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Si quelque chose m’a particulièrement manqué durant la période de confinement vécue cette année, c’est la joie de partager de délicieux mets. Se retrouver à table, c’est si bon, à tous les niveaux !

Saine convivialité

Quel ne fut pas mon plaisir lorsque nous avons enfin reçu nos amis! Je me souviens : la table était décorée, nos invités s’étaient faits beaux. Ils avaient apporté des fleurs. Nous nous sommes attablés pour déguster une paella, découvrant avec curiosité les différents composants maritimes de ce plat espagnol. Lorsque nos convives sont repartis, nous nous sentions si détendus et satisfaits !

Nous le devions à l’instant passé à table, convivial. Ce mot nous vient du latin convivium, ‘repas commun’. On l’associe volontiers à une ambiance festive, solidaire, simple et favorisant le partage. Pas étonnant qu’une telle atmosphère trouve son origine dans un repas partagé, lequel prend d’ailleurs une place centrale dans l’Église.

En passant : le terme ‘cène’ renvoie quant à lui au latin cena, ‘repas du soir’. Il y aurait de quoi élaborer sur le partage de la Sainte-Cène. J’opterai ici plutôt pour un autre passage biblique… une (s)cène pouvant en cacher une autre !

« Venez manger »

Lorsque Jésus apparaît pour la troisième fois à ses disciples après sa résurrection, il les attend avec un bon petit-déjeuner : du pain et des poissons grillés (Jean 21). Outre susciter l’agréable sensation que Christ nous rejoint dans le terre à terre, ces versets relatent un moment précieux : Jésus profite de cet instant pour s’occuper de Pierre, l’un des futurs piliers de l’Église.

Quand précisément ? «Après qu’ils eurent mangé » (verset 15, LSG). Souvenez-vous : Pierre le fier avait lamentablement renié son maître par trois fois, et voilà que Jésus le rétablit dans son identité de disciple et lui confie la tâche de prendre soin des fidèles.

Combien de décisions avisées et de conseils décisifs ont suivi un repas ? Un plat partagé n’a-t-il pas souvent rassasié des ventres vides, mais aussi des cœurs souffrant d’isolement et des esprits confus ?

Le repas partagé comme cadre

Le repas est un acte social qui sert de socle sur lequel bâtir des relations, restaurer des cœurs brisés, combattre l’injustice et la faim, proposer une écoute, ou refuser le nombrilisme et la cupidité. Dès lors, la vie peut germer, les bonnes idées fleurir et la paix éclore : le repas sert de dispositif pour le bien d’autrui.

Vous ne savez pas trop comment vous y prendre pour aimer votre prochain ? A vos fourneaux !

 


Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1111, Août-Septembre 2020, www.editions-mennonites.fr.

Photo by Stefan Vladimirov on Unsplash

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