Archive d’étiquettes pour : action

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Partager un bon repas est un bienfait pour le corps et l’esprit. Qui n’en conviendrait pas? Manger, c’est aussi recevoir ce qu’il nous faut pour vivre. Cependant c’est le jeûne qui nous réapprend à apprécier ce don de la Création et à en jouir avec modération. Le jeûne, c’est un choix autodéterminé qui nous donne des impulsions pour développer un style de vie et une économie solidaire, empreints de contentement.

«Jeûner face à la crise politique». Voici le titre d’une semaine de jeûne qui a eu lieu fin mars et a réuni un groupe de personnes de divers horizons à l’Eglise mennonite de Berne (Suisse), en collaboration avec ChristNet. En tant qu’animatrice de temps de jeûne avec accréditation médicale, je constate que le jeûne, tout en procurant du repos à notre système digestif, rend notre esprit plus libre et réceptif. Il nous permet d’être à nouveau attentifs aux choses que nous ne voyions plus, aux mots et aux odeurs… Tous nos sens se réveillent et nous rendent sensibles à nous-mêmes, à notre environnement, à nos prochains. Le jeûne casse des comportements bien rodés et nous invite à essayer quelque chose de nouveau qui fait du bien à nous-mêmes et aux autres.

Ce qui se passe dans le monde

C’est exactement l’état qu’il faut pour regarder de plus près et sans œillères, ce qui se passe dans le monde. Ne sommes-nous pas tous inquiets face à ces hommes forts, avides de pouvoir, tout en étant embrouillés dans la violence et la corruption? Ces hommes qui exercent (à nouveau) une force d’attraction apparemment irrésistible? Et non seulement des hommes: des femmes aussi empruntent le chemin du populisme pour obtenir le pouvoir. Comment est-il possible que des personnes qui proposent un programme politique basé sur l’exclusion, le racisme et l’appropriation illégitime puissent gagner des élections? Que pouvons-nous faire?

Volonté de résister…

Démêler les racines de ce problème est très complexe et, lors de notre semaine de jeûne… non, nous n’avons pas trouvé de réponses et de solutions toutes faites. Mais nous avons trouvé la volonté de résister. C’est dans la résistance non-violente que la beauté et le potentiel créatif de l’humanité brillent le plus fort. Pour cela, il nous faut, d’une part, cheminer et prier ensemble afin de rester dans la cible. Il nous faut, d’autre part, nourrir notre conscience au quotidien afin de trouver des pistes concrètes, comme par exemple choisir un mode alimentaire qui ne nuise pas à nos prochains du Sud.

… dans le silence et la lenteur

Dieu manifeste sa puissance en tant que force de création, de vie, d’amour et de bienveillance. Il crée la vie dans le silence et la lenteur. De la même manière, nous voulons exprimer notre résistance face aux puissances et aux autorités par la foi, l’amour et l’espérance. Tel pourrait être le bilan de cette semaine de jeûne.


[1] Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1075, mai 2017, www.editions-mennonites.fr.

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Compte-rendu d’Anne-Sylvie

Suite au cours « Just people !? » de StopPauvreté que nous avons organisé au premier semestre 2012, notre groupe a décidé de mener une action consistant à manger moins pendant 2 semaines pour donner l’argent économisé pour un projet de développement (ADENN). Deux d’entre nous ont décidé de ne manger qu’un bol de riz par jour par solidarité avec tous les gens vivant avec cette quantité de nourriture.

Cette expérience a été marquante sur beaucoup d’aspects. Tout d’abord elle nous a permis de nous rendre compte de l’abondance dans laquelle nous vivons et nous a appris à être plus reconnaissants pour la nourriture que Dieu nous donne en quantité.

Ensuite nous avons pu réaliser qu’avec peu de nourriture, nous devenions moins efficaces dans notre quotidien, en étant plus fatigués, sans énergie. Cette sensation de vivre dans notre chair ce que vivent tant de personnes dans le Sud nous a permis de réaliser à quel point la faim fait perdre des ressources aux pays pauvres.

