincu du moi, tout, tout de suite. Il est nécessaire de réagir à un totalitarisme financier sans pitié ni sentiment en repoussant sa doctrine économique fataliste, soit disant naturelle, alors qu?elle est guidée par des hommes, et soit disant rationnelle, alors qu?elle appelle à une foi dans le marché et à suivre une utopie.

Dans ce contexte, un contre-pouvoir est nécessaire et nous voyons toute l?importance des acteurs anti-globalisation. En tant que chrétien, je pense que le néolibéralisme va totalement à l?encontre de mes valeurs et qu?il est important de réagir. L?économie doit être au service de l?homme et non le contraire. L?être humain doit devenir plus responsable de la gestion de ce qui lui à été donné. Le message chrétien refuse tout fatalisme, individualisme, endoctrinement et idolâtrie monétaire. A mon avis, les églises et chaque chrétien doivent avoir un rôle plus prophétique (critique) et dénoncer ce nouvel opium du peuple côté en bourse.

Je pense qu?il est urgent de s?engager et de collaborer le plus possible avec le mouvement anti-globalisation pour mondialiser, à l?aube du troisième millénaire, un royaume de paix, de partage, de justice et d?amour sans tomber dans l?extrémisme, la haine, la violence et la vengeance.

La mondialisation, un monde dans vos mains, mais pour quelle mondialisation ?

A vous de choisir…ou de laisser les autres choisir à votre place…

GRILLE D?ENTRETIEN

1) Présentation personnelle et professionnelle.

2) Quel engagement anti-globalisation avez-vous ?

3) Pourquoi avez-vous un tel engagement ?

4) Pourquoi avoir choisi cet acteur ?

5) Présentation de l?acteur d?une façon générale :

a) Organisation

b) Importance de l?acteur (nombre de membres, lieux d?implantation…)

c) Philosophie (valeurs) de référence ?

d) Objectifs (finalité) ?

e) Moyens ?

f) Actions (passées, présentes, futures) ?

g) Financement ?

h) Réseau (collaborations) ?

6) Quelle vision avez-vous de la mondialisation actuelle ?

a) Au niveau économique.

b) Au niveau politique et idéologique.

7) Quelle(s) alternative(s) proposez-vous ?

8) Comment y arriver ?

9) Etes-vous un contre-pouvoir ? (un levier ?)

10) Avez-vous des relais politiques ?

11) Comment fonctionnent-ils ?

12) Quelle vision de l?Etat avez-vous ? Etes-vous pour un Etat social ?

13) Quelle vision du futur avez-vous ? (c.f l?acteur, la mondialisation…)

NOTES

(1) C.f cours d?économie, 1e année IES, Mme Matthey.

(2) C.f cours de philosophie politique, 3e année IES, Mme Bruttin et Ricardo Petrella, Le bien commun, éloge de la solidarité, édition Labor, 96.

(3) C.f Pierre Bourdieu, L?essence du néolibéralisme, le Monde Diplomatique, mars 98, P.3.

(4) C.f Ignacio Ramonet, Désarmer les marchés, le Monde Diplomatique, décembre 97.

(5) C.f Bernard Cassen, Les 10 commandements citoyen, Manière de voir.

BIBLIOGRAPHIE

Revues :

Alternatives économiques, 20 ans de mondialisation, le bilan, septembre 00, No 184, PP: 36-47; 72-75; 78-83; 86; 93.

Manière de voir, Un autre monde est possible, septembre-octobre 98, No 41, PP: 96-97.

Le Temps stratégique, La mondialisation et après ?, juillet-août 00, No 94, PP: 1; 16-27; 38-51.

Cours :

Economie, 1e année IES, Mme Matthey.

Economie, 2e année IES, Mr Christin

Les institutions sociales au carrefour de deux modèles : gestion néolibérale ou économie solidaire ?, 3e année IES, Mme Matthey, Mme Du Pasquier, Mr Cattacin.

Philosophie politique, 3e année IES, Mme Bruttin.

Journaux :

Le Courrier, Un gouvernement mondial dans l?ombre, février 98.

Le Courrier, Réinventer la solidarité, repenser le monde, 25 novembre 00, P.12.

Gauchebdo, L?europe rose en échec, 8 décembre 00, No 49, P.5.

Journal de l?Amp S-26

Internet :

Divers articles sur internet (sites Libération, le Monde Diplomatique, le Courrier).

