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Impôts – permettre des solutions en commun

Politique
Lesezeit / Temps de lecture ~ 3 min

Nous ne sommes pas de simples individus autonomes, car tous ceux qui nous entourent sont nos prochains, à qui nous devons des égards, qui ont exactement les mêmes droits que nous-mêmes et qui ont une valeur égale aux yeux de Dieu. Toutes nos actions ont des répercussions sur nos prochains. Pour cette raison, des lois et des règles sont nécessaires pour régir notre vie en société.

Pour pouvoir vivre ensemble, nous devons définir ensemble de nombreux fondements : quelles sont les choses que nous voulons faire ensemble, quelles sont celles que chacun fait à sa guise, quel système économique souhaitons-nous, etc. Il faut dès lors une organisation commune où chacun dispose du même droit de parole : l’Etat. L’Etat, non pas en tant que représentation lointaine et néfaste, mais l’Etat auquel nous appartenons tous !

Etant donné que ces règles ont été définies en commun, elles s’appliquent à tous de la même manière, et nous ne pouvons y déroger pour notre simple avantage. Les puissants y trouveraient peut-être leur compte, mais l’amour du prochain, dans son sens chrétien, nous enjoint à respecter aussi les droits des plus faibles.

Une organisation commune implique un financement en commun des choses convenues, et une règle permettant de calculer la contribution de chacun. Etant donné que la richesse ne repose que dans une moindre mesure sur la prestation, il est normal que les riches doivent contribuer davantage que les pauvres, et qu’une progression fiscale vienne atténuer un peu la répartition extrêmement inéquitable réalisée par le marché.

A cet effet, les taux d’imposition doivent être conçus de telle manière que chacun contribue selon sa propre capacité, tout en conservant une partie du fruit de ses efforts. Un bel exercice d’équilibre. Il est toutefois absurde que d’aucuns viennent se plaindre de ce qu’ils ne peuvent conserver que 60 de leurs 100 millions de francs de revenus annuels. Cela n’a plus rien à voir avec une quelconque performance et il ne saurait dès lors être question d’ « inégalité ».

Nul ne peut se plaindre de devoir travailler pour les autres : en effet, il profite autant des prestations communes et il bénéficie d’un système établi en commun sans lequel il ne pourrait pas gagner tout cet argent. Il se doit donc aussi de remédier aux dommages causés par le système et de soutenir d’autres personnes lésées par le système ou qui ont carrément été mises à l’écart par le système économique actuel au motif qu’elles n’étaient pas suffisamment performantes.

Lorsque d’aucuns disent qu’il ne vaut plus la peine de travailler quand les impôts sont élevés, il y a de quoi douter de la morale du travail… ne travaillons-nous donc que pour nous enrichir ?

Certains estiment que la redistribution n’est pas biblique. Rien de plus faux : voir à ce sujet les textes sur la Bible et les impôts sur le site web de ChristNet. D’autres affirment que la progression fiscale n’est pas biblique, et que la Bible ne mentionne que le taux unique. C’est faux, là encore. Premièrement : le taux unique dans la Bible doit être vu en lien avec d’autres redistributions. Tous les sept ans, les dettes étaient remises et tous les 50 ans intervenait une année de jubilé à l’occasion de laquelle toutes les propriétés foncières (soit le capital de base de chacun) revenait à son propriétaire d’origine. L’accumulation des inégalités, telle qu’on la voit aujourd’hui, n’était donc pas possible. De nos jours, même l’impôt (minimal) sur les successions est supprimé. Il n’est donc pas possible d’introduire en même temps un taux unique « chrétien »… Deuxièmement : dans les temps bibliques, les différences de revenu pour la majorité des gens, qui étaient agriculteurs ou artisans, étaient bien moindres. Une progression à des fins de compensation n’avait donc pas de raison d’être. Libre à nous, aujourd’hui, de faire les choses autrement si les circonstances le requièrent pour répondre au sens original des Ecritures.

