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L’UDC, un parti écologiste : vraiment ?

Economie, Justice, Politique, Social, Société, Theologie
Lesezeit / Temps de lecture ~ 8 min

Le 14 juin, la Suisse se prononcera sur l’initiative « Non à une Suisse à 10 millions d’habitants », également appelée « initiative pour la durabilité ». L’article suivant montre qu’elle est tout sauf porteuse d’avenir, mais qu’elle se contente simplement de gérer les problèmes.

Chaos routier, perte de terres agricoles, voire réchauffement climatique : l’UDC ressemble désormais « à une association écologiste radicale », comme le constate la NZZ am Sonntag. 1 Même le vieux briscard de l’UDC Christoph Mörgeli découvre son côté éco-romantique : « La nature, le paysage et ce que nous appelons notre patrie souffrent… » Et : « Lorsqu’un sol bétonné perd sa perméabilité, cela contribue autant au réchauffement climatique qu’à la perte de la biodiversité (…). » 2 Pourtant, le parti lutte également avec acharnement contre l’instrument sans doute le plus efficace pour lutter contre l’étalement urbain et préserver la nature digne d’être protégée, à savoir la loi sur l’aménagement du territoire. Si la loi révisée a finalement été approuvée par tous les partis et n’est entrée en vigueur que cette année, l’ordonnance d’application est combattue par l’UDC à coups d’une multitude d’objections.

Qu’il s’agisse de greenwashing ou d’un autre cadrage : en fin de compte, l’initiative « Non à une Suisse à 10 millions d’habitants » est elle aussi une initiative anti-asile, ce que les membres de l’UDC admettent d’ailleurs eux-mêmes. 3 Elle poursuit donc le même objectif que l’initiative contre l’immigration de masse, l’initiative sur le renvoi et l’initiative sur l’application de la loi – tout comme l’initiative contre la surpopulation étrangère, déposée en 1968 par l’Action nationale sous la houlette de James Schwarzenbach.

Il est incontestable que la forte croissance démographique de la Suisse – dont 75 % provient des pays de l’UE et de l’AELE – pose des problèmes. Il est difficile de trouver des logements abordables dans certaines localités, et faire la navette cinq jours par semaine n’est pas une partie de plaisir. Mais les demandeurs d’asile n’en sont pas la cause – ou seulement dans une très faible mesure – et la solution ne consiste pas non plus à remettre le domaine de l’asile dans la ligne de mire.

Le contexte

Croissance démographique

Ces dernières années, la Suisse a connu une croissance bien plus forte que l’Allemagne, par exemple. C’est vrai ! L’immigration en provenance de l’UE a notamment été importante : aucun autre pays européen – à l’exception des petits États que sont Malte, le Luxembourg et l’Islande – n’a enregistré une augmentation aussi forte en proportion en provenance de l’UE. Il existe toutefois d’importantes disparités régionales. Ce sont surtout les agglomérations qui ont grandi, les villes elles-mêmes n’ayant connu qu’une légère croissance, tandis qu’un exode s’opère dans les régions de montagne. Une partie de la croissance dans le Mittelland est également due à la migration interne, notamment en provenance des cantons des Grisons et du Tessin.4 De plus, la Suisse se trouve sur un «îlot de croissance» européen, comme le dit le démographe Matthias Lerch. 5 En réalité, il s’agit de bien plus qu’un îlot : un vaste territoire doté de centres économiquement dynamiques, qui s’étend de Londres aux pays du Benelux, en passant par la Rhénanie allemande, le sud de l’Allemagne et la Suisse, jusqu’au nord de l’Italie, également connu sous le nom de « banane bleue ».6 Les prévisions de l’Office fédéral de la statistique tablent sur une population atteignant 10,5 millions d’habitants en 2055 dans le scénario normal – et sans les mesures de l’initiative ; dans le scénario bas, le chiffre commence à baisser légèrement à partir de 2043 après avoir atteint un pic de 9,3 millions ; et ce n’est que dans le « scénario haut » que l’on atteindra 11,5 millions en 2055. 7

Des problèmes réels sans solutions durables

L’UDC aborde certains problèmes réels liés à l’immigration. Mais l’initiative n’est pas une solution durable. Si c’était un examen de maths, on devrait sans doute lui attribuer un 3 : rédigée à la hâte et largement dépourvue de logique interne. Prenons simplement le domaine de l’asile : peut-être que, grâce à quelques astuces contraires à l’éthique, on parviendrait à réduire le nombre de demandes d’asile et à expulser les personnes admises à titre provisoire. Si le « scénario haut » se concrétisait, cela serait toutefois loin d’être suffisant. La résiliation de l’accord sur la libre circulation des personnes sera inévitable. La Suisse sera ainsi également exclue du système Schengen/Dublin et de la base de données européenne d’identification. Il faut s’attendre dès lors à une forte augmentation des demandes d’asile, accompagnée d’un « exode » des citoyennes de l’UE. Pourquoi ?

Regard sur la Grande-Bretagne

Après que les îles britanniques ont dénoncé les traités avec l’UE dans le cadre du Brexit, ce sont surtout les couches les moins aisées de la population qui ont connu des difficultés économiques. Les vols à l’étalage motivés par la détresse se sont multipliés. La migration n’a pas diminué, mais a au contraire fortement augmenté. Et elle s’est déplacée : alors que de nombreux citoyens de l’UE quittaient l’île en raison des incertitudes causées par le Brexit, davantage de personnes sont arrivées de pays hors d’Europe, comme l’Inde, le Pakistan ou le Nigeria, et le nombre de demandeurs d’asile a considérablement augmenté, avec un record de 104 000 demandes d’asile en 2024. 8 Alors qu’avant 2018, il n’y avait pratiquement pas d’arrivées par la Manche en petits bateaux, 193 000 personnes, sans compter les cas non recensés, ont emprunté cette voie entre 2018 et 2025.9 C’est aujourd’hui le populiste de droite Nigel Farage qui en profite, lui qui avait contribué à la victoire de la campagne pour le Brexit avec des promesses grandiloquentes. Pourquoi la Suisse connaîtrait-elle un sort différent, d’autant plus qu’elle est limitrophe de quatre pays de l’UE ?

Évolution démographique

La population vieillit de plus en plus, tandis que le nombre de naissances ne cesse de diminuer. Cette tendance s’observe dans toute l’Europe et est pratiquement irréversible. La pression financière sur la jeune population active s’en trouve accrue sous forme d’impôts et de cotisations sociales. Parallèlement, les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre que sont les soins aux personnes âgées et la santé en général ne pourraient guère fonctionner sans une immigration importante. À l’heure actuelle, 40 % des médecins en Suisse et 25 % du personnel soignant ont été formés à l’étranger – ce qui n’est pas non plus une situation équitable.10

Le cœur du problème de l’initiative

En 1970, James Schwarzenbach a prononcé un discours à Sempach, lieu de la légendaire bataille de 1386 : ce ne sont plus les chevaliers des Habsbourg, mais les travailleurs étrangers qui envahissent désormais l’espace restreint de la Suisse. 11 Fils d’un riche industriel du textile, admirateur de Franco et de Mussolini12 et conseiller national de l’Action nationale, il avait été le visage de l’initiative contre la surpopulation étrangère et n’avait perdu le vote que de justesse peu avant son discours à Sempach. Il savait diviser les gens et attiser leurs émotions avec des slogans tels que « nous contre eux » et « nous contre ceux d’en haut ».

« La politique démographique hiérarchise les vies, les classe par ordre d’importance. Celle des autochtones prime sur celle des étrangers, celle des vivants sur celle des enfants à naître, celle des riches sur celle des pauvres », écrit Matthias Daum dans le magazine « Die Zeit ».13 Il me semble que c’est là que réside le cœur du problème éthique.

Car c’est exactement ce que les populistes de droite veulent nous faire croire depuis toujours : les étrangers, surtout les « migrants demandeurs d’asile », sont différents.

Car c’est exactement ce que les populistes de droite veulent nous faire croire depuis toujours : les étrangers, surtout les « migrants demandeurs d’asile », sont différents. Ils seraient culturellement incompatibles avec la Suisse, un fardeau pour la société, bien plus criminels et donc un danger pour nous tous. Conclusion : nous devrions limiter leur nombre et les distinguer juridiquement autant que possible des « vrais » Suisses. De là, il n’y a qu’un pas vers la rhétorique déshumanisante du fascisme, qui rend acceptables des termes tels que « virus », « vermine » ou « plante étrangère » dans le contexte de la migration. 14 Or, les immigrés sont bien plus que cela : ce sont des travailleurs – pour autant qu’ils y soient autorisés – qui souhaitent satisfaire leur employeur ; des mères et des pères qui souhaitent que leurs enfants grandissent sans souci et bénéficient d’une bonne éducation ; des personnes avec des peurs et des rêves – comme nous tous. Étonnamment, c’est une éthique très ancienne, celle de la Torah juive, les cinq livres de Moïse dans la Bible, qui s’applique ici. À plusieurs reprises, les Israélites sont exhortés à traiter les étrangers comme leur propre peuple.15 Ils ne devaient pas être exploités et pouvaient, par exemple, bénéficier du repos sabbatique – comme tous les Israélites. Les Israélites devaient même les aimer. 16 La justification en est très intéressante : des expériences communes mènent à l’empathie et à l’égalité de traitement : « N’exploitez pas les étrangers qui vivent parmi vous. Vous savez bien ce que ressent un étranger, car vous avez vous-mêmes vécu en Égypte comme des étrangers. » 17 Cela ne s’applique-t-il pas également à la Suisse – aujourd’hui un pays d’immigration, mais jusqu’au XIXe siècle un pays d’émigration pour des raisons économiques ?

