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A quoi pensez-vous lorsque vous lisez le mot « migration » dans un titre ? Aux demandeurs d’asile, à l’immigration de travailleurs qualifiés, à l’immigration illégale ou à tout cela à la fois ? Au cours de la dernière année électorale, la question de la migration a été le thème dominant. Les différents aspects de la migration ont été mélangés de manière hétéroclite et enrichis de demi-vérités et de fausses informations. L’objectif de ces actions d’enfumage était de générer un écho médiatique aussi fort que possible et de gagner des voix aux élections.

Les confusions, les malentendus et une perception de la réalité brouillée et décalée par rapport aux conditions réelles sont le produit de cette époque. Daniel Ziblatt, professeur de politique à l’université de Harvard, a fait l’éloge de la démocratie suisse dans une interview : « Comme d’autres, vous [c’est-à-dire la Suisse] avez développé au fil des ans un ensemble de normes politiques non écrites auxquelles la plupart des gens adhèrent – cela renforce la démocratie. En Suisse, il s’agit par exemple de normes de retenue1  » . Espérons que la Suisse retrouve le chemin de cette vertu de la retenue et – en lien avec elle – de l’honnêteté.

La migration ne signifie pas d’abord l’immigration d’asile, mais l’immigration de travail.

Aujourd’hui, et en raison des événements récents, beaucoup de gens pensent d’abord aux personnes en fuite lorsqu’ils entendent le mot « migration ». Pourtant, les demandeurs d’asile ne représentent qu’une part relativement faible de la migration. L’immigration de travail, principalement en provenance des pays européens, représente une part bien plus importante. Jusqu’en novembre 2023, on comptait l’année dernière 96 000 personnes nettes. Cela représente effectivement un grand nombre de personnes. Ce chiffre ne tient pas compte des demandeurs d’asile, des personnes admises à titre provisoire ou des personnes ayant le statut S (Ukraine). Parmi ces 96’000 personnes, on trouve majoritairement des immigrés en provenance des pays de l’UE/AELE qui arrivent sur le marché du travail. Il s’agit de spécialistes que notre économie suisse recherche et emploie d’urgence.

Parallèlement, 28’000 demandes d’asile ont été déposées jusqu’à fin novembre 2023. En 2023, l’immigration de travail sera donc trois à quatre fois plus importante que l’immigration d’asile. La cause de cette importante immigration de travail réside dans le développement économique encore positif de la Suisse.

Limiter l’immigration de travail ?

Notre économie en plein essor se plaint d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les ressources humaines nationales sont épuisées, c’est pourquoi on continue à miser sur l’arrivée de travailleurs qualifiés de l’étranger. De ce point de vue, l’économie suisse est-elle surdéveloppée ? Les limites de la croissance sont-elles atteintes, voire dépassées ?

Pour limiter l’immigration de travail, il faudrait sans doute ralentir la croissance effrénée de l’économie. Mais où devrait commencer la contraction (de la santé) ? Qui accepterait de perdre le niveau de vie et les commodités qu’une économie florissante apporte avec elle ? Mais les deux ne sont pas possibles ensemble. La croissance économique et la limitation de l’immigration de travail relèvent de la quadrature du cercle : il est hypocrite et populiste d’exiger les deux.

Limiter l’immigration liée à l’asile ?

En matière d’immigration liée à l’asile, la Suisse est tenue de respecter la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Aujourd’hui encore, une majorité des personnes qui fuient leur pays proviennent de pays en guerre ou d’États où règne la répression. C’est pourquoi près des deux tiers des personnes qui se sont réfugiées en Suisse obtiennent soit la reconnaissance du statut de réfugié, soit une admission provisoire.

En ce qui concerne les demandeurs d’asile admis provisoirement, il existe un malentendu considérable au sein de la politique et de la société : pour ce groupe, un retour est actuellement impossible ou inacceptable. C’est pourquoi l’admission provisoire est la bonne mesure. Il s’agit de personnes qui cherchent une protection contre les guerres, les guerres civiles ou les régimes répressifs, même si elles ne sont pas directement et personnellement menacées, ou directement persécutées politiquement ou religieusement, comme l’exige la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Ils sont toutefois protégés par la CEDH. Dès que les conditions dans leur pays d’origine changeront, ils pourront rentrer chez eux, comme cela a été en partie le cas dans les Balkans. Nier à ces groupes un motif de fuite par le biais d’admissions provisoires serait une erreur et un gros malentendu.