Il y a enfin ceux qui estiment que la situation actuelle ressemble à l’époque où les prophètes se sont plaint de ce que les détenteurs du pouvoir opprimaient leurs sujets par des impôts élevés. A cela, nous pouvons seulement répondre que la comparaison est purement grotesque : il s’agissait à l’époque de personnes dont l’existence même était menacée. Aujourd’hui, cette plainte émane avant tout de personnes qui possèdent maison et voiture et passent leurs vacances dans des pays lointains…

En tant que chrétiens, nous voulons présenter à ceux qui ridiculisent le fait de payer les impôts un autre état d’esprit. Nous nous réjouissons d’appartenir à la Suisse et sommes disposés à apporter notre contribution – à savoir : nous sommes prêts à payer des impôts. Nous savons que l’Etat est une institution nécessaire. Et l’Etat – c’est nous ! Il n’est pas anodin que Jésus nous ait enseigné que le paiement des impôts va de soi. Lorsque les pharisiens lui ont posé une question sur le sujet, il a demandé une pièce de monnaie, a montré l’illustration de l’empereur qui y était gravée et a dit : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! » (Mt 22,21)

Ces derniers temps, la concurrence fiscale est devenue la voie royale pour éviter de payer des impôts. Encore quelques mots sur ce thème.

1. octobre 2006/0 Commentaires/par Dominic Roser
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2021/02/de_Steuern___eine_freiwillige_Angelegenheit_10_1_2006steuern_html_78d8077e.jpg 174 220 Dominic Roser https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Dominic Roser2006-10-01 12:07:372021-02-04 12:09:11Impôts – permettre des solutions en commun

Les 7 thèses de ChristNet sur l’argent en Suisse

Theologie
Lesezeit / Temps de lecture ~ 6 min

Thèse 1

Chrétiens et non-chrétiens se laissent de plus en plus imprégner par la culture de la peur

Nous constatons, en particulier dans le monde occidental, un glissement vers une culture de la peur et de la méfiance : la peur de perdre ses propres biens et la sécurité matérielle dont on jouit, et la peur du prochain que l’on ne connaît pas. La prospérité croissante a exacerbé la peur de perdre nos biens. La notion économique de concurrence a pénétré la sphère privée, de sorte que le prochain est de plus en plus souvent perçu comme un concurrent. Qui plus est, l’individualisme croissant nous a extirpé des rapports sociaux qui nous conféraient naguère un sentiment de sécurité. Les craintes ressenties pour notre propre bien-être ont étouffé le souci du bien-être du prochain. Nous mettons ce fait en relation avec la parole de Jésus selon laquelle l’amour du plus grand nombre se refroidira (Mt. 24.12). En Suisse tout spécialement, nous sommes fortement marqués par la culture de la peur, comme en atteste le nombre particulièrement élevé de polices d’assurance par habitant.

Thèse 2
Désolidarisation : le partage nous pose problème, car nous avons peur pour notre propre bien-être et parce que nous sommes confrontés au coût toujours plus élevé découlant de la forme d’économie qui est la nôtre

La peur pour notre propre bien-être et la méfiance à l’égard du prochain se traduisent par une désolidarisation. La « liberté » est un concept qui a le vent en poupe, car nous cherchons à nous libérer de toute forme de responsabilité envers le prochain.

Nous ne sommes pas prêts à payer le prix des dégâts croissants causés par notre forme d’économie : même si les plus faibles ne se voient plus proposer d’emplois, et qu’ils deviennent des cas sociaux, nous avons tendance à leur rendre seuls coupables de leur situation ou à les appeler « profiteurs du système social ». Nous accordons volontiers foi aux théories selon lesquelles « chacun peut obtenir tout ce qu’il souhaite s’il fait seulement l’effort nécessaire ». Les chrétiens ne sont pas immunisés contre ces courants culturels, de sorte que l’évangile de prospérité et le compassionate conservativism nous paraissent attrayants.