Dans ce contexte, il est difficile, en tant que chrétien ou chrétienne, de soutenir cette initiative qui vise à refuser le regroupement familial aux demandeurs d’asile et aux réfugiés reconnus18 et à priver les personnes admises à titre provisoire de toute perspective.

Le fait que les étrangers titulaires de contrats de travail de courte durée soient exemptés du plafonnement et soient donc attractifs pour les employeurs fait craindre un retour au statut de saisonnier. Jusqu’en 2002, la Suisse a profité des saisonniers d’Europe du Sud – une « inhumanité fondamentale. On voulait le travail, pas les gens. Les mains, pas les âmes. La productivité, pas la communauté. » 19

Si ce n’est pas cela, alors quoi ?

Comment pouvons-nous atténuer les conséquences négatives de l’immigration, voire réduire le nombre d’immigrants lui-même, sans recourir aux méthodes brutales et problématiques de l’« initiative pour la durabilité » ?

C’est sans doute la question la plus difficile. Je ne suis pas spécialiste du marché immobilier, de l’aménagement du territoire ou des accords conclus avec l’UE. Mais il me semble qu’il doit bien exister des instruments qui nous aideraient à résoudre ces problèmes de manière plus humaine. Par exemple, la loi révisée sur l’aménagement du territoire, une planification intelligente et coordonnée du développement des infrastructures, éventuellement la clause de sauvegarde de l’accord sur la libre circulation des personnes, une meilleure intégration sur le marché du travail des travailleurs âgés, des chômeurs de longue durée et des personnes relevant du domaine de l’asile. Ce serait là un défi qui en vaudrait la peine pour tous les groupes de travail et les think tanks actifs en Suisse !


1. « Märchenstunde im Heidiland », NZZ am Sonntag du 29 mars 2026

2. « Massenzuwanderung heisst Wohlstandsverlust », Die Weltwoche, 9 avril 2026

3. Thomas Matter affirme ainsi que l’ALCP est « un moyen de pression pour que les choses changent réellement ». L’initiative vise principalement la migration sociale.

4. « La Suisse connaît une croissance plus forte que l’Europe ». Tagesanzeiger, 28 avril 2026

5. « La Suisse que les initiants ont en tête n’existe plus ». Watson.ch, 19 avril 2026 https://www.watson.ch/wissen/wirtschaft/469181907-initiative-zur-10-millionen-schweiz-so-entwickelt-sich-die-bevoelkerung

6. La carte suivante montre bien que le Plateau suisse est loin d’être la seule grande agglomération densément peuplée d’Europe occidentale : https://human-settlement.emergency.copernicus.eu/visualisation.php#lnlt=@50.40152,7. 12353,6z&v=301&ln=0&gr=ds&lv=10000000000000000000000000000000000000011111& amp;lo=aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa&pg=V (12/05/2026)

7. https://bevoelkerungsszenarien.bfs.admin.ch/ (12/05/2026)

8. « Après le Brexit, la Grande-Bretagne a perdu le contrôle de l’immigration. » Tagesanzeiger, 30/03/2026

9. Statistiques sur l’asile. https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/sn01403/ (12/05/2026).

10. « L’Europe et la Suisse dépendent de la migration » ; Watson.ch, 18 avril 2026

11. « Quand la liberté de circulation est devenue l’exception. » https://www.infosperber.ch/gesellschaft/migration/wie-viele-menschen-duerfen-kommen/ (11 mai 2026)

12. « L’initiative Schwarzenbach » dans : Commission fédérale des migrations : « Discours sur l’étranger », 2020

13. « Y a-t-il encore de la place ? » Zeit n° 18/2026 du 03/05/2026

14. C’est ainsi que James Schwarzenbach désignait les « travailleurs étrangers » dans une publication de 1971. « L’initiative Schwarzenbach » dans : Commission fédérale des migrations : « Discours sur l’étranger », 2020

15. Ex 12,49 ; Nb 15,15-16

16. Deutéronome 10,19 ; Lévitique 19,34

17. Exode 23,9

18. Convention européenne des droits de l’homme, https://www.coe.int/de/web/impact-convention-human-rights/right-to-family-life ; 
Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, https://www.unicef.ch/de/wer-wir-sind/kinderrechtskonvention ; Convention de Genève relative au statut des réfugiés

19. « Y a-t-il encore de la place ? » Zeit n° 18/2026 du 03/05/2026

22. mai 2026/0 Commentaires/par Martin Züllig
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/05/20813023.jpg 956 1700 Martin Züllig https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Martin Züllig2026-05-22 12:18:592026-05-22 12:22:21L’UDC, un parti écologiste : vraiment ?

Non à l’affaiblissement du service civil

Economie, Justice, Politique, Santé, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 2 min

Le 14 juin 2026, nous voterons sur une modification de la loi sur le service civil. Les partis bourgeois ont approuvé une modification législative visant à affaiblir le service civil. Un référendum a désormais été lancé contre cette mesure.

Le service civil est un modèle de réussite. Introduit en 1996 après une longue lutte, il a donné à des milliers de jeunes hommes la possibilité d’accomplir un service civil au service de la communauté plutôt que de faire leur service militaire. De plus, il permet à de nombreuses organisations d’accueil de fournir les prestations dont elles ont besoin.

Le PEV, les Verts, le PS et le PVL rejettent la révision sur laquelle le peuple suisse se prononcera le 14 juin. Diverses organisations, telles que l’association du service civil CIVIVA, ont joué un rôle déterminant dans la collecte des signatures pour le référendum.

La modification de la loi comprend six mesures :

  • Nombre minimum de 150 jours de service, même après avoir accompli une partie du service militaire.
  • Le coefficient de 1,5 jour de service civil par jour de service militaire s’applique également aux sous-officiers et aux officiers.
  • Pas de missions nécessitant des études de médecine humaine, dentaire ou vétérinaire.
  • Pas d’admission des militaires ayant 0 jour de service restant. Il n’est donc plus possible de contourner l’obligation de tir.
  • Obligation d’engagement annuel à compter de l’admission, ce qui aligne le rythme du service sur celui du service militaire et du service civil.
  • Obligation d’achever la longue mission au plus tard au cours de l’année civile suivant l’admission définitive, si la demande a été déposée pendant l’ER. Dans la législation actuelle, cela pouvait également se faire plus tard.

Ces mesures ont des répercussions diverses, mais dans l’ensemble, elles sont radicales. Le Conseil fédéral et la majorité parlementaire tablent sur une réduction de 40 % du nombre de jours de service civil grâce à ces mesures. Si cet objectif n’était atteint que de manière approximative, cela ne servirait pas non plus les intérêts de l’armée elle-même. Au contraire, le risque serait grand de voir de nombreuses personnes se rabattre sur la « voie bleue ». Le calcul de la Confédération ne tiendra donc pas la route.

Ce qui est toutefois déterminant, c’est qu’il y a et qu’il y aura aujourd’hui et à l’avenir plus qu’assez de militaires. Les chiffres de la Confédération le montrent clairement. L’effectif réel de l’armée s’élève à environ 146 700 personnes, alors que l’effectif fixé par la loi est de 140 000. La révision de la loi ne peut donc être comprise que comme une volonté délibérée de détériorer les conditions du service civil.

Notre pays a besoin d’une armée, il a besoin d’une protection civile pour les hommes inaptes au service militaire, mais surtout d’un service civil qui serve les jeunes hommes concernés et apporte le soutien en personnel nécessaire aux organismes d’affectation, notamment dans les domaines social et de la santé, de l’environnement et de l’éducation.

La solution actuelle est bonne. La conscience ne peut toujours pas être sérieusement mise à l’épreuve. Quiconque effectue un service civil 50 % plus long que le service militaire prouve que sa motivation pour le service civil est sérieuse.

19. mai 2026/0 Commentaires/par Heiner Studer
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/05/zivildienst_pexels_293819023-FR.jpg 956 1700 Heiner Studer https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Heiner Studer2026-05-19 12:03:582026-05-19 12:06:00Non à l’affaiblissement du service civil

L’initiative sur la place financière a abouti

Economie, Politique, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 3 min

L’initiative populaire fédérale « Pour une place financière suisse durable et tournée vers l’avenir (Initiative pour une place financière durable) » a abouti avec plus de 145’000 signatures. Le nombre requis de signatures a été récolté avec succès. En collaboration avec la coalition « Chrétiens pour la protection du climat », ChristNet soutient cette initiative. ChristNet et la coalition « Chrétien.ne.s pour la protection du climat » soutiennent cette initiative.

ChristNet et la coalition « Chrétien.ne.s pour la protection du climat » soutiennent l’initiative pour trois raisons principales :

Premièrement, l’initiative exige une économie juste et écologique. Aujourd’hui encore, des capitaux en provenance de Suisse sont investis dans des projets qui nuisent au climat et à la biodiversité. Cela va à l’encontre de la responsabilité envers la création et de la dignité de toutes les personnes, en particulier de celles qui souffrent le plus des conséquences de la crise climatique.

Deuxièmement, le secteur financier dispose d’un pouvoir d’influence considérable. Les banques, les assurances et les caisses de pension peuvent, par leurs investissements, faire avancer de manière décisive la transition vers une économie durable. L’initiative garantit que cette responsabilité soit assumée et mise en oeuvre de manière transparente.

