Globalisation : l’exemple de la privatisation de l’eau

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Eau: 1251 signatures et les « 9 jours de prière » lancés

Après un début difficile votre courrier a fait exploser notre boite aux lettres: vous avez collectionné 1251 Signatures! MERCI A TOUS QUI ONT AIDE, VOUS ETES GENIAL!

Le 28 février, nous avons envoyé les paquets à Berne en recommandé, tous les signatures qui arriveront encore maintenant ne pourront malheureusement plus être pris en compte. Nous vous tiendrons au courant des réactions des conseillers fédéraux et de tous les événements concernant l?eau.

Les neuf jours de prière

Ce qui nous reste à faire, c’est de prier. C’est pourquoi le groupe économique de ChristNet organise une chaîne de prière lors du Forum mondial de l’eau entre qui aura lieu entre le 16 et le 23 mars à Kyoto. A tous ceux qui veulent participer, nous enverrons un mail de prière chaque matin entre le 15 et 23 mars, chaque jour sur un nouveau sujet. Car « là où deux ou trois se réunissent en mon nom… » Le plus de personnes participent, le plus nous allons faire bouger dans le monde spirituel. Car ce forum de l’eau aura beaucoup d’influence sur la suite des privatisations.

 

Mondialisation : l’exemple de la privatisation de l’eau

Les pages web de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) ainsi que leurs discours publics ne cessent d?affirmer que leur première – et seule – préoccupation est de réduire la pauvreté. Pourtant, les moyens utilisés achèvent, justement, de plonger les pauvres dans la misère.

Comment est-ce possible? Je peux m?imaginer que les dirigeants de la Banque Mondiale et du FMI souhaitent réellement faire du bien, qu?ils pensent que le néolibéralisme est une bonne politique économique.

Les pays occidentaux – surtout les Etats-Unis qui ont le droit de veto – n?élisent que des néolibéraux. Une fois arrivés à ces postes clés, ces cadres subissent la pression des intérêts occidentaux et des multinationales qui ont leurs propres perspectives. Il serait ainsi inimaginable que la Banque Mondiale conçoive une politique qui s?opposerait aux intérêts des pays donateurs et de leurs multinationales. Et qui plus est, il est beaucoup plus plaisant d?imaginer qu?une politique qui ne coûte rien – et dont nous profitons également – résoudrait les problèmes de pauvreté dans le monde.

Derrière ces fausses idéologies se cache un péché : le peu de volonté de partager, l?angoisse de ne pas disposer de suffisamment pour soi-même. Ce péché en engendre d?autres. La mort et les guerres sont quelques-unes de ses conséquences. Les représentants de ces institutions affirment que les critiques anti-mondialisation sont fondées sur des peurs. L?exemple de l?eau nous démontre cependant que ces critiques sont bien fondées. La privatisation illustre parfaitement les reproches faits à la mondialisation :

  • Prédominance de l?idéologie sur la réalité au sein de la Banque Mondiale
  • Intérêts des pays occidentaux
  • Conséquences dévastatrices etc.

L?eau représente un symbole: la source principale de vie. Avec la privatisation, les pays occidentaux s?approprient la source de vie des pays les plus pauvres du monde. Cela représente, pour moi, le sommet de l?impérialisme. Les pays du Sud seront obligés de nous acheter leur propre eau, et cela à des prix conséquents. Des millions d?humains seront exclus de cet élément vital simplement parce qu?ils n?en auront pas les moyens. Nous sentons-nous autant concernés par les millions de morts, provoqués en partie par notre faute, que par les millions d?avortements ?

La théorie économique

La théorie néolibérale affirme que la concurrence incite les entreprises à fournir les meilleurs services aux prix les plus bas. Les monopoles entraînent l?inefficacité et des prix abusifs. En ce qui concerne la privatisation des services publics, il importe de différencier les secteurs avec concurrence et les secteurs sans concurrence. L?eau constitue typiquement un secteur sans concurrence. On ne pourra plus choisir son fournisseur.

De surcroît, ce monopole n?est même pas substituable : tout le monde a besoin d?eau, et dépend donc complètement du fournisseur. Lors de la privatisation, le fournisseur peut aisément augmenter les prix, sans pour autant fournir de meilleures prestations. Et, sans législation adéquate – ce qui est la règle lorsque le FMI contraint les pays du Tiers Monde à privatiser – rien n?incite les entreprises à approvisionner tout le monde. Si certains services ne sont pas rentables, ils seront supprimés. Les entreprises privées n?ont pas l?obligation d?améliorer l?accès pour les plus pauvres. Ils fournissent là où la rentabilité et le pouvoir d?achat sont les plus favorables. A savoir chez les riches ! Le système privé est donc complètement inadapté au problème.