Thèse 3
Parce que nous ne pouvons pas partager, nous sommes condamnés à la croissance

La Suisse est un des pays les plus riches du monde, nous avons en fait suffisamment pour tous, nous disposons de tout ce dont nous avons besoin. Néanmoins, nous aspirons avec entêtement à une croissance plus élevée du PIB, c’est-à-dire de la richesse (et sacrifions en chemin de nombreuses valeurs chrétiennes), bien que la Bible dise que nous ne devons pas accumuler de richesses (Jc 5). Ce principe ne s’applique pas uniquement à la vie personnelle, mais aussi aux nations tout entières, car nous voyons ci-après quelles en sont les répercussions.

Alors, pourquoi la croissance ? Nous affirmons avoir besoin de la croissance pour créer suffisamment d’emplois. Est-ce que le système que nous avons créé n’offre de travail à chacun que lorsque le PIB croît ? Sommes-nous, au cas contraire, incapables de donner à chaque être humain un travail qui ait un sens ? Nous affirmons aussi avoir besoin de la croissance pour financer notre prévoyance vieillesse. Mais ne pourrions-nous pas organiser cela autrement, par un meilleur partage ? Le Conseil fédéral affirme encore avoir besoin de la croissance pour éviter les foires d’empoigne à qui profitera la distribution. Sommes-nous même capables de partager l’abondance ? Ne pouvons-nous pas faire en sorte que chacun, dans ce qui a été gagné, reçoive suffisamment en échange des efforts déployés ? Ces problèmes peuvent, de notre avis, être résolus autrement avec un peu de sens commun et le sens du partage. Etant donné que nous ne sommes pas encore prêts pour cela, la Suisse reste « condamnée à la croissance ». En outre, nous continuons de croire dans notre vie personnelle que la richesse est synonyme de bonheur.

La consommation effrénée est par conséquent toujours bienvenue et encouragée. La société de consommation est devenue une pression idéologique sur les personnes, même si en fait nous avons déjà tout. Comment l’économie peut-être encore croître alors que la société se trouve dans l’abondance ? Les valeurs et les idéaux sont eux aussi inévitablement sacrifiés dans cette quête des possibilités de croissance.

Thèse 4
Nous nous accrochons à des biens injustement acquis

La Suisse n’a accepté que sous la pression massive de l’étranger de restituer les fonds juifs en déshérence. Aujourd’hui, nous nous agrippons au secret bancaire, même si nous savons que la majeure partie des quelque deux milliards et demi de francs de fortune de l’étranger placés sur les comptes suisses sont le fruit de l’évasion fiscale. Nous cherchons encore et toujours à nous justifier et déclinons toute responsabilité de notre part, bien que le secret bancaire ait été ancré dans la loi en 1934 dans le but précis d’attirer des fonds issus de l’évasion fiscale.

Michée 6.9-11 nous interpelle sur ce point : « Ecoutez l’annonce du châtiment et celui qui l’a décrété. Y a-t-il encore dans la maison du méchant des trésors mal acquis, et un épha trop petit, exécrable ? Serai-je sans reproche avec des balances fausses et avec des poids trompeurs dans le sac ? »

Thèse 5
« Mammon » est puissant en Suisse et a la mainmise sur notre pensée et notre politique

« Nul ne peut servir deux maîtres, car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6.24). Il nous semble que la pensée de rentabilité économique et le souci pour nos biens ont pris trop de poids par rapport à Dieu et à l’amour du prochain. Nos valeurs sont par conséquent déterminées de plus en plus par « Mammon ».  Ce faisant, la Suisse semble également sacrifier de nombreuses valeurs chrétiennes, telles que la famille, le dimanche, la miséricorde à l’égard des faibles, la justice et la morale.