Enfin, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois à midi pour un temps de méditation. Nous sommes restés interpelés par différentes nouvelles parues au cours de ces jours et en particulier par le fait que chaque ménage suisse jette l’équivalent d’un repas à la poubelle chaque jour et que le nombre de personnes dans le monde ne se nourrissant pas à leur faim est de 870 millions de personnes.

Par ailleurs, nous avons découvert quelques exhortations à plus de solidarité dont la Bible regorge. Ainsi, Paul nous interpelle à utiliser notre superflu pour servir ceux qui sont dans le besoin (2 Corinthiens 8.13).

Soyons donc dans la joie pour ce que nous avons et n’ayons pas peur de partager avec générosité ! Avec cette action « bol de riz », nous avons pu faire un petit pas dans cette direction.

Témoignage d’Alexandre

Manger moins, vivre plus: une semaine avec un bol de riz par jour

Faire l’expérience de quelques jours différents dans mon alimentation m’a beaucoup apporté. J’y ai ressenti le manque mais j’y ai aussi réalisé l’abondance dans laquelle je vis. Me priver pendant quelques jours m’a permis de voir tout ce dont je ne me prive pas au quotidien, tout ce qui me semble si naturel d’acquérir, de consommer, de jeter. Il m’a été possible ainsi de penser plus concrètement à tous les êtres humains sur cette terre qui vivent privés de tant de richesses et dont le quotidien est fait non pas d’abondance mais d’indigence.

L’expérience a été d’autant plus forte qu’elle était partagée par plusieurs personnes en même temps, comme une communion dans l’ascèse. Je ne peux que recommander ce régime (!) pour développer un esprit de justice dans nos vies et dans le monde, par la grâce de Dieu. Estimant que la vie chrétienne doit être marquée par des temps spéciaux qui donnent sens au passage du temps, je serais partant pour revivre cela chaque année!

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Et si Noël [re]devenait un événement qui change le monde ?

Yverdon/Genève, 08.12.09 – « Les rebelles de Noël » lancent leur site et une vidéo de présentation. Cette campagne, soutenue par le Forum de discussion ChristNet, obéit à un concept très simple : pour Noël, acheter un cadeau en moins, trouver une alternative non pécuniaire à offrir et donner l’argent ainsi économisé pour une bonne cause.

« Les rebelles de Noël », un groupe de chrétiens proches des associations ChristNet et A Rocha, proposent des idées pour célébrer Noël pleinement, tout en tenant compte des besoins des populations les plus pauvres de notre monde.

Une vidéo et un nouveau site web

Une vidéo de promotion présente de manière dynamique le stress et la surconsommation que l’on ressent durant cette période de l’année. Elle met en évidance les sommes importantes qui sont consacrées chaque année à cette fête. Une réflexion est proposée sur la manière de vivre Noël autrement. A noter qu’une version suisse allemande et française complète la version romande.

Le site internet lesrebellesdenoel.ch présente une série de cadeaux à offrir pour que Noël redevienne un événement qui change le monde. Ces projets sont proposés par plusieurs associations caritatives (Medair, Caritas, EPER, StopPauvreté2015, etc.)

« Célèbre pleinement, dépense moins… et aime ! »

Derrière cette manière originale de vivre Noël , il y a un fil rouge qui se résume ainsi : célèbre pleinement, dépense moins, donne plus et aime chacun. Cette façon d’entrevoir la période de Noël, s’inspire du récit de l’Evangile et essaie de lui donner corps.

Le concept est principalement transmis par Internet, au travers de Facebook (avec la possibilité de jouer à un quizz), Youtube et notre site internet. Quelques églises ont déjà commencé à diffuser la vidéo pour sensibiliser leurs paroissiens à cette problèmatique.

« Les Rebelles de Noël » s’adressent à toute personne désireuse de (re)découvrir le véritable sens de Noël. Cette campagne s’inspire de la démarche nord-américaine « Advent Conspiracy » qui existe depuis 2006 et qui a permis, en 2006, de récolter 500’000 $ pour la construction de puits au Libéria.