Site Attac (HTTP:// www.attac.org)

Site Amp (HTTP:// www.agp.org)

Site Jubilé 2000 (HTTP:// www.jubilee2000.org)

Vidéo :

L?autre mondialisation, Arte.

Vincent Lechaire


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~ 6 min

Predigt zum 1. August 2004 von Felix Ruther (VBG-Studienleiter), gehalten in der Casa Moscia (Kurs- und Ferienzentrum der VBG)

Einleitung

Weil unser eidgenössischer Dank-, Buss- und Bettag immer weniger der eidgenössischen Besinnung dient, möchte ich meine Predigt zum 1. August anhand der drei Begriffe Dank, Busse und Gebet ausgestalten.

Dank

Ich lasse Sie liebe Zuhörerinnen und Zuhörer an einem kleinen Dialog teilhaben:

Wurde die Schweiz im 2.Weltkrieg verschont, weil viele Schweizerinnen und Schweizer gebetet haben? Vielleicht. Aber haben denn die Deutschen oder Franzosen nicht gebetet? Vermutlich haben auch in diesen Ländern viele um Bewahrung gebetet. Waren es denn weniger, so dass die Katastrophe über ihre Länder hereinbrechen konnte? Ich weiss es nicht ? aber ich glaube nicht, dass die Gebetsquantität entscheidend ist. Worauf kam es denn an? Es war Gnade!

In 5. Mo 7,7 sagt Gott zum Volk Israel: « Nicht weil ihr alle Völker an Zahl überträfet, neigte sich Jahwe euch zu und erwählte euch : denn ihr seid das kleinste von allen Völkern. »

Ich denke, dass das auch auf uns Schweizer zutrifft. Nicht unsere Grösse, sei sie nun geistlich oder menschlich definiert, war entscheidend. Entscheidend war und ist die freie Zuwendung Gottes.

Dennoch glaube ich, dass wir Schweizer uns oft zuviel auf unsere eigene Leistung einbilden. Manchmal sogar auf unsere fromme Leistung.

Sicher ist es ein Ausdruck psychischer Gesundheit, wenn wir uns über eine vollbrachte Tat oder Leistung freuen. Das soll so sein. Aber über all dem Guten, das der Schweiz und ihrem Volke widerfahren ist, kann es leicht geschehen, dass wir vergessen, dass Gott letztlich der Geber alles Guten ist. Paulus wusste das noch ganz klar: « Nicht, als ob wir von uns aus fähig wären, etwas zu ersinnen wie aus eigener Kraft, sondern unsere Befähigung stammt aus Gott » (2. Kor 3,5). In 1.Korinther 2,12 geht Paulus sogar so weit, den Unterschied zwischen jenen, die den Geist Gottes in sich tragen und denen, die vom Weltgeist geprägt sind, darin zu sehen, dass jene die den Geist Gottes erhalten haben, wissen, was ihnen durch Gottes Gnade geschenkt wurde.

Wer durchschnittlich gesund ist und weiss, dass seine Güter letztlich als Geschenk von Gott stammen, der zeigt das in seiner Dankbarkeit. In Epheser 5,20 bringt Paulus daher den Empfang des Heiligen Geistes mit der Dankbarkeit in Zusammenhang: « Werdet des Geistes voll … indem ihr dem Gott und Vater allezeit für alles dankt, im Namen unseres Herrn Jesus Christus. »

Diese Dankbarkeit, als Grundhaltung eines Menschen, der weiss, dass letztlich alles Geschenk ist, vermisse ich aber zunehmend in unserer Schweiz – auch unter jenen, die sich vom Geiste Gottes geleitet wissen. In Moscia konnte ich Leiterstellvertreter diesbezüglich einiges beobachten: Fordern, auf seinem Recht bestehen, jammern usw. scheint eine sich ausbreitende Grundhaltung der Schweizer zu werden. Sie können sich vorstellen, wie es mich gefreut hat, als die jungen Leiterinnen und Leiter des Kinderprogramms einer Familienwoche sich nach getaner Arbeit sogar noch bei mir bedankten.

Unsere Dankbarkeit zeigt sich dann aber nicht nur in schönen Dankgebeten, sondern auch darin, dass wir uns grosszügig denen gegenüber erweisen, die weniger haben als wir. Dieser Grosszügigkeit können Sie am Schluss des Gottesdienstes Ausdruck verleihen. Wir legen Geld zusammen für ein Kinderprojekt in Bangladesch.

