Archive d’étiquettes pour : Démocratie

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L’initiative contre la SSR sera soumise au vote le 8 mars. Au lieu des 335 francs actuels, la SSR ne coûterait plus que 200 francs aux utilisateurs. Cette réduction des redevances revient à laisser le pouvoir de l’information aux mains des milliardaire et ses grandes entreprises de médias.

Le recul de la démocratie dans toutes les régions du monde est également lié à la polarisation de l’information due à la concentration des médias et aux algorithmes d’Internet. Dans ce contexte, il est essentiel de maintenir une source d’information relativement fiable et répandue telle que la SSR. Car la démocratie a besoin de vérité et d’informations équilibrées.

Changement dans les médias en Suisse – L’argent et les idéologies des riches prennent-ils le dessus ?

Au cours des dernières décennies, le nombre de journaux régionaux en Suisse a diminué, principalement en raison de fusions et de rachats. Ceux qui restent sont concentrés entre les mains d’un nombre toujours plus restreint de propriétaires et sont en partie rachetés et fusionnés par des milliardaires.

  • Tamedia détient près de 50 % du marché suisse des journaux
  • AZ/NZZ détient près de 20 % en Suisse alémanique
  • Ringier et, avec lui, la maison d’édition Axel Springer concentrent également une grande partie
  • Tito Tettamanti a été le premier milliardaire à acheter la maison d’édition Jean Frey en 2001 et à changer l’orientation de son magazine Weltwoche. En 2010, c’est au tour de la Basler Zeitung, qui, malgré les dénégations de Christoph Blocher, est tombée entre ses mains. En 2018, Blocher a vendu la BaZ à Tamedia, mais a reçu en échange toute une série d’hebdomadaires gratuits qui touchent désormais plus d’un demi-million de foyers chaque semaine et véhiculent largement la propagande de l’UDC.

Dans ces conditions, le paysage médiatique s’est légèrement déplacé vers la droite au cours des dernières décennies. Les médias chrétiens sont également concernés. Eux aussi dépendent des grands donateurs et de leur opinion. Certaines voix s’élèvent pour dire que c’est une bonne chose, car les médias ont toujours été plutôt de gauche. Le mythe, volontiers entretenu par divers milieux, selon lequel les médias seraient de gauche ne résiste pas à l’analyse scientifique : une étude menée par l’Université de Zurich entre 2018 et 2023 montre un regroupement plutôt centriste, avec des écarts vers la gauche et vers la droite. La SRF n’est apparemment pas non plus de gauche. En outre, l’évaluation régulière de l’Université de Zurich sur la couverture médiatique des initiatives et d’autres votations montre que les causes de gauche ne s’en sortent généralement pas mieux… Mais la majorité des journalistes ne sont-ils pas «de gauche» ? Une enquête de la ZHAW semble leur donner raison. Cependant, ce sont apparemment les éditeurs, et non les journalistes, qui décident de la direction à prendre. L’orientation des médias est manifestement plus libérale que conservatrice, mais tout aussi libérale à droite qu’à gauche.

Un regard sur l’étranger : où cela peut mener

D’autres pays ont déjà fait un pas en avant dans ce domaine :

  • Au Royaume-Uni, Rupert Murdoch et d’autres conservateurs de droite ont racheté de nombreux médias dès les années 70 et ont réussi, grâce à leur propagande, à faire élire Margaret Thatcher et à promouvoir son idéologie de désolidarisation.
  • En France, Vincent Bolloré s’est construit au cours des 20 dernières années une position similaire à celle de Murdoch, tout comme les familles Dassault et Pierre-Edouard Stérin. Plusieurs études se sont penchées sur la concentration des médias en France. Libération résume la situation comme suit : en février 2022, 11 milliardaires détenaient 81 % des ventes de quotidiens nationaux, 95 % des hebdomadaires d’intérêt général, 47 % des parts d’audience radio et 57 % des parts d’audience télévision. Parmi les milliardaires qui dominent le marché des médias, Vincent Bolloré se distingue particulièrement. Cette concentration a entraîné un essor encore plus fort des mouvements conservateurs de droite en France que dans le reste de l’Europe occidentale.
  • Aux États-Unis, le processus de fusion des médias et de réduction de la couverture médiatique locale est en cours depuis longtemps. Aujourd’hui, seuls les milliardaires peuvent se permettre d’acheter des médias. Ceux-ci exercent désormais une influence plus forte : Jeff Bezos de Amazon a racheté le Washington Post, autrefois plutôt de gauche, et a renforcé le blocage des reportages critiques en 2025. Ces dernières années, des personnes exposés à la critique ont commencé à intenter des procès en dommages-intérêts se chiffrant en millions contre les médias qui publient des articles qui leur déplaisent (Weaponized Lawsuit), ce qui peut entraîner un « effet dissuasif », c’est-à-dire une autocensure. Le président Trump a encore accru cette pression par de nombreuses poursuites judiciaires se chiffrant en milliards, des menaces et des mesures légales. CBS a ainsi dû être vendue à l’un de ses amis. Son émission satirique très populaire avec Stephen Colbert, critique de Trump, sera arrêtée en mai 2026.