Il nous faut vraiment nous décider. En tant que pays, repentons-nous, faisons le ménage dans nos vies, notre politique et nos banques. « Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux » (1 Ti 6.10), et il semblerait que nous en ressentions les conséquences aujourd’hui. Par contre, Dieu nous promet de s’occuper de nous si nous agissons dans la justice et l’adorons Lui (et non pas Mammon). Nous n’avons donc pas à craindre de perdre nos richesses ou des emplois, si nous faisons les pas nécessaires à nous séparer de l’injuste Mammon. La prévoyance de Dieu et Sa paix nous porteront.

Thèse 6
L’alternative : la confiance en Dieu et une politique de miséricorde à l’égard des plus faibles

Jésus nous a présenté, outre le salut par la foi, un amour radical pour le prochain et nous a commandé de placer au centre de toute notre action le bien-être de notre prochain (et donc le bien-être général). Nous voulons éveiller à nouveau cet amour pour le prochain, cet agapé, c’est-à-dire appeler chacun à y revenir et à contribuer à ce que le monde soit marqué par l’amour de Jésus. Dieu deviendra ainsi visible dans notre société. Une démarche qui commence au sein de la chrétienté, par une nouvelle sensibilité au bien-être du prochain, qui en fera un puissant multiplicateur de l’amour de Dieu.

On oublie souvent que l’amour du prochain n’est pas confiné à la sphère privée, mais qu’il doit être exercé de la même manière aux niveau de la société et de la politique. Les membres les plus faibles de la société nous semblent aujourd’hui particulièrement menacés du fait qu’ils n’ont pas de pouvoir et ne disposent guère de groupes d’influence. Pourtant, Jésus lui-même préconise de protéger les plus faibles, allant jusqu’à s’identifier pleinement à eux : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; […] j’étais en prison et vous êtes venu vers moi ». (Mt 25.35-36)

Pour ce faire, nous avons besoin de préserver notre confiance en Dieu, à commencer dans notre propre vie, en sachant qu’il pourvoira à nos besoins si nous agissons avec justice.

Thèse 7
Nous avons besoin d’une nouvelle miséricorde biblique

Le thème de la solidarité occupe une place prépondérante dans la Bible. Une importance centrale est accordée à la notion de « pauvre », qui désigne d’une part le dénuement matériel et l’oppression (on parle aussi de « misérables », « moindres », etc.), mais aussi, d’autre part, les pauvres en esprit, c’est-à-dire les humbles. Rares sont les passages où la pauvreté est mise en relation avec une culpabilité personnelle. On ne la trouve ainsi présentée que dans le livre des Proverbes et dans une affirmation du Nouveau Testament, savoir celui qui ne VEUT pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Pour le reste, la pauvreté est décrite comme un mal de la société, souvent en lien avec le préjudice social.

Nous ne pouvons bien entendu pas affirmer que de nos jours, les pauvres ne portent, de manière générale, aucune responsabilité dans leur situation, mais nous devons être prêts à examiner la question de plus près. Pour cette raison, l’Ancien aussi bien que le Nouveau Testament contiennent de multiples appels à protéger les pauvres (sur les plans physique et juridique), à partager avec eux et à faire justice. Car nous ne devons pas croire que nous ayons créé notre prospérité par nous-mêmes et que, partant, nous n’ayons pas besoin de partager quoi que ce soit.

Ainsi, premièrement, notre aptitude à la performance découle elle aussi de la grâce de Dieu, et tout ce que nous possédons nous vient de Dieu. Nous sommes donc tenus de gérer ce que nous avons reçu selon Sa volonté. Deuxièmement, tout être humain est doté de dons variables, qui peuvent également être convertis en salaire de manière variable. Nous devrions par conséquent permettre à chacun de vivre dignement. Une certaine redistribution était ainsi prévue dès l’Ancien Testament. Le prochain représente aussi, à l’heure actuelle, les pauvres vivant dans d’autres parties du monde. Nous sommes tenus de nous consacrer également à eux.

Nous sommes convaincus que la Suisse, d’un point de vue spirituel, tourne le dos à Dieu et à sa bénédiction en ne partageant pas sa prospérité avec les pauvres.