Ich hoffe und bete, dass wir Schweizer wieder zu dieser Dankbarkeit zurückfinden, die sich dann auch in der Solidarität mit den Hungernden und Leidenden ausdrückt. Ich hoffe und bete auch, dass diese Dankbarkeit wieder ein zentrales Erziehungsziel in unserer Gesellschaft wird ? angefangen bei uns und unseren Kindern.

Möge diese verschenkende Dankbarkeit in unserem Volke und unseren Familien wieder zu einer Grundhaltung werden, denn wenn nicht, könnte uns Gott durch seine erzieherischen Massnahmen daran erinnern, dass wir das Gute ihm verdanken und nicht nur unserer eigenen Leistung. Paulus schreibt davon im 2. Korinther 1,9: « Wir vernahmen nur deshalb in unserem Innern das Todesurteil, damit wir nicht unser Vertrauen auf uns selber setzten, sondern auf Gott. »

Busse heisst Umkehr

Umkehr im Umgang mit der Schöpfung

Das Wort Busse muss präzisiert werden, denn wenn heute jemand eine Busse erhält, dann denkt er im Normalfall, dass mit der Bezahlung alles wieder in Ordnung sei. Busse meint aber eigentlich einen Gesinnungswandel. Sünde ist gemäss der Bibel eine Zielverfehlung. So meint Busse die Umkehr vom falschen Ziel, meint die Kehrtwendung auf den Weg zum guten Ziel hin.

Nun, wo müssten wir als Einzelne und als ganzes Volk umkehren  » eben Busse tun  » und uns zurück auf den Weg zu Gottes Zielen hin begeben? Ich möchte nur einige wenige Dinge nennen, die mir gerade zuforderst sind: In meinem Studium des 5. Buchs Mose ist mir ein Satz aufgefallen, in dem Gott zu Israel sagt: « Siehe, dies Land stelle ich euch zur Verfügung… » (1,8) Und in einem Psalm lesen wir, dass die ganze Welt Gott gehört. Wenn ich aber unser Verhalten betrachte, dann komme ich zum Schluss, dass wir meinen, das Land gehöre uns. Wem bewusst wäre, dass das Land Gott gehört, der würde anders mit ihm umgehen. Der würde es mit Vorsicht geniessen und nicht derart ausbeuten, mit Abfall belasten und verschandeln. Hier müssten wir  » auch wir Christen  » umkehren.

Abkehr vom Materialismus

Einen anderen Punkt, der mir durch die Lektüre des 5. Mosebuchs in den Sinn gekommen ist, möchte ich noch erwähnen: Gott ermahnt sein Volk immer wieder, es soll keinen fremden Götzen nachzulaufen. Hierzu könnte man auch vieles bemerken. Lassen Sie mich nur darauf hinweisen, dass wir in der Schweiz zunehmend einem einzigen Gott huldigen, den man Materialismus nennen könnte. Wir fragen bei unseren Unternehmungen nicht mehr, ob etwas menschen- und auch gottgerecht ist. Allenfalls fragen wir noch, ob etwas sachgerecht ist. Die Frage nach der Wirtschaftlichkeit dominiert fast all unsere politischen Aktionen und Entscheide. Hier müssen wir als Einzelne und auch als ganzes Volk umkehren und die Wege Gottes neu aufsuchen.

Umkehr zur Zivilcourage

Und eine letzte Beobachtung. Immer häufiger wird in der Presse berichtet, wie Einzelne oder kleine Gruppen mit einer Unverfrorenheit auftreten können und Regeln und Gesetze verletzen, ohne dass jemand etwas dazu sagt. Das schuldhafte Schweigen nimmt in unserer Gesellschaft epidemisch zu. Francis Schaeffer schrieb schon vor längerer Zeit, in seinem Buch « Wie können wir denn noch leben », dass in unseren westlichen Gesellschaften nur noch zwei kümmerliche Werte hochgehalten würden, der persönliche Wohlstand und der persönliche Frieden. Mit persönlichem Frieden meinte er eben dies, dass wir fast alles opfern, um uns nur ja nicht aus unserer Ruhe aufscheuchen zu lassen. Auch hier denke ich, dass wir umkehren müssen.

