Les mesures de lutte contre le changement climatique coûtent cher. Avec l’adoption de la loi sur la protection du climat en 2023, la Suisse disposera de 2 milliards de francs par an pour financer ces mesures. Cependant, pour atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050, il est urgent de trouver des moyens financiers supplémentaires. Ces derniers doivent être investis dans un fonds pour le climat, sur lequel le peuple suisse se prononcera le 8 mars 2026.
L’initiative pour un fonds pour le climat vise à créer un fonds d’investissement public dans lequel la Confédération verserait chaque année 0,5 à 1 % du produit intérieur brut (PIB). Cela correspond à environ 4 à 8 milliards de francs par an (Conseil fédéral 2026). Le fonds pour le climat vise à promouvoir les mesures nationales d’adaptation au changement climatique. Ces mesures comprennent, par exemple, le développement des énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments, le soutien au remplacement des systèmes de chauffage fossiles par des technologies modernes (par exemple, les pompes à chaleur), la promotion de la mobilité électrique et la formation initiale et continue de personnel qualifié.
Est-ce économiquement viable ?
L’idée de financer des projets dans le domaine de la durabilité à l’aide d’un fonds d’investissement public n’est pas nouvelle. Les partisans de l’initiative soulignent que dans les années 1970, la construction de grands barrages comme celui du col du Grimsel et l’extension du réseau ferroviaire dans les années 1980 ont été financées à hauteur de 1 à 4 % du PIB. Dans les années 1990, cependant, les finances fédérales se sont tellement déséquilibrées qu’une énorme dette s’est accumulée (DFF 2024). Le Parlement et le Conseil fédéral ont convenu qu’il fallait des règles concrètes en matière de dépenses. Ce mécanisme de contrôle des dépenses totales de la Confédération est appelé « frein à l’endettement ».
Le frein à l’endettement se réfère aux recettes correspondant à la situation économique et limite ainsi les dépenses (DFF 2024). Une augmentation des dépenses n’est possible que si leur financement est assuré par des recettes ou des renoncements.
Pendant la pandémie de coronavirus, le frein à l’endettement a atteint ses limites pour la première fois depuis sa mise en place, car la Confédération a dû débloquer environ 35 milliards de francs pour atténuer les conséquences économiques (DFF 2025). Ces dettes devraient être remboursées d’ici 2035, ce qui devrait permettre de rééquilibrer le budget fédéral. La question se pose donc de savoir si les opposants à l’initiative craignent, compte tenu de la charge déjà existante du budget fédéral due à la dette liée à la pandémie, que le fonds pour le climat n’entraîne un endettement plus important et une augmentation des impôts (Conseil fédéral 2026).
Aborder l’avenir avec courage plutôt qu’avec crainte
Il est certainement judicieux de garder à l’esprit les craintes des opposants à l’initiative lorsqu’il s’agit d’introduire le fonds pour le climat. En effet, on ne peut nier que le frein à l’endettement est responsable du faible niveau d’endettement de la Suisse en comparaison internationale (DFF 2025). Par exemple, le ratio d’endettement public net n’est que de 17,2 % du PIB, ce qui est très faible. Cependant, nous devons également penser aux dépenses liées aux conséquences du changement climatique, qui augmenteront considérablement à l’avenir (Les Verts Suisse et PS Suisse 2026). On observe déjà aujourd’hui des dommages causés par la chaleur dans les forêts, le recul des glaciers et l’instabilité des versants montagneux qui en résulte, ainsi que des pertes économiques dues au manque de neige dans les régions touristiques hivernales. Les dommages causés par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les glissements de terrain peuvent être considérablement réduits grâce à des mesures de protection ciblées. Le fonds pour le climat offre donc la possibilité d’éviter des dépenses importantes en cas de dommages grâce à des investissements précoces, ce qui peut avoir un effet positif sur le budget de l’État (SRF 2026). Il vaut donc la peine d’avancer courageusement vers un avenir incertain plutôt que de rester immobile, paralysé par des craintes financières.
Socialement équitable
Le projet soumis au vote prévoit également deux mesures concrètes visant à rendre le fonds pour le climat socialement équitable. Premièrement, le fonds crée et garantit des emplois (SRF 2026). En effet, la mise en œuvre des mesures de lutte contre le changement climatique nécessite des spécialistes dans différents domaines. Ces spécialistes doivent être formés et perfectionnés par le fonds. À cette fin, ils reçoivent des contributions financières pour compenser la perte de revenu pendant la période de formation.
Deuxièmement, les administrations communales, les entreprises et les particuliers peuvent déjà bénéficier aujourd’hui de subventions pour l’installation de systèmes photovoltaïques et de systèmes de chauffage durables, la rénovation énergétique de bâtiments, etc. Le site energiesuisse offre par exemple un aperçu précieux des subventions disponibles. L’acceptation de l’initiative sur le fonds climatique permettrait d’augmenter encore ces possibilités de subventions, dont pourraient également bénéficier les personnes à faibles revenus et disposant d’un patrimoine modeste (Der Zeitgenosse 2026).
Intéressant sur le plan écologique
Le renforcement de la biodiversité constitue une autre mesure passionnante qui doit être soutenue par le fonds pour le climat. Dans de nombreuses villes suisses, des arbres mobiles sont désormais utilisés en été pour fournir de l’ombre et rafraîchir les places publiques. Dans la mesure du possible, des arbres résistants à la chaleur sont plantés. Outre leur effet rafraîchissant, les arbres servent de réservoirs naturels de CO2 et d’habitat pour les insectes, les oiseaux et les mammifères.
Développement durable
Le projet de loi sur le fonds pour le climat répond aux trois piliers du développement durable : il est bien pensé et compatible sur les plans économique, social et écologique. ChristNet le salue, car nous y voyons une chance de lutter de manière préventive contre le changement climatique et d’emmener avec nous dans cette voie les personnes qui disposent de peu de ressources financières.
Indépendamment du vote, il vaut la peine de prier pour la Suisse : pour que le Parlement fédéral fasse preuve de sagesse dans la gestion de la dette, pour les personnes déjà touchées par les conséquences du changement climatique et pour que la confiance en Dieu prévale face à un avenir incertain.
Sources
Le Conseil fédéral (2026). Le portail du gouvernement suisse. Initiative sur le fonds pour le climat. Lien : https://www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/abstimmungen/20260308/klimafonds-initiative.html (état au 4 février 2026)
Der Zeitgenosse (2026) : Initiative pour un fonds climatique. Votation populaire fédérale, 8 mars 2026. Youtube. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=zle0hoSHt8A (état au 28 janvier 2026).
Département fédéral des finances DFF (2024) : Le frein à l’endettement. Lien : https://www.efd.admin.ch/de/schuldenbremse (état au 13 février 2024).
Département fédéral des finances DFF (2025) : Dette fédérale. Bundesschulden. Lien : https://www.efd.admin.ch/de/bundesschulden (état au 10 février 2026).
SuisseEnergie : Contributions d’encouragement et possibilités de subventions (2026). Lien : https://www.energieschweiz.ch/foerderung/ (état au 4 février 2026).
Les Verts Suisse et le PS Suisse (2026) : Oui à l’initiative sur le fonds pour le climat. Lien : https://www.klima-fonds.ch/ (état au 4 février 2026).
Radio Télévision Suisse SRF (2026) : Le fonds climatique public doit rendre la Suisse climatiquement neutre d’ici 2050. Lien : https://www.srf.ch/news/schweiz/abstimmung-am-8-maerz-staatlicher-klimafonds-soll-schweiz-bis-2050-klimaneutral-machen (état au 13 janvier 2026).
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