 


Photo by Michael Longmire on Unsplash

1. octobre 2006/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2021/02/michael-longmire-lhltMGdohc8-unsplash-1-scaled.jpg 1843 2560 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2006-10-01 11:38:152021-02-04 11:53:02Les 7 thèses de ChristNet sur l’argent en Suisse

Les dommages causés aux pays pauvres par le secret bancaire

Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 3 min

Le secret bancaire, en particulier la distinction suisse entre la fraude et l’évasion fiscales (voir le texte « Le problème du secret bancaire ») a de graves conséquences pour les pays pauvres du monde.

– Oxfam a calculé en 2000 que les pays du Sud perdent 15 milliards de dollars par an en recettes fiscales à cause de l’évasion fiscale. En comparaison, le produit national brut du Burkina Faso est d’environ 4 milliards de dollars. Comme environ un tiers de tout l’argent du monde placé dans une banque étrangère se trouve en Suisse, et que 70 à 90 % de cet argent n’est pas imposé, on peut supposer que le secret bancaire, associé à la distinction suisse entre évasion et fraude fiscales, est responsable de la perte de milliards de dollars de recettes fiscales par an pour le Sud.

– Bien entendu, on ne peut pas supposer que l’argent des vols ne circulerait pas vers d’autres « refuges » si le secret bancaire suisse était aboli. Mais tout d’abord, grâce à la suppression de la contre-pression de la Suisse (notamment au sein de l’OCDE), la pression sur les paradis fiscaux restants augmenterait ensuite. Et deuxièmement : nous devons décider par nous-mêmes si nos actions sont justes devant Dieu ou non ! Nous achèterions tout aussi peu de biens volés avec la raison, sinon le voleur ne vendrait son butin qu’à un autre receleur… L’excuse « les autres le font aussi » ne compte pas devant Dieu.

– En comparaison, la Suisse donne environ 2,5 milliards de francs par an en aide publique et privée au développement. Nous rendrions donc un immense service à l’aide au développement si le secret bancaire était assoupli, au moins pour l’évasion fiscale.

– Le Conseil fédéral affirme que l’argent du Sud ne nous parvient qu’en raison de l’arbitraire des autorités fiscales et des lacunes du système bancaire. En fait, il existe certains pays où les travailleurs honnêtes sont traités injustement et ont un besoin légitime de protection. Mais il s’agit d’une minorité de plus en plus petite parmi tous ceux qui veulent échapper à une imposition correcte par des gouvernements démocratiquement élus. À qui faut-il accorder plus d’importance en matière de protection ? Nous pensons qu’en matière d’assistance mutuelle aux autorités étrangères dans les cas d’évasion fiscale, on peut faire une distinction entre les États constitutionnels et les régimes arbitraires, et que le secret bancaire (ou du moins la distinction entre l’évasion et la fraude fiscales) n’est pas nécessaire à la protection.

– Au contraire, notre secret bancaire et notre pratique de l’entraide judiciaire protègent avant tout les régimes corrompus eux-mêmes : la principale revue économique « Economist » a écrit en 1999 que l’on estime à 20 milliards de dollars les fonds des potentats (argent approprié par les dictateurs par la corruption ou le détournement du trésor public) qui se trouvaient en Suisse. Le clan Abacha dispose d’un total de 55 milliards de dollars à l’étranger. Ces dictateurs étaient même soutenus par nos gouvernements ou pouvaient aller et venir avec nous (comme Mobutu par exemple)…

– Le recouvrement de ces fonds est très difficile pour les gouvernements ultérieurs, surtout dans les pays les plus pauvres : les faits ne pourraient souvent être prouvés que si la Suisse fournissait des informations sur les clients, ce qu’elle ne fait pas en raison du secret bancaire. L’enquête n’aboutit donc souvent à rien. Les pays pauvres, en particulier, ont d’énormes difficultés à rassembler toutes les données nécessaires à une demande d’entraide judiciaire sur les fonds volés par leurs anciens dictateurs sans avoir accès aux comptes bancaires, car ils ne peuvent se permettre des enquêtes extrêmement coûteuses. La demande d’entraide judiciaire échoue donc souvent à ce stade.