L?idéologie ne marche pas

Dans les pays occidentaux, beaucoup d?exemples démontrent l?échec de cette politique. Je ne connais pas d?exemple où la relation prix/prestation se serait améliorée: ni en France, ni en Angleterre, ni aux Etats Unis.

En revanche, les contre-exemples foisonnent. A Londres, le fournisseur ne renouvelle qu?un millième du réseau chaque année. Il épargne ainsi beaucoup et d?énormes gains sont redistribués aux propriétaires de l?entreprise. Ce système ne fonctionne qu?un certain temps. L?Etat sera, en effet, obligé par la suite de reprendre le réseau et de le rénover à ses frais. Il en fut ainsi pour les chemins de fer anglais, BritRail. A New York, le secteur de l?eau a été ré-étatisé. La gestion privée ne fonctionnait pas..

La privatisation de l?eau est donc purement et simplement fondée sur les idéologies économiques des multinationales (Vivendi, Suez-Lyonnaise, RWE, Thames Water etc.), qui considèrent par exemple que tout ce qu?entreprend l?Etat serait forcément mauvais.

La privatisation de l?eau dans le Tiers Monde

Malgré ces évidences, flagrantes même dans la théorie économique, la Banque Mondiale contraint de nombreux pays du Tiers Monde à privatiser leurs ressources en eau. Les pays qui sont en crise économique ou souhaitent contracter un nouvel emprunt doivent se soumettre aux conditions du FMI et, par conséquent, de la Banque Mondiale : ils vont devoir privatiser afin d?attirer des investisseurs qui feront marcher l?économie et augmenter son efficacité.

Les Philippines, l?Indonésie, le Viêt-nam, l?Inde, le Yémen, le Sénégal, le Niger, la Côte d?Ivoire, le Ghana, le Cameroun, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya, le Mozambique, l’Afrique du Sud, le Honduras, l?Equateur, la Bolivie, l?Argentine notamment ont du céder une partie ou la totalité de leur eau aux investisseurs privés. Beaucoup d?entre eux font partie des pays les plus pauvres du monde. Ils sont esclaves de leur dette. Dette qui est, du fait du paiement des intérêts, déjà largement remboursée. Au lieu d?annuler leur dette, les pays industrialisées utilisent celle-ci comme un moyen de pression au service de leurs propres intérêts. Même si ces pays disposaient un jour de suffisamment d?argent, les accords du GATS (General Agreement on Trade in Services, voir article sur la globalisation sur ChristNetOnline) rendront impossibles la ré-étatisation de l?eau. C?est la prise de pouvoir par les multinationales.

Dans les nouvelles séries de négociations de l?OMC (Organisation Mondiale du Commerce), où les gouvernements négocient la libéralisation du commerce mondial, les pays se verraient même interdits de faire des recommandations aux entreprises concernant le prix de l?eau ou les mesures de protection de l?environnement. L?opinion publique et les organes démocratiques n?ont donc plus leur mot à dire au sujet des biens élémentaires et ne peuvent que se soumettre. Le monopole de la puissance appartient aux entreprises multinationales.

Quelques exemples

Buenos Aires: le prix a augmenté de 20 % et les services n?ont pas été améliorés. Malgré l?obligation contractuelle, les stations d?épuration n?ont pas été construites. Ainsi, l?Etat supporte le coût des dommages… Et dire que la Banque Mondiale cite ce cas en exemple!
Le Ghana: la Banque Mondiale et le FMI veulent obliger le Ghana à privatiser ses fournisseurs d?eau nationaux (ceux qui sont rentables). La privatisation n?a pas été possible dans les provinces. L?Etat ne peut donc plus subventionner l?approvisionnement des zones rurales grâce aux recettes des villes. Résultat : les profits vont aux entreprises privées, et l?Etat est déficitaire. Tôt ou tard, l?Etat se verra contraint de réduire à nouveau ses dépenses? Ou alors l?Etat « décentralise » le fournisseur d?eau qui n?a pas pu être privatisé. Dans ce cas, ce sont souvent les communes les plus pauvres qui doivent financer leurs propres infrastructures, à des coûts dépassant souvent leur budget.
La Banque Mondiale exige que les coûts soient entièrement prise en charge et contraignait le Ghana à une première augmentation du prix de l?eau de 95% en 2001. Une tragédie pour un pays où 50 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour. De plus, le contrat de privatisation déjà présenté n?exige pas le moindre investissement de la part des entrepreneurs privés dans le réseau d?eau. C?est l?Etat qui passe à la caisse…

Une coalition d?opposition aux plans de privatisation, constituée de nombreuses ONG, existe depuis longtemps (« Ghana National Coalition against the Privatisation of Water »).