Dans le cadre de l’objectif visant à faire taire les opposants, le financement des chaînes de télévision publiques aux États-Unis a également été supprimé. Cela montre un parallèle avec la Suisse, où l’initiative SRG émane également du parti le plus proche de Trump (et dont les figures de proue, Blocher et Köppel, sont des sympathisants du président américain).

Nous avons besoin de médias indépendants et désintéressés pour lutter contre la propagande

Dans le même temps, de plus en plus de personnes s’informent sur Internet et y trouvent souvent des informations et des algorithmes appartenant à des milliardaires tels que Mark Zuckerberg et Elon Musk, qui ont parfois des intentions de propagande d’extrême droite. Ils laissent également libre cours à la désinformation, à la diffamation et à la propagande haineuse. Nous sommes passés d’une ère d’information à une ère de désinformation.
En cette période de tensions croissantes et de polarisation sociale, nous avons besoin de médias qui disposent encore de suffisamment de temps pour produire des reportages bien documentés et non motivés par des intérêts particuliers, qui, comme la SSR, doivent respecter un temps d’antenne équilibré pour tous les partis et qui sont en mesure de vérifier correctement les faits. Car si seuls les intérêts sont poursuivis, c’est la propagande qui prévaut, et non la vérité. En tant que chrétiens attachés à la vérité, nous devrions considérer cela comme une situation d’urgence.
On entend parfois dire que la SSR est « contrôlée par l’État » et fait de la propagande d’État. Or, ces accusations découlent de théories du complot et de la crainte d’un État tout-puissant (idée encouragée par les milieux économiques intéressés par une plus grande liberté). En effet, en Suisse, « l’État » n’est pas de gauche (voir le Conseil fédéral et le Conseil national) et dispose de beaucoup moins de pouvoir que dans d’autres pays, sans parler de son influence sur le contenu des programmes télévisés. Ceci contraste fortement avec les exemples susmentionnés des chaînes appartenant à des milliardaires. C’est précisément l’enjeu du vote du 8 mars 2026. Allons-nous nous laisser séduire par la réduction de 135 francs de la redevance télévisuelle ?

Photo de Ajeet Mestry sur Unsplash

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L’Église et l’État, tiraillés entre leurs missions En Suisse, nous parlons d’une séparation entre l’Église et l’État, qui doit permettre la liberté de religion et la neutralité de l’État. Mais si leurs missions respectives viennent à se confondre, cela peut avoir de graves conséquences pour l’ensemble de la société.

Pour comprendre les relations actuelles entre l’Église et l’État dans le monde occidental, il faut se plonger dans l’histoire de l’Église. En effet, la révolution papale de la fin du XIe siècle a marqué le début d’une lutte sans fin entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel qui, selon Klaus Roth, a accéléré la formation du système étatique européen (2006 : 79). L’idée de l’État est donc le résultat d’attentes non satisfaites, selon lesquelles une coexistence harmonieuse entre l’empereur et le pape permettrait de convertir l’humanité entière à la foi chrétienne et d’instaurer un ordre conforme à la volonté de Dieu (cf. Schmitt 1950, 30, 96f.). Bien que la foi chrétienne ait retrouvé une importance centrale dans la formation des États pendant la Réforme et la Contre-Réforme (Roth 2006 : 89f.), l’État s’est émancipé de la tutelle religieuse du christianisme au cours de la Révolution française et est devenu souverain. Selon Ernst-Wolfgang Böckenförde (1982 : 64), la séparation de l’Église et de l’État n’était pas radicale, mais équilibrée. Ainsi, les deux pouvaient remplir leur mission indépendamment l’un de l’autre et interagir : l’État est le représentant de la loi et de l’ordre et l’Église la proclamatrice de l’Évangile.