Troisièmement, l’initiative place le bien commun au-dessus des intérêts de profit à court terme. Une politique financière durable contribue à réduire les dommages à long terme, tels que les phénomènes météorologiques extrêmes, les migrations et les conflits, et à garantir un avenir digne d’être vécu pour toutes et tous.

Une place financière à portée mondiale

La place financière suisse joue un rôle central au niveau international. L’initiative exige qu’elle aligne systématiquement ses activités sur les objectifs internationaux en matière de climat et de biodiversité. Les banques, les assurances et les autres acteurs financiers ne doivent plus investir dans les énergies fossiles ni dans d’autres projets nuisibles au climat. Les capitaux doivent au contraire être dirigés vers des projets favorisant un avenir durable. Une économie financière responsable constitue un levier essentiel pour faire face à la crise climatique et environnementale et protéger les générations futures.

« La Suisse porte une responsabilité globale avec sa place financière. Il n’est pas acceptable que des investissements continuent d’alimenter des projets qui aggravent la crise climatique et détruisent les moyens de subsistance de nombreuses personnes », déclare Yvan Maillard-Ardenti, responsable thématique pour la justice climatique auprès d’EPER.

Les exigences s’adressent aux banques, aux assurances, aux institutions de prévoyance et à d’autres acteurs du secteur financier. L’accent est mis sur les impacts tout au long de la chaîne de valeur, notamment en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre et la biodiversité.

Vivre concrètement les valeurs chrétiennes

Pour « Chrétien·ne·s pour la protection du climat », l’initiative constitue un moyen concret de traduire les valeurs chrétiennes dans l’action économique. Elle allie la responsabilité envers la création à l’engagement pour la justice globale et la solidarité.

« En tant que chrétien·ne·s, nous portons la responsabilité de préserver la création. L’Initiative pour une place financière durable est une possibilité concrète d’assumer cette responsabilité aussi dans nos pratiques économiques et de la mettre en oeuvre politiquement », explique Milena Hartmann, responsable de service et déléguée à l’environnement auprès d’oeco Églises pour l’environnement.

Le soutien à l’initiative est ainsi un signe visible d’une foi qui assume sa responsabilité envers la création et s’engage pour un avenir juste et digne d’être vécu pour toutes les personnes.

Les organisations chrétiennes sont appelées à agir

Face à la crise climatique et environnementale, les Églises et les organisations chrétiennes sont appelées à prendre position et à s’engager pour la justice, l’amour du prochain ainsi que pour une vie bonne et épanouie pour tous les êtres vivants. Dans un monde globalisé, les destins des personnes sont liés entre les différentes régions du globe. Assumer la responsabilité envers la planète et ses limites fait partie de la responsabilité de foi des chrétien·ne·s.

Source : Communiqué de presse de la coalition « Chrétien·ne·s pour la protection du climat »

20. avril 2026/0 Commentaires/par ChristNet
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/04/place-de-financiere-2931083.jpg 770 1700 ChristNet https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg ChristNet2026-04-20 09:39:552026-04-20 09:39:55L’initiative sur la place financière a abouti

Travail : une nouvelle attaque contre le dimanche sous le prétexte de la « modernisation »

Economie, Justice, Santé, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 4 min

Depuis la pandémie de «coronavirus» au plus tard, le télétravail s’est largement généralisé. Au Conseil national, les organisations patronales ont profité de cette situation pour proposer une réforme visant à assouplir le cadre du travail et le repos dominical, et présentent leur idée comme un progrès pour les travailleurs.

Mais la réalité est tout autre : la pression en faveur d’une plus grande flexibilité et d’un mélange entre vie professionnelle et vie familiale s’intensifierait en cas de mise en œuvre, et le dimanche s’éroderait massivement. Quelle valeur les Églises accordent-elles au dimanche ? Lire la suite

19. mars 2026/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/03/vitaly-gariev-bl7h_R-PKpU-unsplash-scaled.jpg 1440 2560 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2026-03-19 12:07:512026-03-19 12:13:22Travail : une nouvelle attaque contre le dimanche sous le prétexte de la « modernisation »

L’augmentation des budgets de défense est un prélude à la guerre, et non à la paix

Economie, Environnement, Politique, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 5 min

Si vis pacem, para bellum (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »). Cet adage latin bien connu reflète la sagesse populaire qui voit dans la préparation à la guerre la meilleure solution pour garantir la paix. La logique est la suivante : si la guerre menace, il faut armer la population pour la préparer à répondre au conflit, ce qui lui permettra de protéger les faibles et donc d’apporter ou de maintenir la sécurité pour tous. Cette logique pousse de nombreuses nations à augmenter massivement leurs budgets militaires.

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16. mars 2026/0 Commentaires/par Salome Richir-Haldemann
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/03/ehmitrich-LJH9nSbkHrE-unsplash-scaled-e1773664144690.jpg 1438 2560 Salome Richir-Haldemann https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Salome Richir-Haldemann2026-03-16 13:26:402026-03-16 13:35:03L’augmentation des budgets de défense est un prélude à la guerre, et non à la paix

Éthique environnementale : la soif d’énergie de l’IA est encore son moindre problème

Developement, Dossiers, Economie, Environnement, Pouvoir de l'information, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 6 min

Pour le bon Samaritain, l’amour du prochain était très direct : quelqu’un gisait sur son chemin, saignant et souffrant. Au XXIe siècle, l’amour du prochain est devenu complexe, et rien ne l’illustre mieux que l’intelligence artificielle (IA). Grâce à l’IA, nous pouvons causer des souffrances incommensurables – ou les empêcher. Mais lorsque nous le faisons, c’est surtout de manière indirecte.

Les gros titres sont omniprésents : le journal « Finanz und Wirtschaft » parle de l’explosion de la demande en électricité due à l’IA1 , la télévision suisse débat pour savoir si remercier l’IA pour une réponse est un gaspillage d’énergie2 , et ma propre université de Fribourg m’encourage à faire preuve de retenue dans l’utilisation de l’IA3 .

L’impact environnemental direct de l’IA est faible

Mais cette impression est trompeuse : l’impact environnemental direct de l’utilisation personnelle de l’IA est négligeable. Si l’IA avait rédigé ce texte, cela aurait nécessité plus de cent fois moins d’énergie que si mon ordinateur portable et moi-même avions créé ce texte ensemble4 . Si vous lisez ce texte sur votre ordinateur portable en dix minutes, cela consomme autant d’énergie que dix requêtes d’IA5 . La lecture à l’écran n’est même pas le principal responsable. La production d’un livre physique consomme autant d’énergie que 6000 requêtes d’IA6 . Il en va de même pour la consommation d’eau. Un livre de 400 pages nécessite autant d’eau qu’un million de requêtes IA7 .

Dans le détail, ces chiffres sont certes tous très incertains (et ils se réfèrent principalement à des requêtes textuelles, et non à des requêtes image/vidéo). Mais l’ordre de grandeur n’est pas incertain. En tant qu’individus, nous pouvons faire beaucoup pour l’environnement, par exemple en votant, en faisant des dons, en adoptant un régime végétarien ou en renonçant aux voyages en avion et autres déplacements, mais pas en renonçant aux requêtes IA.

Si l’utilisation de l’IA ne représente qu’une petite fraction de l’empreinte écologique de chacun d’entre nous, il en va de même pour l’empreinte de l’humanité dans son ensemble. En 2024, les centres de données IA étaient responsables de moins d’un millième des émissions mondiales de CO2, soit environ cinquante fois moins que la production de ciment8 . Cette estimation est très incertaine et concerne surtout l’année 2024. En matière d’IA, cela remonte à l’âge de pierre. Mais l’avenir est moins dramatique qu’on ne le présente souvent. Même si la consommation électrique des centres de données double en 2030, comme le prévoit l’Agence internationale de l’énergie, cela ne représentera « que » 3 % de la consommation mondiale9 . De plus, nous voyons des solutions plus claires pour une production propre dans le domaine de l’électricité que dans des secteurs tels que le ciment, l’acier, le transport aérien ou l’agriculture10 .

L’IA est tout sauf inoffensive

Mais il y a un gros « mais ». Si l’impact direct de l’IA sur l’environnement est peut-être faible, son impact indirect ne l’est pas. L’IA pourrait bouleverser notre monde, et si elle le fait, cela ne se fera pas sans affecter l’environnement.

« Les effets directs de l’IA sur l’environnement sont peut-être minimes, mais ses effets indirects ne le sont pas. »

Les économistes s’attendent généralement à ce que l’IA stimule sensiblement la croissance économique11 . Les voitures autonomes pourraient contribuer à augmenter le volume du trafic. L’IA pourrait renforcer les régimes totalitaires, car elle leur permettrait de mieux contrôler la population, ou saper les régimes démocratiques en concentrant le pouvoir économique – deux scénarios qui constitueraient une menace pour la réglementation politique des problèmes environnementaux. Les effets de ce type ont sans doute un impact bien plus important que les émissions des centres de données eux-mêmes.

Bien sûr, le contraire pourrait également se produire. Si l’IA permet de raccourcir et de fluidifier les trajets dans Google Maps, c’est bon pour l’environnement. De même, il est bon pour la durabilité que l’IA accélère la recherche sur les technologies propres, diffuse des informations factuelles dans les débats environnementaux polarisés et idéologiques ou permette de mieux prévoir les tempêtes et les sécheresses.

