La libéralisation des heures d’ouverture des magasins met les familles en danger

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Ventes du dimanche

Le 22 septembre 2002, une votation aura lieu dans le canton de Bâle-Ville et dans le canton de Soleure, et éventuellement aussi dans le canton d’Argovie, sur l’abolition de toutes les réglementations relatives aux heures d’ouverture des magasins. Les magasins pourraient alors rester ouverts jusqu’à 23 heures. En outre, le dimanche ne serait plus un jour de repos public. Toutefois, grâce à un arrêt de la Cour fédérale, les magasins avec employés ne seraient alors toujours pas autorisés à rester ouverts plus de trois dimanches par an environ, mais la pression sur les dimanches augmente et ce ne serait qu’une question de temps avant que les dimanches ne tombent aussi.

Les ventes du soir aussi

Mais les soldes du soir sont également très problématiques, car les heures d’ouverture prolongées des magasins rendent la cohabitation de dizaines de milliers de familles massivement plus difficile, voire impossible. L’expérience des employés des cantons de Bâle-Campagne et de Zurich montre qu’en réalité, on ne se préoccupe guère de savoir si quelqu’un a une famille à la maison et ne veut donc pas travailler le soir. Si un membre de la famille doit travailler le soir, cette communauté est déchirée. De nombreux salariés se plaignent qu’une vie familiale normale est devenue très difficile. Il n’est plus question de participation régulière à la communauté ecclésiastique (groupes de maison, etc.). Même pour ceux qui sortent du magasin à 20h15 et doivent rentrer chez eux, il est trop tard pour eux. La plupart des magasins intéressés par les ventes du soir ne resteraient ouverts que jusqu’à 20 heures pour l’instant, mais l’expérience montre que le fait qu’ils soient ouverts jusqu’à 19 heures ou 20 heures est crucial pour la vie familiale et communautaire.

En fait, toutes les études, qu’elles soient menées par les autorités, les universités ou les syndicats, montrent qu’en moyenne 80 à 90 % du personnel de vente est opposé à un allongement des heures d’ouverture. La plupart d’entre eux sont donc en fait affectés négativement. Pour eux, le travail du soir ne signifie évidemment pas non plus un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. La majorité du personnel de vente n’a pas d’apprentissage (et n’a souvent pas les compétences pour le faire). Un changement de profession est difficile à réaliser pour eux.

La famille doit être protégée à tout prix

Bien sûr, certaines professions travaillent déjà le soir. Mais la plupart d’entre eux sont des services de base tels que les services d’obstétrique, de police et d’ambulance, ou la restauration, qui ne peut se faire que le soir. Cependant, le shopping n’est pas inévitable et nous ne devrions donc pas sacrifier davantage de familles pour cela. En Suisse, quelque 250 à 300 000 personnes sont employées dans le secteur de la vente. Si maintenant la plupart des cantons libéralisent les heures d’ouverture et que déjà seule la moitié des magasins (surtout les grands) prolongent leurs heures d’ouverture, ce sont des dizaines de milliers de familles en Suisse qui sont touchées. Si nous voulons vraiment défendre la mission chrétienne de la famille, je pense que nous devons précisément prendre ces problèmes à cœur.

Nous savons également tous que les familles dysfonctionnelles sont l’une des causes de la criminalité. C’est pourquoi la famille doit être protégée à tout prix. Nous voulons une politique d’amour qui rende la famille possible, plutôt qu’une politique de punition après coup. En tant que chrétiens, nous sommes préoccupés par l’évolution de notre société vers une société de consommation et de haute performance surchargée. Selon l’ordre significatif de la création de Dieu, il devrait y avoir une fin de travail ainsi qu’un jour de repos. L’occasion où nous, les humains, pouvons nous reposer, cultiver des relations, nous rétablir (y compris « l’hygiène mentale ») et réfléchir sur le sens et le but de notre vie.


Photo by Mike Petrucci on Unsplash

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