Influence de l’Église sur l’État

La mission de l’Église, qui consiste à proclamer l’Évangile, est généralement considérée comme apolitique (Böckenförde 1982 : 82). Mais elle peut exercer une influence politique involontaire par le biais de l’effet de l’Évangile sur la société. C’est le cas, par exemple, lorsque des questions de morale et d’éthique sont soumises au vote et que les chrétiens, en tant que citoyens, utilisent leur voix de manière ciblée sur ces sujets (1982 : 83). Grâce à la neutralité de l’État et à la liberté de religion, le christianisme peut continuer à s’impliquer dans la vie sociale et parfois influencer l’ordre juridique (1982 : 66). En effet, les valeurs du christianisme constituent encore le fondement de l’ordre politique dans de nombreux pays occidentaux (1982 : 67f.). L’Église transmet les valeurs, car l’État ne peut le faire sans renoncer à sa neutralité religieuse. Cependant, une société pluraliste attend de l’Église qu’elle traduise ses valeurs de manière à ce que même les personnes sans lien avec le christianisme puissent les adopter et les intégrer dans leur propre vision du monde. La question se pose alors de savoir dans quelle mesure l’Église doit assumer son rôle de transmetteur de valeurs. Est-elle en mesure de remplir ainsi sa mission d’annonce de l’Évangile ou bien la dénature-t-elle par la sécularisation de ses valeurs ? Pour Böckenförde, une chose est sûre : « Contribuer à l’intégration d’une société pluraliste par la formation d’un consensus approprié ne fait pas partie de la mission spirituelle de l’Église. {…} La fidélité à sa mission peut la contraindre à tenir des propos et à agir de manière désintégratrice » (1982 : 71). Selon lui, l’Église ne doit pas s’engager en faveur de l’intégration d’un fondement libéral et démocratique qui contredit les principes chrétiens.

Tirer les leçons de l’histoire

Récemment, la démocratie en tant que forme de gouvernement a également été critiquée parce que les valeurs laïques ont gagné en influence dans la société et ont donc été plus souvent inscrites dans la loi (par exemple, le mariage pour tous). Cela a suscité le mécontentement de nombreux chrétiens et chrétiennes et un désir ardent de voir le royaume de Dieu s’instaurer sur terre. Il n’est donc pas surprenant qu’ils se rallient à un dirigeant politique qui défend leurs intérêts, ou du moins qui prétend le faire. C’est actuellement le cas, entre autres, aux États-Unis et au Salvador. On y observe de manière très frappante le mélange des rôles de l’Église et de l’État, qui entraîne un abandon des ordres démocratiques au profit de systèmes totalitaires.

Eric Voegelin et Raymond Aron qualifiaient ces régimes violents de « religions politiques » (Maier 2006 : 18). Ils y voient une tentative de donner une dimension quasi religieuse à l’ordre politique et des parallèles avec les modèles de la culture politique et religieuse unifiée de l’Antiquité. « Les régimes totalitaires modernes sont toutefois aussi le visage déformé d’un christianisme perverti, dont il ne reste que l’ordre extérieur, la contrainte et la discipline (2006 : 18f.). Avec leurs soi-disant « doctrines pures », ils auraient imité des développements problématiques de l’histoire du christianisme.

Il ne semble donc pas fortuit que l’émergence de régimes violents modernes s’accompagne d’une résurgence démesurée du culte de la personnalité, de la déification des dirigeants et des martyrs dans le contexte de la politique totalitaire (Maier 2006 : 19). Les événements actuels aux États-Unis illustrent très clairement cette situation. Ce qui ne devait être qu’un grand service commémoratif pour l’activiste et évangéliste assassiné Charlie Kirk a pris une dimension politique inquiétante avec le discours de Donald Trump, dans lequel il a insisté sur la nécessité de se venger de « la gauche radicale ». Ses déclarations contredisaient également celles d’Erika Kirk, qui avait pardonné au meurtrier de son mari (FOX 9 Minneapolis-St. Paul, 2025).