– Nous constatons que le secret bancaire fait beaucoup plus de mal que de bien aux pays du Sud. Il serait donc préférable pour ces pays que le secret bancaire soit levé. En même temps, pour protéger les personnes persécutées par des autorités arbitraires, une clause pourrait être insérée dans la loi sur l’aide juridique, selon laquelle l’aide juridique ne serait accordée qu’aux gouvernements régis par l’État de droit et les principes démocratiques. Les critères devraient être définis plus précisément.

1. octobre 2006/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2021/01/etienne-martin-2_K82gx9Uk8-unsplash-scaled.jpg 1707 2560 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2006-10-01 11:37:232021-01-29 11:38:33Les dommages causés aux pays pauvres par le secret bancaire

Vous pouvez vous adresser à toute personne souffrant d’angoisse fiscale….

Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 2 min

Le résultat du vote sur l’initiative en matière de santé du 18 mai 2003 est un excellent exemple de la manière dont les entreprises et les riches peuvent persuader l’électorat de voter contre leurs propres intérêts (et répète le phénomène du vote sur l’impôt sur les gains en capital à l’automne 2001). Il y a six mois, des sondages ont montré qu’environ deux tiers de l’électorat voulaient voter pour l’initiative en faveur de la santé. Aux urnes, le chiffre est soudainement tombé à 27%. Que s’est-il passé ?
Tous les calculs ont clairement montré que la grande majorité de la population devrait payer moins cher pour les soins de santé après l’adoption de l’initiative, même si la TVA supplémentaire était incluse. Cependant, depuis des mois, les opposants utilisent avec succès des campagnes de plusieurs millions de dollars pour convaincre les électeurs qu’ils devraient finalement payer plus, sans pouvoir le prouver. On a surtout prétendu que la classe moyenne serait massivement plus lourdement grevée, ce qui est en fait une absurdité absolue, comme l’ont montré tous les calculs (qui incluaient également la TVA). Ce sont précisément les familles de la classe moyenne qui en auraient le plus bénéficié, car elles ne bénéficient pas de réductions de primes aujourd’hui. Mais deux phénomènes se sont produits :

– Selon des études sociologiques, les ménages dont le revenu annuel ne dépasse pas 300 000 francs se considèrent également comme appartenant à la classe moyenne, même s’ils font partie depuis longtemps des « 10 % supérieurs ». Ils se signifient alors eux-mêmes lorsqu’ils proclament que la classe moyenne doit payer plus. Mais le ménage moyen gagne aujourd’hui entre 80 et 90 000 francs par an.

– Peur de l’impôt : fomentée par l’UDC ces dernières années, la phobie de l’impôt a augmenté massivement. Lorsque les opposants à une initiative font jouer l’argument des augmentations d’impôts, ils ont gagné… Derrière cela se cache la peur de perdre son bien.
Allons-nous nous tromper si nous tirons les conclusions suivantes du vote ?

– Celui qui crie le plus fort est entendu. Le lavage de cerveau fonctionne aussi dans ce pays….

– Les entreprises et les riches sont les maîtres de la démocratie. Ils disposent toujours de plusieurs fois plus de ressources que leurs adversaires pour présenter leur point de vue au public. Les entreprises n’ont perdu pratiquement aucun vote depuis les années 90. Sommes-nous des Suisses économistes ?

1. octobre 2006/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2021/01/deSwitzerland_Mit_der_Steuerangst_kriegt_man_jeden_rum___10_1_2006komment_resultat_gesundh_html_m2ab005b8.jpg 500 288 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2006-10-01 11:33:542021-01-29 11:35:41Vous pouvez vous adresser à toute personne souffrant d’angoisse fiscale….