Infos

Site internet de la campagne : www.lesrebellesdenoel.ch

Vidéo de promotion version romande : www.youtube.com/watch?v=YrYFqWVqiNI

Page Youtube des Rebelles de Noël : www.youtube.com/user/lesrebellesdenoel

Page Facebook : www.facebook.com/pages/Les-rebelles-de-Noel/183836692964?ref=mf

Contacts

Les Rebelles de Noël : Philippe Kiener, philippe.kiener@artszone.net, 078 607 81 75

ChristNet : Samuel Ninck-Lehmann, samuel.ninck@christnet.ch, 022 731 71 83

Liens

www.adventconspiracy.org

www.christnet.ch

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Souvent, la peur de manquer nous empêche de partager. Pourtant, Dieu nous promet de pourvoir à nos besoins. A Berne, pendant une année, un groupe de chrétien-ne-s a vécu selon le principe de l’ « assez » et renoncé au superflu : ça s’appelle cukup (« assez » en indonésien). A travers le silence, le chant et les enseignements, ils ont abordé les thèmes de la pauvreté et de la prospérité. Rahel Röthlisberger, médecin interne dans un hôpital, est l’une des initiatrices du projet.

Rahel, comment t’est venue l’idée de cukup ?

Après un stage de 3 mois dans un hôpital de campagne au Niger (Afrique), j’ai assisté à un congrès sur le thème « défi pauvreté, engagement chrétien dans un monde injuste ». J’ai été profondément bouleversée d’entendre parler du système mondial et des conséquences de l’injustice pour les plus pauvres des pauvres. En même temps, j’ai aussi été encouragée par l’exemple d’un homme qui a répondu à une nécessité flagrante, celle de créer des places de stage pour des jeunes sans emploi. Après la conférence, je n’avais qu’une question en tête : qu’est-ce que je peux faire concrètement ? J’ai prié avec deux collègues pour que Dieu nous donne des réponses concrètes et simples à appliquer au quotidien. Pour moi, cukup était une réponse.

Qu’est-ce qui te motive à partager ?

Pour moi, c’est une question de justice. En tant que personne voulant suivre Jésus, je considère aussi comme un devoir de partager tant qu’il y aura des hommes qui ont faim, qui ont soif, qui n’ont pas assez ou sont dans le besoin. Et cela concerne des millions de personnes. J’ignore quelle part de notre revenu nous reviendrait réellement si nous devions prendre en charge les conséquences financières des règles du commerce injustes, de l’exploitation des ressources naturelles, de notre production de gaz polluants et de ses incidences sur le climat ?

Mais on peut quand même se faire plaisir de temps en temps ?!

Dans le cadre du cukup, nous nous sommes rapidement rendus compte qu’ « assez » signifiait trouver un juste milieu : ne pas économiser et souffrir de manque en n’ayant « pas assez » pour vivre, mais se satisfaire d’un simple « assez » et redistribuer le « plus qu’assez ». Et pas à n’importe qui mais justement à ceux qui sont dans le besoin.

Est-ce que le projet cukup t’a aussi apporté quelque chose ?

J’ai découvert que le fait de renoncer mais aussi de demander et de recevoir est extrêmement enrichissant. Le partage nous oblige à entrer en relation avec les autres, nous apprend à être patients et à nous réjouir de ce que nous avons ! Je possède encore beaucoup, bien plus qu’assez ! Et puis, ça me touche beaucoup de voir qu’avec une somme qui me permettrait ici d’acheter un paquet de chewing-gum, mon amie du Niger peut s’acheter à manger pour toute une semaine au lieu de souffrir de la faim ou de n’avoir de véritable repas qu’une fois par semaine. Pour moi, la renonciation à cette somme modique n’est rien comparée à la joie de mon amie.

 

 CUKUP_invitation


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Pétition « Assez pour partager » 2007

Des réflexions fondamentales autour des thèmes suivants : la Bible et la pauvreté, le contentement, la croissance économique, la redistribution.


Une charité mandatée par l’État ?

Assez pour vivre ? Assez pour partager !

Que dit la Bible sur le partage et la pauvreté ?

Le partage ? une alternative à la croissance économique ?

La pauvreté dans la Bible

 

~ 2 min

Bâle, 30.9.05 : Des milliards de francs d’argent sale provenant de l’étranger sont encore stockés sur des comptes suisses, la plupart étant le fruit de la fraude fiscale. Nos banques ne sont-elles pas assez exigeantes ? Et la population ?