Au vu de ces événements, il est d’autant plus important de se rappeler pourquoi l’État s’est séparé de l’Église au fil des siècles. La séparation des deux institutions reste absolument nécessaire : premièrement, pour une coexistence pacifique au sein de la société ; deuxièmement, pour une liberté de religion qui nous permette, à nous chrétiens, de vivre notre foi publiquement et en privé sans être persécutés ; et troisièmement, pour que l’État et l’Église puissent chacun remplir leur mission. Dans une démocratie, l’État et l’Église peuvent remplir leurs missions, mais dans un système totalitaire, elles se dissolvent. Comme l’histoire nous l’enseigne, les régimes totalitaires sont souvent pseudo-chrétiens et imprégnés d’hérésies favorables au dirigeant en place. Tirons les leçons de l’histoire et prenons au sérieux l’avertissement de Hermann Heller : « L’État ne peut devenir totalitaire que s’il redevient un État et une Église en un, mais ce retour à l’Antiquité n’est possible que par un rejet radical du christianisme » (1929 : 56).

Engageons-nous donc en faveur d’une démocratie saine, imprégnée des valeurs chrétiennes, en Suisse, afin de pouvoir continuer à remplir notre mission d’annonce de l’Évangile !


Sources

Böckenförde, E-W. (1982) : État, société, Église. Dans : Böckle, F., Kaufmann, F-X., Rahner, K. et Welte, B. (éd.) (1982) : Christlicher Glaube in moderner Gesellschaft. Volume 15. Herder Freiburg. Fribourg-en-Brisgau. pp. 64-83.

FOX 9 Minneapolis- St.Paul (2025) : Cérémonie commémorative complète de Charlie Kirk. Youtube (consulté le 22/09/2025)

Heller, H. (1929) : L’Europe et le fascisme. de Gruyter. Berlin. pp. 56.

Maier, H (2006) : Un État constitutionnel démocratique sans christianisme – qu’est-ce qui serait différent ? Dans : Brocker, M., Stein, T. (éd.) (2006) : Christentum und Demokratie. WGB (Wissenschaftliche Buchgesellschaft). Darmstadt. pp. 18-19.

Roth. K. (2006) : Ordnungskrise von Kirche und Reich und die Genese des modernen Staates. Dans : Brocker, M., Stein, T. (éd.) (2006) : Christianisme et démocratie. WGB (Wissenschaftliche Buchgesellschaft). Darmstadt. pp. 79-92.

Schmitt, C. (1950) : Le nomos de la terre dans le droit international public. Dunker & Humblot. Berlin. pp. 30, 96f.

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Le ForumChristNet de samedi dernier, placé sous le thème « Démocratie – en danger ou dangereuse ? », a montré que les premiers signes de cette forme d’Etat peuvent tout à fait être repérés dans le Nouveau Testament.

Lors de son allocution de bienvenue, le président de ChristNet, Markus Meury, a souligné l’urgence du sujet. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Etats ont développé leurs structures démocratiques. Aujourd’hui, l’indice de démocratie, calculé chaque année par le magazine britannique The Economist, est en baisse dans toutes les régions du monde. La démocratie suisse est certes perçue comme exemplaire en raison de ses instruments de démocratie directe, mais elle n’est pas non plus à l’abri des attaques.

Ainsi, il arriverait régulièrement que des parlements au niveau cantonal et fédéral refusent de mettre réellement en œuvre des initiatives acceptées par le peuple. Un exemple serait les avions de chasse F-35 que l’Assemblée fédérale a commandés « en raison de la menace croissante de la Russie », bien qu’une initiative contre cette commande soit en suspens.

Jésus prônait la « théocratie intérieure ».

Simon Grebasch, pasteur évangélique réformé à Münsingen et ancien président du PEV du canton de Fribourg, s’est penché sur les formes de pouvoir dans la Bible. Jésus n’a pas soutenu une forme de gouvernement particulière, mais a voulu réaliser le royaume de Dieu avec l’éthique de l’amour et la bonne force spirituelle de Dieu dans le cœur comme centre. Cela équivaut à une sorte de « théocratie intérieure » (du grec Theos, kratos = Dieu règne) – avec des conséquences sur la conduite de la vie extérieure. La forme de domination dans le futur royaume de Dieu, qui se veut également extérieure, peut être considérée comme une « théocratie démocratique » : « Là où le Dieu de Jésus-Christ règne, la liberté et la participation sont également garanties. On se trompe donc si l’on s’imagine qu’une théocratie n’est qu’autocratique. Ce n’est pas le cas dans la Bible », a souligné Grebasch. La suite de Jésus elle-même est volontaire.