Cultiver, pas exploiter

Environnement, Theologie
Lesezeit / Temps de lecture ~ 5 min

Vous donnez un cadeau à quelqu’un et cette personne prend le cadeau et en un rien de temps, il est cassé parce qu’elle a fait des choses avec ce cadeau qui n’étaient pas prévues. Comment vous sentez-vous ? C’est ainsi ou de manière similaire que Dieu se sentira lorsqu’il pensera à ce qu’il nous a confié sa création.

Lecture de textes

« Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout ce qui se meut sur la terre. Genèse 1:28

« Et l’Éternel Dieu prit l’homme, et le mit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder. » Genèse 2:15

Introduction

Dieu a préparé une création glorieuse à partir de rien, à partir du chaos, et nous a ainsi donné, à nous les humains, un habitat dans lequel s’épanouir. En même temps, il nous a placés dans cette création comme une image de sa gloire et l’a confiée à nos soins. Mais qu’en avons-nous fait ? C’est maintenant un secret de polichinelle que nous sommes au bord de l’effondrement écologique. L’espace de vie que Dieu nous a confié devient une zone de mort pour nous, et nous, les chrétiens, ne pouvons pas fermer notre esprit à cela si nous sommes vraiment sérieux sur le fait que cette création est l’œuvre de Dieu.

Dans un premier temps, examinons ouvertement la crise de notre environnement et voyons ensuite quelle est notre mission en tant que chrétiens.

1 La crise

Tout d’abord, rassemblons les moyens par lesquels la création de Dieu est actuellement menacée :

  • Gaz d’échappement (carburants) – Trou d’ozone
  • La surexploitation des matières premières
  • Déchets atomiques et nucléaires
  • Des montagnes de déchets
  • Toxines dans l’eau, la terre et l’air
  • La chimie et ses déchets
  • Déforestation de la forêt tropicale
  • L’extinction de nombreuses espèces animales au quotidien
  • La surpêche des océans
  • Les animaux engraissés avec des antibiotiques rendent les bactéries résistantes
  • Augmentation des maladies respiratoires ; cancer et autres maladies de civilisation

L’habitat que Dieu a créé pour nous a perdu son équilibre dans le monde entier et le plus grand danger de cette crise est que nous devenions immunisés contre elle et que nous ne réagissions plus aux problèmes.

Si nous réfléchissons à l’origine de tous ces problèmes, nous arrivons rapidement à l’un des problèmes principaux : les gens voulaient satisfaire des demandes illimitées avec des possibilités limitées : toujours plus vite, toujours plus, toujours mieux. En outre, les gens ont administré la terre selon les valeurs du développement de la puissance humaine et non selon les normes de la justice divine. Là, nous nous sommes heurtés à un couteau ouvert ; ou pour le dire autrement : avec notre désir de possibilités illimitées, nous scions la branche sur laquelle nous sommes nous-mêmes assis. Au lieu de servir cette création de manière bienveillante, nous avons fait en sorte que la création nous serve et, par conséquent, elle a perdu son équilibre. Nous voulons seulement briser et surmonter les frontières au lieu de vivre dans des frontières. Le progrès n’est pas tout, il y a aussi l’équilibre.

La déclaration de Paul dans Rom. 8:19-23 est plus vraie aujourd’hui que jamais auparavant : toute la création a été touchée et gémit et attend la rédemption.

En tant que chrétiens, nous devons apprendre que lorsque nous parlons de péché humain, nous ne parlons pas seulement de divorce, d’avortement, d’alcool ou d’autres choses, mais de l’exploitation de la création de Dieu, des péchés environnementaux et de la croyance qu’il n’y a pas de limites au progrès. Les péchés environnementaux sont aussi des péchés contre Dieu et contre nos semblables, tout comme l’avortement, le racisme, la pornographie et toute forme d’impiété. Dans le domaine des péchés environnementaux, l’œuvre de Dieu est piétinée quotidiennement, et nous ne pouvons pas nous permettre, en tant qu’église, de nous limiter à quelques questions particulières et de laisser simplement ce domaine à d’autres. Après tout, le soin de la création a été le premier mandat de l’homme et est, pour ainsi dire, sa mission première. Bien sûr, nous savons d’où viennent ces problèmes, et c’est précisément pour cette raison que nous avons une contribution essentielle à apporter. Si pour la congrégation, le soin de la création de Dieu n’est pas un problème juste parce qu’elle est occupée par les Verts, c’est un signe de pauvreté plutôt qu’un signe de spiritualité.