ChristNet l’a mis à l’épreuve : hier, une délégation d' »hommes d’affaires » a visité la Paradeplatz à Zurich, le centre bancaire suisse, et a offert de l’argent aux passants. De l’argent sale, bien sûr, malodorant et souillé.

Conclusion : les passants se sont jetés dessus, mais la plupart ont décliné avec des remerciements, certains rétorquant « Non, je ne prends pas d’argent sale ! Félicitations, cher Suisse, c’est ainsi que cela doit être.

Interrogés plus spécifiquement sur le secret bancaire, certains ont répondu qu’il n’y avait rien à faire à ce sujet. D’autres, en revanche, ne veulent pas que le secret bancaire soit ébranlé : « Notre richesse vient de quelque part » ou « Il faut bien vivre de quelque chose » sont les arguments les plus fréquemment entendus. La conscience de l’injustice semble être généralement présente, même si elle est en partie couverte par des justifications venteuses. Mais la crainte pour son propre bien-être est plus grande. Que pouvons-nous faire ?

Le 5 novembre, ChristNet tiendra une conférence sur le thème de l’argent en Suisse à la Nägeligasse 9 à Berne. Sous le titre « L’argent ou la vie », différents domaines seront mis en évidence où la Suisse semble s’accrocher davantage à l’argent au lieu de faire confiance à Dieu. Ensemble, nous voulons trouver de nouvelles voies.

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Décors : La forteresse du Forum Economique Mondial est une fois de plus bien gardée par toute une armée de policiers, policiers militaires et militaires. La mission de cette dernière : filtrer les manifestants en fouillant les voitures, en contrôlant les identités…

1er acte, la tension monte :

11 h : Nos sept ?terroristes? se retrouvent à Thusis (Grisons). Petite photo de famille avec les pencartes au cas où notre armement serait confisqué, puis nous nous lançons à l?abordage.

11 h 30 : Premier contrôle de la police. Tendue mais correcte, elle ouvre nos coffres et regarde notre armement. Mes béquilles ne sont pas confisquées, ouf ! Des journalistes font déjà quelques photos et jouent peut-ëtre le rôle d?observateurs.

11 h 45 : Deuxième contrôle policier. On se croirait en plein film : nos voitures sont entourées de quatre ?rambos? protégés d?une armure de la tête aux pieds et qui nous empêchent d?ouvrir les portes. Nous sommes sur une place avant l?entrée d?un tunnel au milieu de tout un régiment (sans observateurs cette fois-ci). Les fumigènes sont prêtes. Ouverture des coffres ?bis? puis contrôle des identités au quartier général. Nos casiers ont l?air vierges (peut-être plus maintenant), car nous pouvons repartir un quart d?heure après, avec mes cannes, ouf ?bis? ! A quand le troisième contrôle ? (certains ont pu en ?bénéficier?).

12 h 30 : Après un voyage sans histoire, escortés devant nous par une voiture de police, cinq fourgonettes (elles n?étaient pas de la police, mais l?image était forte !), survolés par un ou deux hélicoptères, nous arrivons sain et sauf à Davos. La police est toujours très présente, la ville est morte.

13 h : Nous mangeons dans un des seuls établissements ouverts (même les stations services sont fermées car on a peur que les manifestants y mettent le feu !). A la sortie, la patronne nous prie de rester calme durant la manif…

14 h : Nous partons pour rejoindre d?éventuels manifestants. Mais où sont-ils ? On nous indique de suivre à pied une route pendant environ 30 minutes. Nous appercevons 3 ou 4 manifestants. Nous sortons notre matériel et effectuons notre petit défilé privé.

14 h 30 : Enfin, nous rejoignons sur une place un millier de manifestants hétéroclites qui attendent depuis un bon moment (la manifestation était prévue pour 13 h 30). Il y a des syndicalistes, des anarchistes, des zapatistes, des pacifistes, des particuliers… et beaucoup de journalistes. La moyenne d?âge est en dessous de 25 ans. Le style est assez alternatif.