Quel est le rapport entre la démocratie et la foi chrétienne ?

La cohabitation des premiers chrétiens aurait été « extraordinairement participative, égalitaire et sociale ». La « koinonia » aurait été importante – la communauté comme partage et participation. L’auto-désignation ecclésiastique « Ekklesia » aurait fait référence à l’assemblée politique du peuple dans la Grèce antique. L’image du corps du Christ et l’action de l’Esprit dans tous les membres – y compris les femmes, les esclaves et les enfants – étaient révolutionnaires et démocratiques. La Trinité de Dieu peut également être comprise comme « un principe démocratique inhérent à la divinité elle-même », a conclu Grebasch.

Josef (Jo) Lang, ancien conseiller national zougois et auteur du livre « Demokratie in der Schweiz », a souligné que la démocratie directe était un point fort de la Suisse. Le droit de lancer une initiative ou un référendum sera encore plus important à l’avenir, comme l’a montré l’année dernière de manière impressionnante.

Des questions concrètes contre les slogans MAGA

Alors que la campagne électorale américaine a été marquée par le slogan idéologique « Make America Great Again » (MAGA), « les votations de l’année dernière en Suisse ont porté sur des questions concrètes comme la sécurité sociale et l’assurance maladie, le droit du bail ou la protection du climat et du paysage ». Dans la démocratie directe, les politiciens et politiciennes sont obligés de concrétiser les questions, alors qu’aux Etats-Unis, un représentant du grand capital a réussi à rallier la majorité de la classe ouvrière grâce à un slogan nationaliste.

Lang a montré, à l’aide des votations sur l’égalité des droits pour les juifs et sur le droit de vote des femmes, que la Suisse était divisée en trois parties depuis les premières votations populaires après la création de l’État fédéral jusqu’à aujourd’hui : la Suisse romande progressiste, la Suisse alémanique urbaine et la Suisse alémanique rurale, et a plaidé dans ce contexte pour la suppression de la majorité des cantons. Celle-ci permettrait de freiner les majorités de Suisse romande par la Suisse centrale conservatrice, un phénomène qui a notamment conduit au rejet de l’initiative sur la responsabilité des multinationales.

Le plus grand danger actuel menace « la démocratie suisse en cas d’échec sur la question du climat ». Le changement climatique ne provoquera pas seulement un chaos dans la nature. Si l’on ne parvient pas à trouver des majorités pour des mesures politiques en faveur du climat, l’avenir s’annonce sombre.

La diversité des opinions n’est pas toujours garantie

Markus Dütschler, rédacteur local de longue date du quotidien bernois « Der Bund » et actuel co-directeur du service de communication des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, a critiqué le fait que la diversité des opinions n’est pas toujours garantie dans les médias (payants) actuels. Une enquête menée auprès de journalistes par l’Institut für Angewandte Medienwissenschaft de la ZHAW montre que le personnel des rédactions n’est pas très diversifié. Il n’est donc pas étonnant que certains thèmes soient largement abordés et d’autres pas du tout. Ainsi, les journalistes ne s’intéressent souvent pas aux thèmes religieux et à leur message, car la plupart d’entre eux sont d’origine non confessionnelle. De plus, ce sont toujours les mêmes experts qui sont interrogés sur certains sujets.

En revanche, Internet donne la parole à des personnes qui n’ont pas été entendues jusqu’à présent, ce qui n’est pas seulement une mauvaise chose. Les nouveaux médias pourraient éventuellement briser la « spirale du silence », qui repose sur une théorie formulée par Elisabeth Noelle-Neumann dans les années 70 : Les gens sont réticents à exprimer publiquement leur opinion s’ils pensent qu’elle diffère de celle qui prévaut, ce qui peut représenter un danger pour la diversité des opinions dans une démocratie.

Exceptionnellement, uniquement en allemand

Normalement, les Forums ChristNet sont organisés en allemand et en français. Cette fois-ci, les organisateurs y ont renoncé, car les « Chrétiens de Gauche romands » organiseront le 25 janvier une conférence sur le même thème, intitulée « Renouveler la démocratie ».