Cela nous conduit maintenant à notre mission de création

2 Notre mission

Notre mission, en un mot, est de préserver et de développer la création de Dieu, l’espace qu’il nous a donné. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas amener Bush ou un autre gouvernement à réduire les émissions de CO2, nous ne pouvons pas amener les entreprises chimiques à déverser leurs matières polluantes dans l’eau, l’air et le sol, et nous ne pouvons pas empêcher les grands abattoirs de donner des antibiotiques à leurs animaux pour qu’ils produisent plus de viande en moins de temps. Je ne sais pas si je suis prêt à abandonner ma voiture, à n’acheter qu’aux agriculteurs et à réduire la quantité de déchets. Bien que tout cela soit très souhaitable et peut-être la seule façon de nous sauver du désastre.

Je crois que l’une de nos premières contributions à la mission de la création de Dieu est d’apprendre à nouveau à vivre avec des limites et à les considérer comme une protection et une aide et non comme une restriction. L’immodéréité et l’illimitation de notre temps conduisent littéralement à une catastrophe immodérée et sans limite et notre volonté d’être modérés, d’accepter des limites, touche au problème de fond. En ce qui concerne la création, la bible dit et redit que Dieu a fixé des limites ; à l’eau, à la terre et à tout ce qui se trouve sur cette terre. Les frontières ne sont pas simplement un défi pour trouver un moyen de les franchir, mais une ligne que Dieu nous a donnée afin qu’elle ne soit pas franchie.

En outre, je crois qu’en tant qu’église, nous devons élever la voix sur les questions environnementales tout autant que contre l’avortement ou le racisme. Dieu nous a donné la nature, qui est sa création, non seulement pour que certains puissent en profiter et en tirer le plus grand profit possible, mais aussi pour qu’elle puisse exister en équilibre afin que tous puissent s’y épanouir. Si nous restons silencieux sur ces questions, nous avons effectivement renoncé à Dieu en tant que créateur de ce monde, quelle que soit la véhémence avec laquelle nous préconisons que Dieu ait créé ce monde en sept jours littéraux. Si nous restons silencieux sur la façon dont nous traitons la création, peu importe qui l’a créée ou à quelle époque.

Et finalement, ce sera toujours une question de style de vie. Nous ne pourrons pas éviter de nous remettre en question de manière critique encore et encore. Le prix des produits plus chers et plus écologiques est peut-être le prix le plus bas à long terme, car le prix des produits bon marché et nocifs pour l’environnement pourrait s’effondrer et entraîner la mort. Encore une fois, nous ne devrions pas vouloir être plus intelligents que Dieu.

Conclusion

Nous devons discuter plus en détail de la manière dont nous pouvons vivre cela en détail, des possibilités et des tâches que nous avons ici en termes concrets, dans les groupes de maison. Mais une chose est sûre : Dieu a confié sa création à nos soins ; c’est aussi une de ces fourches qui nous sont confiées, avec lesquelles nous devons créer. Laisser simplement cela à certains spécialistes est une négligence criminelle de notre mission.

1. octobre 2006/0 Commentaires/par Matthias Wenk
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2021/02/dan-carlson-G86MS2ZsiJA-unsplash-scaled.jpg 1920 2560 Matthias Wenk https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Matthias Wenk2006-10-01 11:16:322021-02-04 11:27:23Cultiver, pas exploiter
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