Je ne vois actuellement aucune preuve particulièrement solide indiquant que les effets indirects de l’IA sur l’environnement sont globalement bons ou mauvais. Mais je vois des preuves solides indiquant qu’ils pourraient être importants : soit très bons, soit très mauvais. Contrairement aux effets directs des centres de données, l’éventail des conséquences possibles est énorme. La raison est simple : l’IA a de nombreuses capacités. Si je devais parier, je parierais que l’IA sera plus transformatrice que des innovations technologiques telles que la radio, le laser ou le GPS, et même que l’Internet ou l’électricité.

Si nous ne considérons pas uniquement les conséquences environnementales de l’IA, mais examinons plus globalement ses effets sur la dignité et le bien-être des créatures de Dieu, alors des déclarations un peu plus claires sont possibles. À l’heure actuelle, en effet, des scénarios radicalement négatifs – y compris une perte de contrôle sur cette technologie – ne peuvent être exclus avec une probabilité suffisamment élevée pour compenser les éventuelles conséquences positives pour l’avenir. Le lauréat du prix Nobel Geoffrey Hinton, l’un des trois « parrains » de l’IA, a publiquement estimé à 10-20 % la probabilité d’une extinction de l’humanité causée par l’IA au cours des trois prochaines décennies12 . Dans une enquête menée auprès de plus de deux mille membres de la communauté des chercheurs en IA, un tiers d’entre eux ont estimé à au moins 10 % la probabilité que l’IA conduise à un résultat aussi grave que l’extinction de l’humanité13 .

Un tel danger ne peut être compensé par presque rien. Même si l’IA pourrait reléguer les sécheresses, la dépression et les dictateurs dans les livres d’histoire, les risques négatifs sont actuellement trop élevés pour que nous soutenions cette technologie.

Conclusion

La conclusion est donc la suivante :

  1. Les effets directs de l’IA sur l’environnement sont faibles.
  2. Les effets indirects de l’IA sur l’environnement pourraient être très importants, tant dans le sens positif que négatif.
  3. Les autres effets de l’IA pourraient également être très positifs ou très négatifs. Cependant, les conséquences négatives potentielles sont si graves et si difficiles à exclure que nous devrions faire preuve d’une grande prudence à l’égard de l’IA.

Ou, pour le résumer en un slogan : le scepticisme vis-à-vis de l’IA est justifié …

mais pas parce que l’IA consomme beaucoup d’énergie (sans même apporter quoi que ce soit, puisqu’elle ne sait rien faire) ;
mais précisément parce que l’IA peut faire beaucoup (sans même consommer beaucoup d’énergie).

Et une conclusion qui va au-delà de l’IA

On pourrait considérer comme une heureuse coïncidence le fait que les impacts environnementaux directs de l’IA soient souvent surestimés. Car après tout, cette surestimation alimente le scepticisme à l’égard de l’IA – et ce scepticisme est justement justifié ! Conclusion correcte, raisonnement erroné.

Mais je ne pense pas qu’il faille se réjouir de cette surestimation. En fin de compte, il est payant de s’efforcer de saisir la réalité avec précision. Les effets de nos actions sont devenus beaucoup plus complexes au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, ceux qui veulent servir leur prochain devraient consacrer la moitié de leur temps à évaluer comment ils peuvent réellement le servir, et seulement l’autre moitié à mettre ces idées en pratique. Nous pratiquons ainsi une charité plus efficace que si nous agissons à l’aveuglette, par exemple en renonçant aveuglément aux demandes d’IA, alors que celles-ci pourraient nous aider à servir notre prochain.

Le monde n’est pas devenu si confus que nos efforts pour mieux le comprendre ne valent plus la peine. Nous pouvons continuer à évaluer ce qui aide beaucoup notre prochain et ce qui l’aide peu. Pour cela, il est toutefois nécessaire que nous :

  • écoutions moins notre intuition, qui surestime les effets directs et visibles, et écoutions davantage les experts (soigneusement sélectionnés) ;
  • accordions moins d’importance au fait qu’une chose ait un effet positif ou négatif, et accordions davantage d’importance à l’ampleur de ces effets ;
  • croyons moins aux récits manichéens globaux et immuables et soyons plus ouverts aux nouvelles données et arguments qui ne cadrent pas avec notre vision du monde actuelle.

Sources

1 : https://www.fuw.ch/ai-boom-laesst-strombedarf-explodieren -855216581552

2. https://www.srf.ch/sendungen/kassensturz-espresso/espresso/ kuenstliche-intelligenz-hoeflich-zur-ki-eine-reine-energieverschwendung

3. https://www.unifr.ch/durabilite/assets/public/assets/uploads/L_impact_nerg_tique_de_l_utilisation_de_l_IA_1.pdf

4. https://andymasley.substack.com/p/a-cheat-sheet-for-conversations-about? open=false#%C2%A7ais-effect-on-climate-will-mostly-depend-on-how-its-used-not-on-what-happens-in-data-centers:~:text=Using%20a%20laptop%20for%201%20minute

5. https://andymasley.substack.com/p/a-cheat-sheet-for-conversations-about? open=false#%C2%A7ais-effect-on-climate-will-mostly-depend-on-how-its-used-not-on-what-happens-in-data-centers:~:text=to%20use%20more%20energy%20per%20minute%20than%20ChatGPT

6. https://andymasley.substack.com/ p/a-cheat-sheet-for-conversations-about?open=false#%C2%A7ais-effect-on-climate-will-mostly-depend-on-how-its-used-not-on-what-happens-in-data-centers:~:text=going%20to%20use%20more%20energy

7. https://andymasley. substack.com/p/the-ai-water-issue-is-fake?open=false#%C2%A7how-big-of-a-deal-is-it-that-data-centers-use-potable-water: ~:text=%2D%202550%20prompts-,A%20400%20page%20book%20%2D%201%2C000%2C000%20prompts,-If%20you%20want

8. https://andymasley.substack.com/p/a-cheat-sheet-for-conversations-about? open=false#%C2%A7ais-effect-on-climate-will-mostly-depend-on-how-its-used-not-on-what-happens-in-data-centers:~:text=But%20all%20AI,as%20cement%20production.

9. https://www.iea.org/reports/energy-and-ai/energy-demand-from-ai# : ~:text=Notre scénario de base révèle que la consommation mondiale d’électricité des centres de données devrait doubler pour atteindre environ 945 C2%A0TWh%20d’ici 2030 dans le scénario de base, soit un peu moins de 3 % de la consommation mondiale totale d’électricité en 2030.

10 : Les chiffres présentés dans cette section s’appuient principalement sur les analyses d’Andy Masley. Il présente ses chiffres de manière transparente, les justifie avec sobriété, expose les incertitudes et examine les chiffres divergents, ou plutôt les récits divergents. À ma connaissance, il n’y a pas d’objections significatives à sa conclusion. Lorsqu’il s’agit de faits controversés dans le domaine de l’environnement, je m’en remets à Hannah Ritchie, spécialiste des données et de l’environnement, qui a explicitement recommandé les recherches d’Andy Masley. D’autres sources indépendantes vont dans le même sens. Une autrice de renom a considérablement ajusté ses chiffres sur la consommation d’eau de l’IA sur la base des recherches de Masley. Je tiens ici à souligner avec gratitude que cet article ne s’appuie pas seulement sur les chiffres du travail d’Andy Masley, mais qu’il bénéficie également plus largement de son cadre de réflexion et de son argumentation.

11. https://tecunningham.github.io/posts/2025-10-19-forecasts-of-AI-growth-extended.html

12 : https://www.theguardian.com/technology/2024/dec/27/godfather-of-ai-raises-odds-of-the-technology-wiping-out-humanity-over-next-30-years

13. https://arxiv.org/abs/2401.02843


Cet article a été publié pour la première fois sur Insist.

1. mars 2026/0 Commentaires/par Dominic Roser
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/03/QmZPFrxRKYuHU7Gxv942r1Vo5jLiQ3QuMMdnoLetexqy5k.jpg 1000 1500 Dominic Roser https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Dominic Roser2026-03-01 12:00:232026-06-08 13:08:10Éthique environnementale : la soif d’énergie de l’IA est encore son moindre problème

Le fonds pour le climat offre une plus grande marge de manœuvre pour s’adapter au changement climatique

Economie, Environnement, Politique, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 4 min

Les mesures de lutte contre le changement climatique coûtent cher. Avec l’adoption de la loi sur la protection du climat en 2023, la Suisse disposera de 2 milliards de francs par an pour financer ces mesures. Cependant, pour atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050, il est urgent de trouver des moyens financiers supplémentaires. Ces derniers doivent être investis dans un fonds pour le climat, sur lequel le peuple suisse se prononcera le 8 mars 2026.

L’initiative pour un fonds pour le climat vise à créer un fonds d’investissement public dans lequel la Confédération verserait chaque année 0,5 à 1 % du produit intérieur brut (PIB). Cela correspond à environ 4 à 8 milliards de francs par an (Conseil fédéral 2026). Le fonds pour le climat vise à promouvoir les mesures nationales d’adaptation au changement climatique. Ces mesures comprennent, par exemple, le développement des énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments, le soutien au remplacement des systèmes de chauffage fossiles par des technologies modernes (par exemple, les pompes à chaleur), la promotion de la mobilité électrique et la formation initiale et continue de personnel qualifié.

Est-ce économiquement viable ?