Gebet

Vor zwei Jahren wurde ich an eine Tagung der Zeitschrift « Aufatmen » eingeladen. Leitende aus verschiedenen Kirchen und Gemeinden trafen sich in Deutschland. Gegen Ende der Tagung wurde ich gebeten, drei politische Anliegen aus der Schweiz zu nennen. Als dann die anderen Nationen für die Schweiz beteten, wurde keines meiner Anliegen aufgenommen. Man betete dafür, dass Menschen zum Glauben kommen und dass die Gemeinden wachsen. Das sind auch Anliegen, für die ich regelmässig bete. Dennoch war ich über die mangelnde politische Sicht dieser Gemeindeleiter erschüttert.

Damals nannte ich die folgenden Anliegen. Für diese Anliegen bete ich auch heute noch:

Prophetische Worte

Gott möge uns leitende Menschen in Politik und Wirtschaft schenken, die prophetische Worte an unsere Nation richten können. Also Worte mit Kraft und Gewicht, weil sie im Auftrage Gottes gesprochen wurden.

Neue Politkultur

Ich sorge mich darüber, dass in unserem Land die politische Gesprächskultur vergiftet ist. Wenn man sich die einschlägigen TV-Diskussionen anschaut, dann merkt man, dass eigentlich keine Gespräche mehr geführt werden. Fast alle Beteiligten breiten nur noch ihre Parteilparolen aus und suchen nicht mehr im gemeinsamen Diskurs die beste Lösung. Es geht um Macht und nicht mehr um das Wohl des Landes. Ich bete um eine neue Politkultur in unserem Land.

Eine Sicht für das Gesamtwohl

Es gibt zu viele »Idioten » in unserem Land. Im alten Griechenland unterschied man zwischen dem Politäs und dem Idiotäs. Der Politäs war jemand, der die ganze Polis (Stadtstaat) im Auge behielt, während der Idiotäs nicht weiter als bis zu seinem Gartenzaun denken konnte. Auch unter uns Christen gibt es zu viele « Idiotien ». In einer christlichen Wahlempfehlung wurden einmal die « zentral christlichen Anliegen » aufgelistet und auch jene Politiker, die in diesen Themen die richtige Position vertreten haben. Sie soll man wieder wählen. Als « zentral christliche » Anliegen wurden erwähnt: Abtreibungsfrage, Homosexualität und Drogen. Kein Wort über die neue Armut, kein Wort zu Umweltfragen, kein Wort zu den vielen Verkehrstoten, kein Wort zur Macht und Geldkonzentration in der Wirtschaft usw. Sind das alles Themen, die uns Christen nichts angehen sollen? Wenn ja, wäre das eine klassische Idiotie.

Eine Zwischenfrage: Haben Sie Ihren Zahnarzt gewählt, weil er Christ ist oder weil er ein guter Zahnarzt ist? Und wie wählen Sie die Politiker und Politikerinnen? Aus Liebe zur Schweiz, wähle ich Menschen in die Regierung, die das Gesamtwohl im Auge haben. Wenn sie auch noch an Jesus glauben ? umso besser für sie. Das ist aber nicht meine erste Wahlüberlegung. Denn wie die oben erwähnte Wahlempfehlung zeigt, muss beides nicht zwingend zusammengehen.

So bete ich auch, dass wir  » zuerst in unseren Kreisen, auch ich selber  » unsere Idiotien aufgeben können. Schon vor ca. 2500 Jahren hat Gott durch den Propheten Haggai sein Volk ermahnt: « Ihr sagt, es ist noch nicht Zeit den Tempel wieder aufzubauen, während ihr selber in euren feingetäfelten Häusern sitzt. » (1,4) Auch wir neigen allzu oft dazu, unsere eigenen Häuser auszubauen, während das Grosse darniederliegt. Und Haggai sagte weiter: « Schaut doch, wie es euch geht. Ihr säht und erntet, werdet aber nicht satt. Ihr trinkt und habt dennoch weiter Durst. » (1,6) Hier macht uns Gott auf eine ganz wichtige Tatsache aufmerksam. Erfüllung finden wir nicht in unseren kleinkarrierten Zielen. Idiotien erfüllen letztlich nicht. Möge Gott seiner Gemeinde einen neuen Aufbruch schenken, der darin besteht, dass wir wieder das Grosse, das Wohl der Gesamtheit  » weltweit  » in den Blick kriegen.


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