15 h 30 : Après quelques interviews et rencontres, quelques personnes prennent la parole à tour de rôle. On nous annonce qu?il y a environ 4000 manifestants bloqués à Landquart et qui refusent d?entrer dans le jeu des contrôles. Certains d?entre eux, excédés, ont fait quelques petit dégâts. La tension monte. Nous attendons. Quelques instants plus tard, on nous dit qu?un accord a été conclu pour des contrôles volants dans le train. Landquart est débloquée…mais pas pour longtemps car tout le monde est finalement contrôlés une fois à l?intérieur !

Un train arrive, hourra !…, mais en fait il est vide ! La tension monte d?un cran. On nous annonce que personne ne nous rejoindra finalement. Une décision est prise, nous allons rendre le droit de manifester et les rejoindre solidairement à Landquart ! La police risque bien de se retrouver prisonnière et piègée par son propre jeu (prise en sandwich par deux foules de manifestants). La tension augmente encore et nous proposons aux organisateurs de lancer un appel au calme.

2e acte, vous avez dit manifester ? :

16 h : Début du cortège, enfin ! Nous levons nos pancartes vers le ciel ainsi que quelques slogans : ?A ceux qui veulent dominer le monde , le monde répond RESISTANCE?, ?Solidarité anti-internationale?, ?Débarrassez le Forum?… Un magnifique veau d?or se promène et se fait arroser de dollars par des politiciens déguisés (Bush…). Nous passons néanmoins devant le Forum barricadé. Quelques boules de neige sont lancées. Le public se résume presque aux montagnes. Le droit de manifester est brûlé devant la mairie car toutes les conditions pour une réelle manifestation ne sont pas respectées.

17 h : Finalement, nous ne savons pas pourquoi, la manifestation prend fin en queue de poisson. Nous n?allons pas à Landquart. Tout le monde rentre… Nous apprenons qu?il n?y a plus personne là-bas. La police a réussi à nous diviser et a retarder, voir empêcher la manifestation.

3e acte, une bombe à retardement :

23 h : Nous regardons les nouvelles dans un monastère près de Coire : les manifestants de Landquart se sont repliés à Zürich pour manifester, mais la police était là. Certains sont allés jusqu?à Berne et quelques extrëmistes anarchistes (?) ont affrontés la police et sacagés des vitrines.

Bilan :

Notre action a permis de contribuer à une pression extérieure sur l?économie actuelle (il faut que la population se mobilise plus!), à faire connaître ChristNet (ainsi que ses revendications à Davos) et à créer des liens. Cette pression doit s?accompagner d?une pression intérieure, plus politique, si on espère voir de grands changements. ChristNet a aussi certains contacts.

Nous sommes persuadés que la violence n?est pas un moyen. Au contraire, elle nous discrédite et fait la ?une? des médias à défaut des vraies problématiques. Alors, à l?année prochaine ? Peut-ëtre que nous pourrons cette fois-ci véritablement manifester…et encore plus pacifiquement !

Epilogue, comment la majorité des médias font ils de la désinformation ? :

Lundi 27.01.03, j’ouvre le journal. Voici ce que je peux lire comme titre dans le Matin : ‘mille manifestants contre 400 policiers’. Ce titre est très ambigü car le lecteur moyen va penser que ce sont mille manifestants qui ont fait des dégats. L’article quant à lui n’est pas plus précis. Je retrouve le même genre de discours dans le 24 heures? Par contre, en lisant le Courrier de Genève (journal indépendant et critique face à la mondialisation néolibérale que je profite de vous recommander) j’apprends que : ‘?quelques dizaines de cagoulés s’en sont pris aux vitrines des banques et des grands hôtels environnants’, et que la police avait immédiatement chargé quant un manifestant a lancé une fusée. J’ai aussi appris que la police avait tiré des balles en caoutchouc sur un train qui quittait Landquart, blessant un manifestant ! Le journal parle même de ChristNet ! Dis moi ce que tu lis et je te dirais de quel côté de la mondialisation tu es?

(Vincent Léchaire)

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GENÈVE, 13 juin 2003 ? « L?Eternel bénira son peuple en lui donnant la paix. » Cette parole du jour tirée du Psaume 29 est devenue réalité pour un groupe d?une vingtaine de chrétien-ne-s et de non-chrétien-ne-s proches de ChristNet, qui ont participé à la grande manifestation anti-G8 du 1er juin.