Une proportion relativement faible de personnes qui demandent l’asile en Suisse est renvoyée. Il s’agit principalement de personnes originaires de pays du Maghreb, dont les motifs sont qualifiés de « migration de la pauvreté ». Sur la question du renvoi des demandeurs d’asile déboutés, la Suisse a l’un des taux de renvoi les plus élevés d’Europe.

Défis autour des personnes en fuite

La société et la politique se plaignent toujours du fait que le taux d’aide sociale est trop élevé chez les réfugiés. Mais il y a plusieurs raisons à cela, dont certaines sont plausibles et peu prises en compte : Qui peut, dans un pays étranger, maîtriser la langue du pays en très peu de temps pour s’imposer sur le premier marché du travail ? Qui peut acquérir les qualifications professionnelles nécessaires en très peu de temps ?

Un bon soutien est ici indispensable. Les organisations compétentes en matière d’asile font de leur mieux pour s’occuper des personnes en fuite, mais elles sont souvent surchargées et dépassées par le nombre de dossiers à traiter et par l’ampleur de la gestion des cas. En outre, elles ne connaissent pas suffisamment les conditions locales – là où les fugitifs habitent et vivent.

L’engagement de la société civile comme modèle de réussite

Le bénévolat courageux et l’engagement de la société civile sont des gamechangers pour les personnes en fuite. Pour encourager efficacement ces personnes sur le chemin du marché du travail, le soutien de la société civile est la meilleure chose qui puisse leur arriver : Aides à l’apprentissage de la langue, lobbying pour la recherche d’emploi et soutien à l’apprentissage dans le processus de formation. Dans l’idéal, les autorités et le bénévolat vont de pair. Si davantage de réfugiés sont intégrés dans le marché du travail, l’immigration de travail diminuera d’un autre côté. Il en résulte une situation gagnant-gagnant.

Les réfugiés sont des personnes particulièrement vulnérables. Ils souffrent souvent de terribles histoires de fuite, ont dû laisser derrière eux leur patrie bien-aimée, leur langue et souvent aussi des proches. Ce sont des personnes en détresse. Les soutenir peut aussi avoir une composante égoïste. Dans la vie, chacun se retrouve dans des situations où il doit être aidé. Ceux qui ont des ressources intérieures et temporelles excédentaires doivent donc soutenir les personnes en fuite, car ces personnes nous montrent à quel point notre vie est menacée et fragile. Chaque jour que nous pouvons vivre dans la dignité est un cadeau pour nous. Cette conscience peut nous inciter à aider les autres à vivre dignement.

Considérations théologiques

Dans l’épître aux Hébreux, on trouve cette phrase mémorable : « Aimez ceux qui vous sont étrangers, mais n’oubliez pas – c’est ainsi que certains, sans le savoir, ont hébergé des anges2  » . Les personnes qui se réfugient dans notre pays ne sont pas toutes des anges. Mais il y a au moins autant d’anges parmi eux qu’il y a d’anges parmi les Suisses et les Suissesses.

Que peut nous dire aujourd’hui cette parole biblique tirée de l’épître aux Hébreux ? Il y a des centaines d’années, dans notre village voisin, lorsqu’un étranger ou une étrangère frappait à la porte du monastère de Rüeggisberg, le moine de service à la porte se mettait à plat ventre sur le sol. C’était une expression de respect envers l’hôte étranger, indépendamment de son identité. Dans cet étranger pouvait se cacher le Christ ou un ange, le moine connaissant la Bible le savait.

Face à des personnes que l’on ne connaît pas encore, on se comporte de manière amicale et respectueuse. Les craintes envers les étrangers sont peut-être un réflexe naturel, mais qui ne nous aide pas à avancer. La méfiance n’améliore pas la société. La confiance, en revanche, a un pouvoir de guérison et de transformation. Essayons de renforcer cette confiance avec l’aide de Dieu.


1 : NZZ am Sonntag, 3.12.2023

2 : Hébreux 13,2

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Les chrétiens ont vite fait d’adopter une conception biblique de la liberté. L’article suivant regarde sous la surface et s’éloigne de la liberté comme objectif suprême d’une société.