Cochabamba (Bolivie): Une révolte populaire contre les coûts de l?eau exorbitants (qui atteignaient jusqu?à 25% du salaire mensuel moyen) a conduit à l?annulation du contrat avec l?investisseur. Celui-ci exige à présent un dédommagement de 250 Million de dollars (de manque à gagner), une somme colossale pour la Bolivie, alors que l?acquisition du réseau d?eau ne lui aura pas coûté plus de 20’000 dollars…
La Paz (Bolivie): depuis la privatisation, le prix de l?eau est jusqu?à SIX fois plus élevé qu?avant. De nombreuses personnes ne se douchent plus ou réutilisent les anciens puits et leurs eaux insalubres (leur fermeture et le passage au réseau d?eau avaient marqué un tournant positif dans la politique de développement…). Parallèlement, la jeune entreprise d?eau Aguas del Illimani a procédé à une réduction massive de son personnel, si bien que les pannes d?approvisionnement sont de plus en plus fréquentes. Là aussi, la préoccupation majeure des entreprises est la rentabilité.
Afrique du Sud: En 2000, une épidémie de choléra est survenue après que le gouvernement a doublé le prix de l?eau dans le cadre de la privatisation. De nombreuses personnes avaient alors bu de l?eau provenant des ruisseaux et des fleuves.
Tanzanie: le FMI a contraint le pays à dépenser 145 millions de dollars pour assainir le réseau de canalisation de sa capitale, pour le vendre ensuite à un entrepreneur privé pour une somme dérisoire. Cela a plongé le pays dans un endettement massif.
Explications de la Banque Mondiale

Sur le site Internet de la Banque Mondiale, les textes concernant l?eau ne se soucient plus des aspects de la pauvreté. Forcément, si l?on regarde à quel point les prix de l?eau ont grimpé ! Le souci principal de cette Organisation internationale est d?économiser l?eau, de ne pas la gâcher. Les usagers devraient être éduqués à économiser l?eau. Il est vrai que, dans beaucoup de pays, l?eau est devenue un bien rare et sur-utilisé. A ces endroits-là, l?économie d?eau est prioritaire pour le futur. Mais cet argument n?est pas vraiment crédible car cette éducation, en haussant les prix, est également appliquée par la Banque Mondiale dans les pays qui ont de l?eau de manière illimitée.

L?idée que le prix de l?eau devrait couvrir complètement les coûts reste malgré tout la première priorité. Ce principe semble beaucoup plus important pour la Banque Mondiale que l?accessibilité – par l?infrastructure et les prix – des pauvres à l?eau. Ils préfèrent ainsi que les êtres humains soient privés d?eau ou alors réduits à la misère. Avant les émeutes de Cochabamba, la Banque Mondiale avait encore ordonné de ne pas subventionner les prix de l?eau.

Une des têtes de ce programme à la Banque Mondial, Guillermo Yepes (chef-privatiseur sous Pinochet), a rédigé un document démontrant qu?il ne faudrait même pas accorder des subventions aux pauvres ? compensées par des prix plus élevés payées par l?industrie ou les riches (subventions croisées). Avec ce système, les multinationales n?auraient pas assez d?intérêts financiers à connecter les quartiers pauvres, comme cela a été le cas à Guayaquil en Equateur. Il explique de long en large que les pauvres sont prêts à payer l?eau beaucoup plus cher qu?on ne pourrait le croire. Forcément, étant donné que leur vie en dépend ! Que l?Etat ou la Banque Mondiale puissent contraindre les fournisseurs à connecter les quartiers pauvres ou même que l?eau puisse repasser sous contrôle public n?est pas du tout envisagé.

D?un autre côté, le chef du programme du Banque Mondiale, John Briscoe, a écrit, dans son rapport sur le service public de l?eau en Allemagne, que les pertes en la matière étaient trop PETITES. Trop d?argent serait ainsi gaspillé dans la réfection des tuyaux. En vérité ce n?est donc que l?argent qui compte…

Autre problème : des entreprises privées ne peuvent pas inciter les usagers à économiser l?eau. Les prix élevés incitent uniquement les pauvres à économiser l?eau, alors que les entreprises d?eau ont intérêt à en vendre le plus possible. Les entreprises ont ainsi tendance à faire de la publicité pour pousser les usagers à en consommer davantage.

La Banque Mondiale prétend que l?augmentation des prix donnera les moyens aux entreprises de développer le réseau d?eau. Mais l?Etat pourrait en faire autant, sans pour autant augmenter les prix. L?exemple de Londres démontre que ce n?est pas forcément le cas, bien au contraire.