Trois groupes ont pris part à cet événement de manière différente : le groupe « manifestation » s?est exprimé de manière créative pendant le grand cortège ; 8 « Picsous » tenaient en laisse un personnage représentant l?asservissement de la population mondiale (cf. photo). Ils portaient des slogans comme « Il n?y a pas que l?argent, il y a aussi le fric ? Halte au dieu argent ! » ou sur un ton plus sarcastique « Domine ton prochain comme toi-même ». Ceci dans le but de dénoncer le système économique représenté par le sommet du G8 où une minorité de pays riches décide du sort de la majorité des pays pauvres.

D?autre part, ce groupe a distribué un papillon qui comportait nos revendications ainsi qu?un appel à être pacifique pendant la manifestation (cf. fichier joint). Une fois arrivé à la douane de Vallard, ce groupe s?est engagé dans le service d?organisation pour protéger ? avec succès ? les bâtiments de la douane contre d?éventuelles casses.

Le groupe « peacekeeping » ? une dizaine de personnes ? participait au cortège tout en veillant à un déroulement pacifique de la manifestation. Un groupe d?environ 100 anarchistes qui s?en prenaient à des immeubles et des stations essence a été assez vite repéré. A plusieurs reprises, nous avons pu contribuer à l?apaisement des tensions et à la réduction de la dynamique de violence par des interpellations, des discussions et, si nécessaire, l?interposition. Le service d?organisation de la manifestation ainsi que la discrétion remarquable de la police ont joué un rôle décisif.

Le plus grand défi des « peacekeepers » s?est présenté après la manifestation : au centre ville s?affrontaient des manifestants et la police. Nous avons décidé de nous interposer entre les deux fronts, d?engager le dialogue avec les manifestants et de chercher à faire baisser la tension. Ainsi, la confrontation a pu être évitée à deux reprises. Finalement, le service d?ordre a abandonné et notre groupe, malheureusement trop petit pour tenir bon, est aussi parti.

Le troisième groupe s?est formé spontanément pendant la journée dans notre permanence (un appartement) et priait pour nous et pour toute la manifestation, ce qui a constitué un soutien important.

Malgré les violences perpétrées à Lausanne et à Genève les jours suivants, la grande manifestation a eu un écho médiatique positif. Comme d?autres manifestations alter-mondialistes, elle a le mérite d?avoir fait du G8 un sujet de discussion publique. La population du bassin lémanique a été sensibilisée à la critique d?une mondialisation néolibérale, ce qui fait de cette manifestation un plein succès.

Pour le groupe constitué autour de ChristNet, le bilan est positif : le groupe « manifestation » a vécu une très belle journée, s?est réjoui du déroulement paisible du cortège et a apprécié les discussions avec d?autres militant-e-s. Chacun-e a été motivé par la possibilité de s?engager ensemble pour une idée commune et plusieurs ont exprimé le désir de participer de la même manière à une autre occasion.

Le groupe « peacekeeping » a pu faire de précieuses expériences de non-violence, mais aussi en sentir les limites. Nous avons été impressionné-e-s de constater qu?un petit nombre d?activistes suffit pour détendre des situations tendues, pour autant qu?ils soient déterminés et soutenus par la prière, la force physique n?étant pas primordiale.

Nous sommes encouragé-e-s par le fait que notre espoir et nos propositions pour éviter la violence ont été pris au sérieux par les organisateurs, les manifestants et certains médias. Une manière concrète d?être sel et lumière.

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La force de la non-violence

« Résistez, résistez, Résistez », c’est en scandant ces mots que ceux que les médias nomment le bloc noir, ont encouragé une partie des leurs à casser le long de la manifestation du 1er juin : qui en s’attaquant à un «morceau» de Poste, qui à une façade de bâtiment bancaire, qui à une station d’essence, qui à un arrêt de bus (et tout de suite remis à l’ordre par ses camarades !), qui à un panneau de circulation.