L’idée de financer des projets dans le domaine de la durabilité à l’aide d’un fonds d’investissement public n’est pas nouvelle. Les partisans de l’initiative soulignent que dans les années 1970, la construction de grands barrages comme celui du col du Grimsel et l’extension du réseau ferroviaire dans les années 1980 ont été financées à hauteur de 1 à 4 % du PIB. Dans les années 1990, cependant, les finances fédérales se sont tellement déséquilibrées qu’une énorme dette s’est accumulée (DFF 2024). Le Parlement et le Conseil fédéral ont convenu qu’il fallait des règles concrètes en matière de dépenses. Ce mécanisme de contrôle des dépenses totales de la Confédération est appelé « frein à l’endettement ».

Le frein à l’endettement se réfère aux recettes correspondant à la situation économique et limite ainsi les dépenses (DFF 2024). Une augmentation des dépenses n’est possible que si leur financement est assuré par des recettes ou des renoncements.

Pendant la pandémie de coronavirus, le frein à l’endettement a atteint ses limites pour la première fois depuis sa mise en place, car la Confédération a dû débloquer environ 35 milliards de francs pour atténuer les conséquences économiques (DFF 2025). Ces dettes devraient être remboursées d’ici 2035, ce qui devrait permettre de rééquilibrer le budget fédéral. La question se pose donc de savoir si les opposants à l’initiative craignent, compte tenu de la charge déjà existante du budget fédéral due à la dette liée à la pandémie, que le fonds pour le climat n’entraîne un endettement plus important et une augmentation des impôts (Conseil fédéral 2026).

Aborder l’avenir avec courage plutôt qu’avec crainte

Il est certainement judicieux de garder à l’esprit les craintes des opposants à l’initiative lorsqu’il s’agit d’introduire le fonds pour le climat. En effet, on ne peut nier que le frein à l’endettement est responsable du faible niveau d’endettement de la Suisse en comparaison internationale (DFF 2025). Par exemple, le ratio d’endettement public net n’est que de 17,2 % du PIB, ce qui est très faible. Cependant, nous devons également penser aux dépenses liées aux conséquences du changement climatique, qui augmenteront considérablement à l’avenir (Les Verts Suisse et PS Suisse 2026). On observe déjà aujourd’hui des dommages causés par la chaleur dans les forêts, le recul des glaciers et l’instabilité des versants montagneux qui en résulte, ainsi que des pertes économiques dues au manque de neige dans les régions touristiques hivernales. Les dommages causés par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les glissements de terrain peuvent être considérablement réduits grâce à des mesures de protection ciblées. Le fonds pour le climat offre donc la possibilité d’éviter des dépenses importantes en cas de dommages grâce à des investissements précoces, ce qui peut avoir un effet positif sur le budget de l’État (SRF 2026). Il vaut donc la peine d’avancer courageusement vers un avenir incertain plutôt que de rester immobile, paralysé par des craintes financières.

Socialement équitable

Le projet soumis au vote prévoit également deux mesures concrètes visant à rendre le fonds pour le climat socialement équitable. Premièrement, le fonds crée et garantit des emplois (SRF 2026). En effet, la mise en œuvre des mesures de lutte contre le changement climatique nécessite des spécialistes dans différents domaines. Ces spécialistes doivent être formés et perfectionnés par le fonds. À cette fin, ils reçoivent des contributions financières pour compenser la perte de revenu pendant la période de formation.
Deuxièmement, les administrations communales, les entreprises et les particuliers peuvent déjà bénéficier aujourd’hui de subventions pour l’installation de systèmes photovoltaïques et de systèmes de chauffage durables, la rénovation énergétique de bâtiments, etc. Le site energiesuisse offre par exemple un aperçu précieux des subventions disponibles. L’acceptation de l’initiative sur le fonds climatique permettrait d’augmenter encore ces possibilités de subventions, dont pourraient également bénéficier les personnes à faibles revenus et disposant d’un patrimoine modeste (Der Zeitgenosse 2026).

Intéressant sur le plan écologique

Le renforcement de la biodiversité constitue une autre mesure passionnante qui doit être soutenue par le fonds pour le climat. Dans de nombreuses villes suisses, des arbres mobiles sont désormais utilisés en été pour fournir de l’ombre et rafraîchir les places publiques. Dans la mesure du possible, des arbres résistants à la chaleur sont plantés. Outre leur effet rafraîchissant, les arbres servent de réservoirs naturels de CO2 et d’habitat pour les insectes, les oiseaux et les mammifères.

Développement durable

Le projet de loi sur le fonds pour le climat répond aux trois piliers du développement durable : il est bien pensé et compatible sur les plans économique, social et écologique. ChristNet le salue, car nous y voyons une chance de lutter de manière préventive contre le changement climatique et d’emmener avec nous dans cette voie les personnes qui disposent de peu de ressources financières.
Indépendamment du vote, il vaut la peine de prier pour la Suisse : pour que le Parlement fédéral fasse preuve de sagesse dans la gestion de la dette, pour les personnes déjà touchées par les conséquences du changement climatique et pour que la confiance en Dieu prévale face à un avenir incertain.


Sources

Le Conseil fédéral (2026). Le portail du gouvernement suisse. Initiative sur le fonds pour le climat. Lien : https://www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/abstimmungen/20260308/klimafonds-initiative.html (état au 4 février 2026)

Der Zeitgenosse (2026) : Initiative pour un fonds climatique. Votation populaire fédérale, 8 mars 2026. Youtube. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=zle0hoSHt8A (état au 28 janvier 2026).

Département fédéral des finances DFF (2024) : Le frein à l’endettement. Lien : https://www.efd.admin.ch/de/schuldenbremse (état au 13 février 2024).

Département fédéral des finances DFF (2025) : Dette fédérale. Bundesschulden. Lien : https://www.efd.admin.ch/de/bundesschulden (état au 10 février 2026).

SuisseEnergie : Contributions d’encouragement et possibilités de subventions (2026). Lien : https://www.energieschweiz.ch/foerderung/ (état au 4 février 2026).

Les Verts Suisse et le PS Suisse (2026) : Oui à l’initiative sur le fonds pour le climat. Lien : https://www.klima-fonds.ch/ (état au 4 février 2026).

Radio Télévision Suisse SRF (2026) : Le fonds climatique public doit rendre la Suisse climatiquement neutre d’ici 2050. Lien : https://www.srf.ch/news/schweiz/abstimmung-am-8-maerz-staatlicher-klimafonds-soll-schweiz-bis-2050-klimaneutral-machen (état au 13 janvier 2026).

Photo de Milosz Roman sur Unsplash

11. février 2026/0 Commentaires/par Noelia Trachsel
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/02/Gletscher-97219232397.jpg 788 1400 Noelia Trachsel https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Noelia Trachsel2026-02-11 17:33:402026-02-17 18:12:14Le fonds pour le climat offre une plus grande marge de manœuvre pour s’adapter au changement climatique

Développement urbain : créer des lieux vivants et forts en identité grâce au « placemaking »

Société, Economie, Social
Lesezeit / Temps de lecture ~ 7 min

À propos de la photo de couverture : coopérative Dreieck à Zurich-Wiedikon1 : les bâtiments, plutôt délabrés, auraient dû être démolis dans les années 90, mais les habitants se sont opposés avec succès à ce projet et ont réaménagé et modernisé eux-mêmes les bâtiments et les espaces libres.

Les villes ont aujourd’hui une mauvaise image. Elles sont perçues comme trop grandes, trop peuplées, trop chères et trop bruyantes. Les urbanistes d’aujourd’hui en sont conscients. Et ils relèvent ces défis avec des approches créatives. Comme Samuel Leder. Il a un objectif : créer de l’espace pour de bons processus, en particulier dans les agglomérations.

Joëlle Zimmerli2 : Monsieur Leder, qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que le « placemaking » ?

Je m’appelle Samuel Leder et je dirige différents cours de formation continue à l’université de Zurich, notamment le « CAS Urban Management » et le cours compact sur le « placemaking ». L’urban management consiste à créer ensemble, dans le cadre de processus partenariaux, des espaces urbains de qualité et davantage de logements. Dans de nombreux cas, l’accent est mis sur les acteurs du secteur public, l’économie immobilière et les disciplines liées à la planification, telles que l’architecture et la planification des transports.

Le « placemaking » apporte en complément une approche nouvelle et rafraîchissante qui peut être très importante pour la création de lieux vivants et dotés d’une forte identité, à savoir l’implication de « profanes » engagés localement. J’ai découvert ce concept aux Pays-Bas, où il est déjà établi depuis un certain temps.

Dans les milieux spécialisés, le « placemaking » est actuellement sur toutes les lèvres et suscite de grands espoirs. Pouvez-vous nous expliquer ce concept plus en détail ?

En bref, il s’agit du « développement communautaire des quartiers ». Cela signifie que les espaces physiques et les communautés sociales doivent être développés de manière itérative et ouverte 3 et créent ainsi des lieux attractifs, inclusifs et agréables à vivre sur le long terme. Je considère cela comme l’un des éléments centraux de la durabilité sociale.