C?est comme si la Banque Mondiale croyait aveuglément aux explications des Multinationales et à la théorie néolibérale. Récemment, la Banque a admis que le développement des réseaux privés n?était pas encore satisfaisant. Elle préfère pourtant verser des primes pour chaque nouvelle connexion plutôt que de favoriser les contraintes légales ou le contrôle public.

La question de l?inaccessibilité des prix, de l?appauvrissement suite à l?augmentation des prix n?est jamais posée. La politique de privatisation sera poursuivie brutalement et froidement. Des millions d?êtres humains seront donc complètement privés d?eau ou encore réduit à la misère du fait des prix trop élevés. Beaucoup décident de ne pas utiliser suffisamment d?eau propre ou de s?en procurer à d?autres sources (malpropres). Ce qui augmentera encore le nombre de morts. Au Ghana, la maladie du ver de Guinée a réapparu dans les communes pauvres qui n?arrivaient pas à prendre en charge les infrastructures. Selon la Banque Mondiale elle-même, trois millions d?enfants meurent chaque année de maladies dues à l?absorption d?eau malpropre. 80 % des maladies infectieuses tirent leur origine de l?eau sale. Mais bien sûr, les critiques s?attaquant à la mondialisation ne sont fondées que sur des peurs !

Que peut-on faire ?

De cette politique est née une résistance, dans le Tiers Monde comme chez nous. Certaines votations, relatives à cette question de la privatisation de l?eau, ont déjà été menées en Pologne et au Panama notamment. Dans un mémo interne à la Banque Mondiale, Briscoe admet que les populations s?opposent à la privatisation. Ce qui ne change pourtant rien au consensus interne à cette Organisation internationale.

Le Réseau Européen contre la privatisation est un exemple de cette résistance. La Swisscoalition, un regroupement suisse d??uvres d?entraide (Swissaid, Pain de Carême, Helvetas, Caritas), fait partie de ce réseau. Au sommet mondial de l?ONU à Johannesburg à la fin août, ses membres ont demandé d?inscrire, dans le droit international, le droit d?accès à l?eau pour tous. L?eau devrait rester un bien public.

Bien que ce but n?ait pas été atteint immédiatement, le 26 novembre la Commission pour les droits économiques, sociaux et culturels de l?ONU produisait une nouvelle ordonnance dans le cadre de la Convention internationale sur les droits économiques, sociaux et culturels signée par 145 Etats. Elle énonce que la convention doit être interprétée de telle manière qu?il existe un droit à l?eau universel et que les Etats ayant signée la Convention sont tenus d?assurer l?accès à l?eau potable de tous leurs citoyens. Et au même moment, on décide aux négociations de l?OMC que les pays doivent privatiser leur fournisseurs d?eau et n?ont plus le droit de faire des recommandations concernant l?approvisionnement…

L?année 2003 sera une année décisive. Etant donné que l?ONU l?a déclarée « L?année de l?eau », l?eau sera sujet à beaucoup de discussions publiques, et des interventions des ONG relatives à l?eau auront plus de chances d?être entendues. Comme L?ONU tiendra le Forum Mondial de l?Eau du 14 au 24 mars 2003 à Kyoto, tous les efforts devront être entrepris pour rendre publics les dégâts engendrés par la privatisation de l?eau. ChristNet y contribuera. Nous organiserons en outre une campagne de prières pendant la durée de la conférence. La Swisscoalition informera au mois de janvier sur les possibilités d?interventions publiques. La CNUCED, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, a récemment publié un rapport qui constate l?échec des mesures « d?ajustement structurel » et de la privatisation.

Egalement en 2003, l?Organisation Mondiale du Commerce se prononcera sur un traité qui obligerait tous les pays membres à libéraliser leur service public, ce qui concerne également l?eau. Il existent donc deux forces opposées (ONU contre WTO et Banque Mondiale). Qui sera vainqueur ? C?est un sujet de prière !

Sources:

www.swisscoalition.ch
www.bicusa.org/ptoc/pdf/psiru_water.pdf
www.bicusa.org/ptoc/pdf/results_water.pdf
www.challangeglobalization.org/html/pubs_research_toc.shtml
www.worldbank.org
www.imf.org
www.thewaterpage.org
LE MONDE diplomatique: Manières de voir 65; septembre-octobre 2002
Work, 6 décembre 2002

Littérature parallèle:

– Joseph Stieglitz: Die Schatten der Globalisierung; 2002

– Riccardo Petrella: Wasser für alle; 2000

Ces organisations organisent un appel par lettre à M. Nitin Desai (Secrétaire Général du Sommet de Johannesburg), auquel vous pouvez participer (voir appel sur ChristNetOnline)


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