Nous étions parmi eux à marcher ; nous étions avec eux à échanger une parole, à limiter le nombre des munitions (pierres résultant de la destruction d’un muret, morceaux de bois…), à nous interposer entre eux et les bâtiments visés… (tout près d’eux comme des basketteurs !) laissant sprayer, mais tentant de nous interposer quand le projet était de casser. Evidemment, nous étions trop peu. Mais où nous intervenions ? en s’entraidant en cas d’amorce de conflit, les choses se détendaient ! Nous agissions individuellement, mais savoir les autres à proximité était précieux.

Une alternative à la violence répétitive du monde
Parmi ces hommes et ces femmes en partie masqués ou cagoulés, souvent un bâton à la main, pour certains un casque à la ceinture, je me suis toujours sentie en sécurité, même si nos compagnons étaient remplis d’une immense colère, et de haine aussi. L’un d’eux me disant : «Votre non-violence, cela ne sert à rien. Si mon grand-père, travailleur dans les mines, ne s’était pas opposé par la violence, on serait encore dans cet esclavage.». Je mesurais le privilège de ma situation : voir un ad-venir autre que la violence répétitive du monde.

Notre petit groupe hétéroclite ? créé pour l’occasion ? marchait avec ce qu’il me plaît d’appeler le bouclier de la Confiance, soutenu par la prière de beaucoup, les uns à notre permanence de Genève, d’autres ailleurs en Suisse, et bien sûr dans mille lieux du monde. La force de communion est une grâce.

La vue d’appareils photos et de caméras rendaient fou furieux ces manifestants particuliers (un peu différents des 70 000 autres). Quand ils voyaient un appareil trop insistant, ils auraient été prêts à s’en prendre au propriétaire. A cause d’eux, je goûtais un peu ce qu’est la Liberté : marcher à visage découvert en nous affichant avec ces brebis « noires », sans nous préoccuper du fichier policier dans lequel nous tombions en ce jour. Cela avait peu d’importance. L’essentiel était d’être présent avec eux, ici et maintenant.

Quand on observe depuis l’extérieur ces 150 manifestants, on voit un groupe agressif, on imagine la menace qu’ils constituent, la peur qu’ils réveillent en nous. Pourtant, ce jour-là, il aurait suffi de 100 personnes paisibles simplement prêtes à marcher parmi nous au milieu d’eux, avec en plus une quinzaine de manifestants pratiquant ? comme nous tentions de le faire ? le « peace keeping », et la dynamique de violence du groupe aurait été non pas paralysée mais bel et bien dissoute ! Je suis certaine qu’il n’y aurait eu AUCUN DEGAT durant cette manifestation dont la police s’était volontairement écartée. De même, avant la douane de Vallard, la présence entre le cortège et les stations services d’une centaine de personnes, par exemple de gymnasiens sensibilisés à la non-violence, aurait suffi à éviter toute déprédation. La preuve. A la douane de Vallard, alors que tous les bâtiments étaient vitrés. Aucun n’a été cassé, car les autres manifestants, et le service d?organisation, ont constitué la protection la plus efficace.

Une médiation réussie, mais limitée
Notre groupe comptait encore six personnes lorsque nous sommes retournés en ville, du côté de Rive. Là, nous arrivions au milieu d’une confrontation police/manifestants. A plusieurs reprises, avec le service d?organisation bénévole et quelques parlementaires observateurs, nous avons pu nous interposer fructueusement. Ce qui occasionnait une petite bouffée de fierté… avant de se déplacer vers un autre point chaud, et de recommencer le tout avec persévérance et patience.

Placés tout près des manifestants et provocateurs (souvent des adolescents), nous avons eu à nouveau des moments privilégiés d’échanges. A ma question du pourquoi de son attitude, l’un d’eux a fait se retourner son copain. Sur son tee-shirt, en anglais, j’ai lu : « Je préfère mourir debout que vivre à genoux. » A quoi, j’ai répondu : « Je suis d’accord avec cela. C’est pourquoi je suis là, en face de toi, debout. » A cause de leur rage meurtrie au c?ur, ils m’ont touchée mes compagnons d’un jour. Et mon éc?urement est allé aux pseudo-badauds juste là en voyeurs, comptant les points et se lavant les mains de la violence à laquelle ils contribuaient par leur présence.