Le terme « placemaking » regroupe essentiellement différentes méthodes permettant d’impliquer de manière ciblée les acteurs locaux dans le développement du quartier. C’est quelque chose qui est considéré comme important depuis longtemps, mais souvent, le langage approprié et les approches systématiques pour la mise en œuvre font défaut. Le vocabulaire et les expériences du mouvement de placemaking, qui a vu le jour aux États-Unis dans les années 90 sous ce terme, peuvent être très utiles à cet égard.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Un cas typique est celui des habitants qui souhaitent s’engager davantage dans leur propre quartier ; ou encore celui des paroisses ou d’organisations similaires qui souhaitent agir au-delà de leurs propres membres dans un quartier. Elles souhaitent par exemple créer des lieux de rencontre sociaux, végétaliser des espaces libres en friche ou renforcer les contacts intergénérationnels. Mais leur marge de manœuvre est souvent limitée en raison de contraintes juridiques, spatiales, financières ou autres. À l’inverse, on constate souvent, notamment dans les projets de construction neuve, une certaine perplexité de la part des propriétaires immobiliers quant à la manière d’activer les rez-de-chaussée ou les espaces extérieurs et de les utiliser de manière optimale pour créer un quartier vivant. Les méthodes de placemaking peuvent aider à combler cette lacune.

Le placemaking signifie donc simplement plus de participation ?

Aujourd’hui, le terme « participation » est souvent compris différemment, à savoir que des profanes sont autorisés à participer à un processus qui est toutefois principalement contrôlé par des experts. Il existe donc une hiérarchie claire. En règle générale, les pouvoirs publics ou une société de promotion immobilière planifient un projet concret et invitent les acteurs locaux concernés à un certain stade du processus à donner leur avis ou à exprimer leurs souhaits.

Le placemaking, en revanche, décrit un processus ouvert, dans lequel les propriétaires, les planificateurs et les acteurs de la société civile apportent chacun une contribution que les autres parties ne peuvent pas apporter. Il ne s’agit donc pas d’une « participation », mais d’une « co-création » des personnes concernées au niveau local. À long terme, les lieux vivants ont besoin d’un entretien et d’un développement continus par des personnes qui sont sur place tous les jours et s’identifient à leur environnement.

La SSREI mesure la durabilité des portefeuilles immobiliers, y compris les critères sociaux. Pouvez-vous nous expliquer comment ce concept s’inscrit dans l’immobilier, les zones ou les quartiers durables ?

Le placemaking favorise les interactions sociales dans l’environnement quotidien et permet aux gens de participer à l’aménagement de leur propre environnement et de s’engager. Cela crée des réseaux sociaux et des structures intégratives qui peuvent être particulièrement précieux pour les personnes qui seraient autrement socialement isolées, comme les personnes âgées ou celles qui ont des moyens financiers limités. Certains quartiers établis sont déjà des « lieux » dans ce sens et disposent d’un réseau social solide. Dans d’autres cas, ce réseau fait complètement défaut. Pour les propriétaires immobiliers, une salle commune ne suffit pas à elle seule à créer de l’interaction : il faut également mettre en place des processus appropriés pour favoriser la cohésion sociale.

Pouvez-vous nous expliquer comment ces processus se déroulent et qui est responsable du placemaking ?

Les « héros locaux », c’est-à-dire les personnes qui souhaitent s’engager dans leur quartier par motivation personnelle, jouent un rôle clé dans le processus de placemaking. Il peut s’agir de riverains, de propriétaires immobiliers très attachés à leur quartier, d’entrepreneurs sociaux ou encore de représentants de fondations, d’associations, d’écoles ou de paroisses locales qui s’engagent en faveur des intérêts du quartier. Les héros locaux sont des idéalistes qui s’intéressent à leur quartier, y voient un potentiel et s’engagent pour le réaliser.

Mais pour que cet engagement soit efficace et durable, il faut également le soutien volontaire des « acteurs descendants », c’est-à-dire, selon la situation, des propriétaires immobiliers, des pouvoirs publics ou d’autres institutions locales importantes.

En quoi le processus de placemaking diffère-t-il du processus de planification classique ?

Le processus de planification classique est linéaire et vise à minimiser les interfaces. Le développement communautaire des quartiers, en revanche, s’apparente davantage à un effet boule de neige. Cela signifie qu’il faut développer une vision, former des alliances, créer des prototypes architecturaux, développer des prototypes d’utilisation et organiser des événements. Si une approche fonctionne, elle est développée et perfectionnée. Cela crée une dynamique et une confiance mutuelle entre toutes les parties prenantes, ce qui laisse une plus grande marge de manœuvre pour les étapes suivantes.

En ce sens, le processus co-créatif est plus proche de la logique d’un « développement agile de start-up » que de l’investissement immobilier classique. Ceux qui s’adonnent au placemaking prennent un risque, car le résultat final n’est pas connu d’avance.

En revanche, le résultat potentiel est bien meilleur que ne le permettrait la marge de manœuvre initiale. Dans le cadre du développement interne d’une zone urbanisée existante, un tel processus ouvert est souvent la seule alternative à l’immobilisme total ou à des projets individuels isolés qui ne correspondent qu’au « plus petit dénominateur commun » et n’apportent donc aucune valeur ajoutée à l’environnement et à la communauté.

Quels sont les avantages pour les propriétaires et les promoteurs immobiliers de suivre une telle approche ?

Il s’agit de créer des réseaux, de susciter l’adhésion et, par là même, de réduire les risques politiques. Le placemaking permet de créer des lieux attrayants et contribue à la stabilité de la valeur à long terme, il facilite le positionnement et peut bien sûr également être utilisé à des fins de communication et de marketing. De plus, ceux qui créent un « lieu » agréable, une bonne adresse, peuvent également être fiers d’eux-mêmes.

Quelle est la différence entre le placemaking et le travail de quartier classique, c’est-à-dire ce que les pouvoirs publics, les associations de quartier ou les institutions sociales font depuis longtemps dans les quartiers ?

Le placemaking implique des groupes d’acteurs qui ne se rencontrent généralement pas en personne – propriétaires immobiliers, pouvoirs publics, « héros locaux » de toutes sortes – et ne se limite pas à la mise en réseau social, mais développe également le lieu sur le plan spatial et architectural. Dans de nombreux cas, les résultats d’un tel processus vont bien au-delà de ce que le simple travail de quartier peut permettre d’obtenir, notamment en termes d’attractivité d’un site et, par conséquent, de valeur immobilière. Cet aspect doit bien sûr être pris en compte dès le début afin d’éviter tout effet d’éviction indésirable.

Et selon vous, où faut-il agir en priorité ?

Les principes sont en principe applicables partout. Cependant, je vois aujourd’hui le plus grand potentiel dans les zones suburbaines : les agglomérations sont souvent interchangeables et anonymes, et il manque des espaces animés où les gens aiment se retrouver et passer du temps. Pourtant, même dans des lieux suburbains supposés anonymes, il existe des bâtiments, des histoires et des besoins insatisfaits susceptibles de créer une identité et qui peuvent servir de point de départ à la création d’un « lieu » agréable.

Combien de temps dure un tel processus ?

Cela varie d’une situation à l’autre. L’idéal est de commencer dès la phase de conception et de définition de la vision à établir des contacts avec des « héros locaux » engagés de manière constructive. Mais il est également possible d’intégrer certains éléments du placemaking au cours d’un processus concret de planification et de construction, et bien sûr à tout moment dans des bâtiments existants. Par exemple, en aménageant activement les espaces extérieurs ou en offrant des conditions favorables à un engagement accessible à tous.

Si un propriétaire ou un promoteur s’intéresse à ce sujet, comment procéder au mieux ?

Il faut d’abord repenser son propre rôle. Ensuite, il y a trois dimensions de développement parallèles : premièrement, l’élaboration commune d’une vision avec les acteurs locaux, deuxièmement, le test et le développement constants de prototypes architecturaux et spatiaux, et troisièmement, la création et le renforcement de la communauté locale. Ces dimensions ne se succèdent pas, mais se déroulent en parallèle et de manière itérative.

Outre les facteurs écologiques et économiques, le SSREI tient également compte de divers aspects sociaux. Pensez-vous que ce thème soit suffisamment pris en considération ?

Dans le SSREI, des points sont attribués si un complexe immobilier dispose d’un espace commun et si un immeuble collectif normal dispose de structures communautaires comparables dans le quartier. Dans la mesure où ces structures sont adaptées aux besoins réels et bien gérées, elles créent des conditions favorables à un voisinage vivant et intégratif. Sans un engagement supplémentaire des acteurs locaux, ces structures architecturales ne sont toutefois pas suffisantes. Il reste à voir si l’approche du placemaking peut contribuer à rendre les possibilités d’évaluation dans le domaine de la durabilité sociale encore plus significatives.


1. Pour en savoir plus : https://genossenschaftdreieck.ch/genossenschaft/geschichte/

2. L’interview menée par Joëlle Zimmerli a été publiée dans la newsletter SSREI de juin 2023 et nous a été aimablement mise à disposition. SSREI est une norme d’évaluation durable des parcs immobiliers.

3. Selon la définition, le processus itératif est une approche dans laquelle un projet, un produit ou une initiative est créé, développé et amélioré. Les équipes qui utilisent un processus itératif créent, testent et révisent un processus jusqu’à ce qu’elles soient satisfaites du résultat final. (Source : Internet)


Cet article a été publié pour la première fois sur Insist.

Samuel Leder (MSc en architecture ETH) est directeur du programme Urban Management et initiateur du cours intensif sur le placemaking au Center for Urban and Real Estate Management (CUREM) de l’Université de Zurich. Il est également co-président de l’association « Placemaking Switzerland », fondée en 2023, une sorte d’association professionnelle et de plateforme réseau pour le placemaking en Suisse.

