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La démission de Nicolas Hulot annoncée le 8 septembre dernier sur les ondes de France Inter a bousculé la société française et même au-delà. On peut l’entendre encore dénoncer une politique insuffisante de « petits pas », déplorer sa solitude au gouvernement et le manque de soutiens citoyens, ou encore présenter la responsabilité collective de la problématique. Les nombreuses « marches pour le climat » qui ont succédé témoignent cependant d’une conscience publique toujours plus forte des enjeux. Malgré cela, l’ampleur des difficultés annoncées restent difficilement supportables.

Le constat d’une injustice climatique

Début octobre les spécialistes du climat du GIEC le rappellent dans un nouveau rapport : les menaces sont non seulement fortes – sécheresses et famines en régions fertiles, chute de la biodiversité, millions de réfugiés climatiques, tensions sociales – mais aussi inégalement réparties. Ceux qui vont le plus en souffrir sont les pays qui ont le moins contribué au réchauffement, le moins bénéficié à l’amélioration des conditions de vie liée au développement industriel, et les plus vulnérables aux instabilités climatiques. C’est le constat pesant d’une injustice climatique1 .

Alors que ces constats semblent si lourds, qu’on peut si facilement basculer dans les sentiments d’impuissance ou d’indifférence face à des défis si globaux, quelles ressources pouvons-nous trouver en Christ pour affronter la situation dans l’amour et la paix ? Comment trouver dans notre foi en lui la part que nous sommes appelés à mettre en œuvre?

Espérance de restauration

Ce contexte peut nous faire recevoir de manière particulièrement forte les paroles de l’apôtre Paul :

« Or nous savons que, jusqu’à maintenant, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’accouchement. Et ce n’est pas elle seule qui soupire, mais nous aussi, qui avons pourtant dans l’Esprit un avant-goût de cet avenir, nous soupirons en nous-mêmes en attendant l’adoption, la libération de notre corps. » (Romains 8:21-22)

Ce passage nous montre non seulement une souffrance partagée entre l’humanité et la Création dans son ensemble, mais aussi une espérance commune : la nouvelle naissance de notre monde, sa restauration, qui concerne l’humanité mais aussi la Création entière. Dieu nous donne ainsi une parole pour nous faire passer de la peur à la paix et même à la joie. Nous pouvons alors être plus disponibles pour chercher et manifester ce monde nouveau déjà initié en Jésus.

Ainsi, luttons contre l’indifférence et le désespoir, et faisons route avec nos contemporains pour plus de solidarité climatique, pour le respect envers la Création, en portant le témoignage d’une espérance en un monde restauré, que toute la Création désire, et qui viendra. Pour cela, demandons chacune et chacun au Seigneur à quelle place et quelles actions concrêtes il nous appelle.

 


Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1093, décembre 2018, www.editions-mennonites.fr.

1.  Sur cette même problématique, une « déclaration pour la justice climatique » a été signée à Winterthour en novembre 2018 à l’occasion de la journée annuelle de StopArmut, traduite et publiée en français sur le site de la FREE : https://lafree.ch/index.php?option=com_k2&view=item&id=5258:conference-stoppauvrete-2018-une-declaration-pour-la-justice-climatique-a-lire-ici&Itemid=607

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Le numérique est de plus en plus présent dans les relations que nous entretenons avec l’administration. Vous souhaitez obtenir une prime d’activité ? Passez par la « case » virtuelle ! Vous souhaitez entrer en lien avec la CAF ? Commencez par vous créer une adresse email ! En quelques années, la France a fait de rapides « avancées » dans la digitalisation de son administration, le Gouvernement actuel étant bien décidé à passer au « tout numérique » d’ici 2022. Il est poussé/porté par un double objectif : celui d’une part de simplifier – et d’améliorer l’efficacité – des démarches administratives et, par-delà, de faire des économies. Celui, de l’autre, de renforcer l’accès des dispositifs au plus grand nombre. Or, contrairement à ce qui est souhaité, pour de plus en plus de personnes, cette virtualisation de l’administration n’est pas synonyme d’égalité, mais bien de mise à l’écart.

E-exclusion ?

Certaines voix – travailleurs sociaux, représentants associatifs, etc. – se font aujourd’hui entendre pour alerter sur les risques de précarisation induits par la digitalisation accrue – et contrainte – des relations administratives. Les personnes en situation de fragilité cumulent souvent des difficultés d’accès, d’usage et de cognition (littéracie) dans leurs démarches administratives. Elles peinent à accéder au dispositif, à trouver les informations souhaitées de même qu’à entrer en contact et communiquer avec les professionnels. Ces nouvelles injonctions/obligations représentent ainsi autant de nouvelles barrières qui se dressent devant elles, les conduisant parfois à abandonner leurs démarches. Pour peu qu’elles ne disposent pas dans leur réseau de personnes capables de leur servir d’intermédiaire et de les accompagner dans ce dédale technologique, elles peuvent alors se retrouver privées de leurs droits (Défenseur des droits, 2017).

Vers une solidarité numérique ?

Cette situation nous amène à prendre conscience, en tant que chrétiens, des nouveaux visages de la précarité et nous sensibilise aux besoins grandissant d’accompagnement numérique que rencontrent un certain nombre de nos Prochains. Un encouragement à développer et pratiquer l’entraide, également sur la Toile… Plus largement, cette situation nous incite également à réfléchir sur la place et le rôle que notre société – et nous-mêmes – confère à la technologie ; elle représente en cela une invitation à la « prudence » et un appel à la sagesse pour éviter de succomber aux chants de la toute-puissance technologique et pour se garder de lui déléguer de manière irréfléchie de trop grands pans de notre existence. Veillons ainsi à ce que ces technologies ne fassent figure ni de tour de Babel, ni de veau d’or dans nos vies, mais que celles-ci soient de plus en plus des outils au service du plus grand nombre. Et continuons à remettre la conduite de notre existence en premier lieu aux mains de notre Seigneur.

Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1092, novembre 2018, www.editions-mennonites.fr.