Quand la police anti-émeute (qui se trouvait toujours dans notre dos!) a chargé avec ses bombes assourdissantes, ces balles colorantes, etc. la soirée est passée dans une troisième phase, celle des combats de rue. Nous retrouvant à l’écart, nous avons décidé de repartir pour notre permanence en faisant un crochet par la gare (potentiellement chaud), ne déplorant que quelques éraflures et taches de peinture ! N’ayant plus les moyens de mener une action fructueuse, nous avons abandonné les rues basses à la violence des uns et des autres.

A lire les journaux, entendre les commentaires radio/TV, notre action (et celle des bénévoles de l’organisation) semble n’avoir servi à rien. Elle n’a pas même été mentionnée ! Pourtant, chacun de nous (dix personnes au total) avons pu expérimenter ? les uns pour la première fois, les autres une nouvelle fois ? la FORCE de la non-violence.

Pour moi, le bilan de la journée ne se chiffre ni en millions de francs, ni en tactiques policières, mais en nombre de relations privilégiées tissées de manière personnelle et intense l’espace de quelques instants avec l’un ou l’autre interlocuteur anonyme, effaçant toute autre préoccupation que ce c?ur à c?ur. Notre action se justifie dans l’interpellation (parfois irritée) qu’a suscité notre interposition pacifique, juste par notre corps, les mains nues et le visage découvert. Nous ne saurons jamais ce qui germera de ces moments partagés.

Plus que jamais, il s’agit de Résister? vous aussi, résistez à la violence, et à ce sentiment d’insécurité, d’impuissance que cultive et fait grandir en nous le monde (du pouvoir/des médias) avec le projet occulte de CASSER… l’Elan vital de notre Espérance.

Marie-Laure Ivanov, Lausanne, juin 2003

~ 2 min

A l’occasion des votations du 2 juin sur l?initiative « Pour la mère et l’enfant » et sur le « Régime des délais », le Forum ChristNet adresse l?appel suivant aux autorités suisses:

Nous comprenons que les situations menant à un avortement et l’avortement lui-même sont, dans la plupart des cas, des événements douloureux et lourds de conséquences. Il est rare qu’une femme avorte dans l’insouciance.

De plus, nous sommes convaincus que Dieu accueille la vie quelles que soient les circonstances et inconditionnellement. C’est pourquoi nous nous opposons à toute banalisation de l’avortement.

Dès lors, nous refusons tout rejet et toute culpabilisation de celles et ceux qui ont passé par un avortement. Nous appelons notamment à soutenir par les moyens les plus divers, les couples et les femmes qui attendent un enfant et sont dans une situation difficile.

1)     Nous demandons que la législation protège efficacement aussi bien l’enfant que la mère.

2)     Nous demandons que le gouvernement fournisse des structures de soutien et de protection aux femmes subissant une grossesse non désirée. Il n’est pas admissible que des femmes et des hommes se voient obligés d’avorter pour des raisons économiques, sociales ou psychologiques. Ces structures pourront inclure, par exemple, la création d’un statut juridique de femme enceinte, d’une assurance-maternité élargie et de centres d’accueil financées par l’Etat ou par des privés.

3)     Nous demandons la création et le soutien de toute institution privée ou publique dont le but est d’aider les femmes et les couples en difficulté à cause d’une grossesse non désirée,ainsi qu’une publicité à grande échelle pour de telles institutions.

4)     Nous demandons la création et le soutien de toute institution privée ou publique dont le but est d’aider les femmes et les hommes subissant un traumatisme après un avortement,ainsi qu’une publicité à grande échelle pour de telles institutions.

5)     Nous demandons aussi que tout soit fait pour que les familles puissent assumer des enfants non désirés tant au niveau économique et social que relationnel.

6)     Nous demandons que les autorités organisent des campagnes d’information qui mettent en évidence les conséquences physiques et psychiques que peut avoir un avortement sur la femme, l’homme et la famille (syndrome post avortement).

7)     Nous demandons que les autorités organisent et soutiennent des campagnes d’information et d’éducation pour prévenir les cas de grossesse non désirée et pour donner une vision de la sexualité qui préconise les valeurs comme la confiance, la fidélité et l’amour.

 

Berne, le 13 avril 2002

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