Prochains cours sur le placemaking
2. septembre 2025/0 Commentaires/par ChristNet
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2025/09/20210914_Zuerich_Dreieck_Placemaking-Symbolb_ild_von_SL2.jpg 838 1200 ChristNet https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg ChristNet2025-09-02 19:50:032025-09-02 19:50:03Développement urbain : créer des lieux vivants et forts en identité grâce au « placemaking »

« Réduire les impôts ! » – La tentation est grande

Société, Economie, Justice, Social
Lesezeit / Temps de lecture ~ 6 min

Dans chaque canton, la population est appelée à voter sur des réductions d’impôts. Les projets semblent tous séduisants et promettent plus d’argent à la « classe moyenne ». Mais qui en profite réellement ? Et qui en souffre le plus ? À qui la politique fiscale devrait-elle réellement servir ?

Avec l’augmentation du niveau de vie général, beaucoup de gens ont quelque chose à défendre. C’est pourquoi ils sautent généralement sur l’occasion lorsqu’un projet de loi prévoit une réduction d’un impôt individuel quelconque : impôt sur le revenu, taxe automobile, taxe sur les loteries, etc. Il n’y a toutefois aucun concept identifiable permettant de déterminer quels sont les impôts raisonnables et équitables. L’essentiel, c’est de réduire les impôts !

Partout dans le monde, y compris en Suisse, des réductions d’impôts sont promises ou proposées. La tentation est grande. Les moteurs de cette tendance sont

  • Notre avarice : j’ai quelque chose à défendre.
  • Notre fierté : c’est ma fortune, je l’ai gagnée grâce à mes propres efforts. C’est exactement dans cette veine que s’inscrit le FDP, qui nous persuade que la richesse ne s’acquiert qu’en se levant tôt et en travaillant dur, alors qu’il est prouvé que les héritages et la commercialisation des talents sont tout aussi déterminants.
  • Les idéologies qui justifient le refus de partager :
    1.) L’État est mauvais, trop puissant et dépense trop (tout le monde trouve une dépense qui ne lui convient pas…).
    2.) Ceux qui ont besoin de l’aide de l’État sont simplement paresseux.

Une aide pour les mauvaises personnes

La majorité des votants ne se formalise pas non plus du fait que la réduction de l’impôt sur le revenu profite généralement à ceux qui en ont le moins besoin. En effet, les impôts sur le revenu sont généralement réduits en pourcentage, ce qui profite davantage aux revenus élevés.

Si baisse d’impôt il y a, alors qu’elle profite à ceux qui en ont le plus besoin !

Si une baisse d’impôt doit vraiment profiter à ceux qui ont de faibles revenus, elle doit se faire par le biais d’une déduction fiscale identique pour tous. Ce montant – par exemple une déduction pour enfants – aurait alors beaucoup plus d’importance pour les bas salaires que pour les hauts salaires. En revanche, si les déductions sont retirées du revenu imposable, seuls ceux qui ont un revenu imposable suffisamment élevé pour bénéficier de ces déductions en profiteront pleinement.

Si baisse d’impôt il y a, alors qu’elle profite à ceux qui en ont le plus besoin !

Même le centre, qui se présente comme le « parti des familles », souhaite que les primes d’assurance maladie pour les enfants ne soient déductibles que du revenu imposable et non de la facture fiscale. Il n’aide donc pas les familles qui auraient le plus besoin de ces déductions.

Quelle souffrance, quel fardeau ?

Il y a plus de 20 ans, le conseiller fédéral Villiger affirmait déjà que ceux qui se plaignent le plus de la charge fiscale élevée sont ceux qui peuvent le mieux payer leurs impôts. Pourquoi continuons-nous à croire que les impôts sont toujours un fardeau ? Et quand ne le sont-ils plus ? Nous devons commencer à ne plus nous concentrer sur le montant des impôts à payer, mais sur ce qui reste aux gens pour vivre après déduction de toutes les dépenses obligatoires telles que les impôts, les cotisations sociales et les primes d’assurance maladie, c’est-à-dire sur leur revenu disponible. Certains affirment que les riches paient déjà la part du lion des impôts. Mais c’est une vision erronée, car ce fait reflète uniquement les énormes différences de revenus et, par conséquent, les capacités très différentes de payer des impôts. Et il ne s’agit pas ici de groupes de revenus, mais d’individus : dans quelle mesure est-il pénible pour les individus de payer des impôts ?

« Redonner quelque chose aux gens » – et laisser les personnes dans le besoin sous la pluie

Le Grand Conseil zurichois a décidé de réduire les recettes fiscales à partir de 2023 « afin de redonner quelque chose aux gens après la pandémie de coronavirus », alors que tout le monde sait que les groupes défavorisés ont davantage souffert des conséquences de la pandémie que les autres. Or, ce sont précisément eux qui sont les plus touchés par les mesures d’économie qui suivent généralement une baisse des impôts.

Ces baisses d’impôts ne sont donc pas seulement un « principe de l’arrosoir » absurde, mais une redistribution ciblée vers les mauvaises personnes : les communes ont moins d’argent pour l’aide sociale et les mesures d’intégration, et les écoles suisses ont fait l’objet d’économies au cours des 20 dernières années. Ces dernières ont souvent conduit à des classes plus nombreuses et, dans de nombreux cas, à une moins bonne intégration des enfants sans formation. Les prestations complémentaires pour les personnes âgées sans ressources et les subventions pour les primes d’assurance maladie des familles à faibles revenus ont été supprimées. De nombreux hôpitaux ont été fermés et les transports publics sont devenus plus chers. Les baisses d’impôts permettent aux consommateurs lambda d’économiser quelques dizaines de francs, mais elles détruisent une partie du service public.

Course vers le bas

En Suisse notamment, la concurrence fiscale entre les cantons conduit à une « course vers le bas », une course destructrice à la baisse des impôts : les cantons déjà riches réduisent encore davantage leurs impôts, ce qui entraîne l’exode des personnes et des entreprises fortunées vers les cantons voisins. Les cantons plus pauvres sont donc également contraints de réduire leurs impôts, ce qui entraîne à son tour des mesures d’austérité. Un autre problème est que les impôts qui ont été réduits ne peuvent plus être augmentés.

Aujourd’hui, Zoug réduit à nouveau ses impôts, ce qui entraîne des difficultés supplémentaires pour ses voisins comme Lucerne et nuit encore plus aux personnes pauvres. La péréquation fiscale entre les cantons n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan. Le problème fondamental est la concurrence fiscale, qui est hors de contrôle et qui a fait l’objet d’un vote il y a environ 15 ans dans le cadre d’une initiative sur la justice fiscale visant à la limiter. Mais après une campagne de peur massive menée par les opposants, qui affirmaient à tort que l’acceptation de l’initiative entraînerait des augmentations d’impôts pour tous, celle-ci a été rejetée. C’est pourquoi la « course vers le bas » se poursuit ! En raison de cette réduction des impôts individuels, notamment de la progressivité fiscale, et de l’augmentation des taxes et des cotisations sociales, la Suisse dispose en réalité d’un impôt à taux unique depuis (en allemand) 2001 : en pourcentage, les pauvres et les riches paient le même montant d’impôts et de cotisations obligatoires (par exemple, les primes d’assurance maladie).

En matière fiscale, on entend souvent l’argument selon lequel on ne peut pas toujours faire payer les riches. La réalité montre plutôt le contraire.

« L’argent, c’est le nerf de la guerre »

Dans les années 70, Ronald Reagan a rencontré l’économiste Milton Friedman. Ils ont réfléchi à la manière dont ils pourraient réduire le pouvoir de l’État en général par rapport à celui de l’économie et des riches, ainsi que la redistribution. Ils étaient d’accord sur le fait qu’il était impossible de faire accepter aux gens un démantèlement de l’État providence et donc des prestations dont ils bénéficiaient. Cela devait se faire sous la contrainte, c’est-à-dire plutôt par une réduction des moyens financiers. Ils ont donc élaboré une stratégie consistant à promettre aux citoyens une réduction des impôts. Le démantèlement de l’État suivrait automatiquement, car « soudainement » les moyens financiers ne seraient plus suffisants. Après l’élection de Reagan à la présidence, cette stratégie a été appliquée dans le monde entier et est aujourd’hui considérée comme faisant partie de la révolution néolibérale.

Oxfam a montré que cette révolution fiscale depuis le tournant néolibéral sous Reagan et Thatcher est une cause importante de l’élargissement du fossé entre riches et pauvres dans le monde. Ces différences sociales ont également un impact sur le pouvoir de l’information : en Suisse aussi, de plus en plus de médias sont créés ou achetés par des milliardaires. Ils revendiquent ainsi le monopole de l’interprétation des conditions sociales et poussent les électeurs dans leur direction.

À quoi ressemble une politique fiscale judicieuse ?

Nous devons enfin développer un véritable concept définissant les impôts les plus judicieux et les plus équitables, et mener une politique fiscale qui serve ceux qui ont vraiment besoin d’un allègement fiscal et/ou qui dépendent réellement des pouvoirs publics ! Ce concept doit

  • garantir des ressources suffisantes pour les tâches communes, c’est-à-dire publiques
    être équitable
  • réduire les énormes différences entre les personnes en termes de chances dans la vie et de pouvoir social

Qu’est-ce que cela pourrait impliquer ?

  1. Des recettes fiscales suffisamment élevées
    · Des impôts diversifiés afin que l’ensemble du système soit moins vulnérable aux crises.
    · Une réduction de la concurrence fiscale, qui provoque une fuite des capitaux ou une « course vers le bas ».
  2. Moins le revenu ou la richesse provient d’un effort personnel, plus l’imposition est élevée.
    · Renforcer l’impôt sur les successions.
    · Lutter contre le mythe « salaire = performance » : le salaire correspond à la valeur marchande de l’activité/du poste, qui est également déterminée, par exemple, par des aptitudes innées. Chacun peut certes y contribuer, mais seulement en partie.
  3. Assurer une forte progressivité : le critère est ce qu’une personne peut payer tout en restant riche. De quel revenu disponible dispose-t-elle ?

