En juin 2026, le Conseil national et le Conseil des États ont décidé d’interdire les salaires minimaux cantonaux là où il existe des conventions collectives nationales. Cela entraîne des baisses de salaire dans les secteurs et les cantons concernés. ChristNet soutient le référendum contre cette mesure.
Dieu souhaite que tous les êtres humains puissent subvenir à leurs besoins. Deutéronome 15,4 stipule même : « Il ne devrait pas y avoir de pauvres parmi vous ». L’objectif d’une politique économique conforme à la Bible est donc d’instaurer cette situation, au moins pour toutes les personnes de bonne volonté.
Au cours des dernières années, la population de cinq cantons a adopté des salaires minimaux concrets : Neuchâtel, le Jura, le Tessin, Genève et Bâle-Ville. Dans le canton de Vaud également, ce principe a été inscrit dans la Constitution. À l’inverse, des initiatives allant dans ce sens ont été rejetées de justesse dans les cantons de Bâle-Campagne, Soleure et Fribourg. Le Parlement fédéral a désormais interdit les salaires minimaux cantonaux là où il existe des conventions collectives de travail (CCT) nationales. Cela a pour conséquence que, précisément dans les secteurs où les salaires sont bas, ce sont désormais les salaires encore plus bas prévus par les CCT qui s’appliquent à la place des anciens salaires minimaux cantonaux. Les syndicats et les partis politiques ont lancé un référendum contre cette mesure. ChristNet appelle à soutenir ce référendum.
La pauvreté malgré un emploi dans une Suisse riche ? Cela ne doit pas être le cas !
On pourrait penser qu’un salaire devrait suffire à faire vivre une famille. Or, pour beaucoup de personnes en Suisse, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique1, environ 175 000 adultes vivaient dans la pauvreté en 2024 malgré un emploi rémunéré. Ces ménages comptaient également environ 80 000 enfants, adolescents et jeunes adultes touchés par la pauvreté. En 2024, le seuil de pauvreté s’élevait en moyenne à 4’159 francs par mois pour un ménage composé de deux adultes et de deux enfants. Aujourd’hui, environ 5 % des enfants grandissent dans la pauvreté, une proportion qui n’a pas évolué depuis 2014. Un enfant sur six est en outre menacé par la pauvreté.
La nouvelle loi touche particulièrement les plus démunis
Un nombre particulièrement élevé de personnes déjà touchées par la pauvreté travaillent dans des secteurs où des baisses de salaire menacent désormais en raison de la suppression des salaires minimaux cantonaux, par exemple 15 000 personnes dans la restauration. Dans le canton de Genève, où le coût de la vie est élevé, le salaire minimal s’élève aujourd’hui à 4 475 francs par mois, à Neuchâtel à 3 886 francs et à Bâle-Ville à 4 040 francs. Si cette modification législative était adoptée, des milliers de salariés des cantons de Bâle-Ville et du Jura subiraient une baisse de salaire pour passer au salaire minimum prévu par la CCT, soit 3’713 francs, et se retrouveraient ainsi précipités dans la pauvreté, tandis que dans les cantons de Genève et de Neuchâtel, les salaires seraient gelés malgré la hausse du coût de la vie. La situation est très similaire pour les coiffeurs et coiffeuses ainsi que pour le personnel de nettoyage.
L’argument fallacieux de l’« accord privé »
La majorité parlementaire a fait valoir que les salaires minimaux cantonaux constituaient une ingérence dans les accords privés conclus entre les partenaires sociaux. Cet argument est surprenant au vu du fait que, fondamentalement, l’ensemble de la législation, tant au niveau national que cantonal, définit le cadre dans lequel s’inscrivent ces accords privés. Qu’est-ce qui prime : le bien-être des plus démunis ou l’idéologie de la non-ingérence dans le secteur privé ? Les partisans ont mis en avant le renforcement du partenariat social grâce à la nouvelle réglementation. Il faudrait être malicieux pour y voir une arrière-pensée, à une époque où, en raison de leur taux de syndicalisation en baisse, les syndicats sont régulièrement perdants dans ce partenariat. L’adoption de la nouvelle loi pourrait bien entraîner une recrudescence des conflits sociaux.
Pas moins, mais plus d’emplois grâce au salaire minimum !
L’Union des arts et métiers a estimé que de nombreuses entreprises ne pourraient pas se permettre de payer le salaire minimum et que cela entraînerait des pertes d’emplois. Or, l’économie a depuis longtemps réfuté cette thèse : au Royaume-Uni, un salaire minimum légal a été introduit en 1999, et il a été revu à la hausse chaque année. Des études scientifiques2 montrent que, globalement, cela n’entraîne pas de destruction d’emplois, mais tend plutôt à en créer davantage. En effet, les personnes à faibles revenus ne peuvent pas épargner cet argent supplémentaire, mais le dépensent généralement sur place, ce qui crée de nouveaux emplois. Des expériences similaires ont également été observées aux États-Unis3 et, à Genève, on ne constate pas non plus d’effets négatifs sur le marché du travail.
La grande majorité des cantons s’oppose à l’interdiction du salaire minimum
Lors de la consultation sur le projet de loi, tous les cantons, à l’exception d’Obwald, se sont prononcés contre la nouvelle loi. En effet, celle-ci constitue une atteinte anticonstitutionnelle à la souveraineté cantonale. Le Conseil fédéral s’y est également opposé, arguant que les CCT sont précisément des contrats de droit privé et ne peuvent donc pas, dans la hiérarchie juridique, primer sur les décisions populaires.
Une politique économique au service de ceux qui en ont le plus besoin
La politique économique doit profiter à ceux qui en ont le plus besoin. Si cet objectif n’est pas atteint ou si, comme dans le cas présent, on prive les plus démunis du peu qu’ils possèdent, cela peut être considéré comme un échec total de la politique. Il est alors temps de faire le point, de réorienter la politique économique, de redéfinir les objectifs et de les expliquer clairement aux acteurs concernés. La politique économique doit également s’appuyer sur des données scientifiques et non sur une idéologie. Et elle doit garder à l’esprit le nombre total d’emplois. À cet égard, les salaires minimums obtiennent de bons résultats. C’est pourquoi ChristNet recommande de signer le référendum contre la nouvelle loi au plus tard début septembre
Signez ici : Référendum « Ne touchez pas aux salaires minimums ! »
1. https://www.bsv.admin.ch/de/newnsb/VgZS118i99Abu0uAkYqUA?utm_source=chatgpt.com
2. https://www.boeckler.de/de/boeckler-impuls-grossbritannien-loehne-und-jobs-stabilisiert-10342.htm
3. https://www.letemps.ch/economie/six-enseignements-salaire-minimum