Liens pour approfondir le sujet :

Impôt sur les successions : L’impôt le plus juste – argumentaire en faveur de l’impôt successoral
Une politique fiscale biblique : Un impôt biblique ?– Réflexions fondamentales

Foto de Pawel Czerwinski sur Unsplash

28. juillet 2025/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2025/07/pawel-czerwinski-jkwWCG6wYcI-unsplash-scaled.jpg 1707 2560 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2025-07-28 12:28:532025-07-28 12:30:13« Réduire les impôts ! » – La tentation est grande

Énergie : Les prix de l’électricité face au dilemme entre incitations économiques et morales

Justice, Economie, Environnement
Lesezeit / Temps de lecture ~ 5 min

Les prix dynamiques de l’électricité fluctuent en fonction de la quantité d’électricité produite et consommée à un moment donné. Ils sont encore peu répandus en Suisse, mais pourraient contribuer à la transition énergétique. Car actuellement, les consommateurs ne sont pas incités économiquement à consommer l’électricité lorsqu’elle est disponible en abondance.

Agir par conviction économique

En politique, tout tourne autour de la question de savoir comment nous voulons organiser notre vie en société. Adam Smith a forgé le concept de marché comme main invisible qui veille à ce que la maximisation de l’utilité de l’individu ou d’une entreprise maximise automatiquement l’utilité globale de la communauté.

Il est évident que cela ne s’applique pas sans restriction : le changement climatique, les crises financières ou l’exploitation des êtres humains ne sont guère des résultats optimaux de notre économie. Certaines règles sont donc nécessaires dans une société. Et alors – c’est ce qu’on espère – l’action égoïste conduit dans le meilleur des cas à ce que tout le monde s’en sorte mieux.

Agir par conviction chrétienne

D’un point de vue chrétien, l’action égoïste est toutefois à l’opposé de ce dont le monde a besoin. L’amour du prochain, l’humilité, la justice, la dignité humaine, la crainte de Dieu et la responsabilité envers la création sont des principes centraux auxquels les chrétiens – et tous les autres hommes de bonne volonté – se réfèrent. Et l’espoir est que si chacun se comporte de la sorte, une partie du ciel est déjà possible ici sur terre.

On ne peut pas faire de l’économie sans valeurs

Tout comme on ne peut pas « ne pas communiquer », on ne peut pas non plus faire de la politique sans exprimer ainsi une vision de l’homme et du monde. La question n’est donc pas de savoir si les valeurs s’expriment dans notre activité économique, mais quelles valeurs nous suivons. Je dirais donc que l’abandon des énergies fossiles et de l’énergie nucléaire exprime l’amour du prochain et la responsabilité envers la création, et que les chrétiens devraient donc se mobiliser pour ces thèmes.

Qu’est-ce qui est prioritaire ?

Si chaque décision économique a également une dimension morale, un dilemme se pose : dois-je faire ce qui est économiquement optimal (pour moi) ou ce qui est moralement juste ? Cela ne devrait pas être un « ou bien, ou bien » : Nous devrions organiser notre système économique de manière à ce que le comportement moral des entreprises et des individus soit également judicieux sur le plan économique. En d’autres termes, il devrait y avoir une incitation économique à se comporter de manière moralement correcte.

Où se pose concrètement le dilemme ?

Jusqu’à 40% de notre production d’électricité devrait à l’avenir provenir de l’énergie éolienne ou solaire. La production sera ainsi plus dynamique, car le temps ne s’aligne pas sur la consommation des consommateurs. La morale voudrait que l’on consomme de plus en plus d’électricité quand il y a beaucoup de vent, quand le soleil brille, c’est-à-dire typiquement à la mi-journée. Bien sûr, il n’est pas possible de déplacer toute la consommation d’électricité d’un ménage à ce moment-là, mais on estime que nous consommons environ 30% et plus de l’électricité indépendamment du moment de la journée.

Que ceux qui objectent qu’il est difficile d’attendre du consommateur final qu’il étudie quotidiennement les prévisions éoliennes et solaires se rassurent : grâce aux pompes à chaleur intelligentes, aux chauffe-eau ou aux systèmes de recharge pour voitures électriques, le report de la consommation fonctionne sans aucune intervention de notre part. Il nous suffit donc d’installer les systèmes correspondants. Il n’y a toutefois pas d’incitation financière à adopter ce comportement, car l’électricité est toujours au même prix pendant la journée.

Le côté consommateur n’est toutefois que la moitié de l’histoire. En Suisse, la majorité des installations solaires sont de petites (st)-installations sur les toits des particuliers. L’électricité produite est injectée dans le réseau local et rémunérée à un tarif qui ne dépend pas non plus de l’heure de la journée. Cela peut conduire à une situation paradoxale : l’injection d’électricité solaire permet de gagner de l’argent, alors qu’au même moment, le prix à la bourse de l’électricité est négatif. Si l’énergie solaire est injectée dans le réseau sans être freinée, cela peut conduire, dans le pire des cas, à un black-out.

D’un point de vue moral, le cas est donc clair : dès que la stabilité du système est menacée par l’injection de PV, personne ne devrait plus injecter de PV. La solution technique la plus simple pour réduire ces pics d’alimentation serait de plafonner l’alimentation à 70% de la puissance de l’installation, par exemple. Bien sûr, il serait possible de faire encore mieux, par exemple avec des batteries domestiques ou avec un contrôle de la puissance d’injection autorisée par les exploitants de réseau.

Comment sortir du dilemme ?

D’un point de vue économique, le moyen le plus simple de faire coïncider l’offre et la demande est de rendre le bien, en l’occurrence l’électricité, d’autant plus cher qu’il y en a moins. Des prix minimum et maximum pour l’électricité injectée dans le réseau pourraient donner au consommateur la certitude qu’il ne serait jamais exposé aux fluctuations les plus extrêmes de la bourse.

Pour permettre des prix dynamiques de l’électricité, il est nécessaire de mesurer et de facturer la consommation (et la production) avec une résolution temporelle élevée, c’est-à-dire tous les quarts d’heure au lieu de tous les mois. Or, les compteurs intelligents nécessaires à cet effet ne sont pas encore installés sur l’ensemble du territoire suisse. Même là où ils sont installés, les clients n’ont guère la possibilité de passer à des modèles de prix dynamiques, car leur fournisseur d’énergie ne leur offre pas cette possibilité.

Ce qui nous amène à un autre problème d’incitation : Le manque d’incitation des fournisseurs d’énergie à proposer des prix dynamiques. Alors que chacun peut décider lui-même s’il veut souscrire un abonnement de téléphonie mobile chez Swisscom ou Salt, il n’y a pas de liberté de choix en Suisse pour l’électricité. Les fournisseurs d’énergie comme les usines électriques de Zurich ou de Berne occupent une position de monopole dans leur zone de desserte et sont donc peu incités à innover.

Dans le cadre de la libéralisation du marché dans l’UE, des entreprises innovantes comme Octopus Energy ou 1KOMMA5° ont montré que des tarifs d’électricité dynamiques combinés à la gestion intelligente de sa propre installation solaire, de sa pompe à chaleur ou de sa station de recharge pour voiture électrique entraînaient en fin de compte des coûts d’électricité nettement plus bas, voire négatifs, pour le client final. Une libéralisation du marché en Suisse est à portée de main grâce au nouvel accord sur l’électricité que la Suisse a négocié avec l’UE. Chacun pourrait toutefois décider lui-même s’il souhaite rester dans l’approvisionnement de base ou changer de fournisseur d’énergie.

Comme le montrent les expériences faites à l’étranger, seule une petite partie des clients changent de fournisseur d’énergie après la libéralisation du marché. On pourrait donc, comme en Allemagne, obliger les fournisseurs d’énergie à proposer un modèle de prix dynamique pour aider cette solution à percer.

Les idéalistes restent importants

Dans de nombreux domaines, il est déjà possible d’économiser de l’argent en faisant preuve de bon sens moral, par exemple avec des appareils électroménagers efficaces sur le plan énergétique, des systèmes de chauffage non fossiles, l’isolation des bâtiments ou en achetant une voiture électrique.

Nous n’aurons jamais un système d’incitation financière parfait. C’est pourquoi les idéalistes jouent un rôle crucial dans les processus de changement tels que la transition énergétique, surtout au début. Ils s’impliquent dans les processus politiques et montrent également l’exemple dans leurs propres espaces de création.

Les chrétiens devraient faire partie de ce groupe en étant conscients de l’impact de leurs actions sur les autres et sur la création, en renonçant parfois à leur propre avantage et en allant courageusement de l’avant. Les idéalistes ne peuvent pas mener seuls la transition énergétique, mais ils peuvent ouvrir la voie.

Cet article est d’abord paru sur Insist / Image de lummi.ai

 

 

12. mai 2025/0 Commentaires/par Lorenz Walthert
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2025/05/Serenity-of-Renewable-Energy.jpeg 686 1200 Lorenz Walthert https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Lorenz Walthert2025-05-12 09:49:052025-05-12 09:49:05Énergie : Les prix de l’électricité face au dilemme entre incitations économiques et morales
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