Chaque fois que la liberté est présentée comme une valeur et un objectif, la critique l’attend au tournant. Car la « liberté » est généralement comprise comme une liberté « négative », comme un « être libre de… ». Le besoin d’une extension positive s’impose alors.

Libre de, libre à

D’un point de vue chrétien, on peut souligner à juste titre qu’il ne suffit pas d’être « libre de… », par exemple du péché, de l’injustice ou de la peur. Il s’agit aussi d’être « libre de… », c’est-à-dire de mener, avec un vent spirituel qui souffle librement, la vocation d’une vie qui favorise la communauté et qui a du sens, des perspectives et de l’espoir. En tant que chrétien, je suis enclin à accueillir la vision positive de la liberté comme un complément important et à clore ainsi le débat sur la compréhension du terme « liberté » : Oui, tous les hommes devraient et peuvent être libres du péché, de l’oppression et de l’injustice, afin de mener à la place une vie de liberté spirituelle, physique et politique dans l’obéissance au Créateur et de marquer le monde de leur empreinte par une participation responsable, tout à fait dans l’esprit de son règne de paix à venir. Avec cette vision complémentaire de la liberté, qui part d’une compréhension globale du Royaume de Dieu, tous les aspects de la liberté sont finalement couverts, pourrait-on penser.

La liberté face à l’oppression

Dans son livre « De l’exclusion à l’étreinte », le théologien croato-américain Miroslav Volf réfléchit à l’exclusion, à l’inclusion, à l’identité, à l’oppression, à la libération, à la réconciliation et à bien d’autres choses encore. Il associe de manière fascinante théorie politique, événements historiques, considérations philosophiques, expériences biographiques et théologie biblique. Un chapitre central (124 et suivants) est intitulé « Étreinte ». Le geste de l’étreinte représente chez Volf une attitude du cœur de proximité, de pardon, d’amour des ennemis, de « néanmoins… » semblable à celui du Christ. Il s’agit toujours pour lui de savoir comment les personnes liées et asservies peuvent devenir libres et ce qui est nécessaire pour cela, aussi bien de leur côté que de celui des oppresseurs. C’est là que la liberté entre en jeu. On attendrait d’un théologien chrétien qu’il plaide en faveur d’un processus qui commence par la reconnaissance de la faute et la conversion d’un oppresseur et qui, par le biais du pardon de la personne liée, mène à la réconciliation et à une nouvelle proximité. La liberté de la culpabilité, une relation libérée et une liberté effective de l’ancien opprimé en seraient le résultat.

La question sceptique de Volf

Volf est sceptique quant à l’attente que nous venons de décrire. Non pas parce que le processus serait faux en soi, mais parce qu’il devient problématique lorsque le processus censé mettre fin à un état de servitude est principalement, voire exclusivement, motivé par l’objectif de « liberté ». La vulnérabilité humaine au péché, selon Volf, menace de faire basculer la liberté acquise dans son contraire. Volf souligne que tant les « bourreaux » que les « victimes », en fait tous les êtres humains, sont appelés à se repentir. Si les catégories de l’oppression et de la libération, de la culpabilité et de l’innocence sont trop attribuées à un côté et mises au premier plan, on crée ainsi un fossé dans lequel les opprimés se sentent moralement supérieurs, deviennent des oppresseurs en cas de liberté acquise et poussent ainsi les anciens bourreaux/oppresseurs dans le rôle de victimes et donc dans la supériorité morale. « La morale supérieure est trop souvent la morale des supérieurs », cite Volf (131f) Zygmunt Bauman, soulignant ainsi les risques qui guettent les personnes ayant gagné la liberté dans un acte de libération.

De la liberté à l’amour risqué

Les catégories culpabilité/innocence sont claires devant Dieu, mais pas devant les hommes, car la cohabitation humaine est complexe et rarement univoque. Volf ne nie en aucun cas l’importance de la foi et de l’action libératrices. Mais il souligne, par conviction théologique et philosophique, que la « liberté » ne convient pas comme objectif suprême d’une société. Il plaide plutôt pour que l’amour devienne, à l’instar du Christ, le but suprême de l’action humaine et de la cohabitation sociale. Un tel amour, inspiré par la croix, est vulnérable. Il vit de manière risquée, car il doit s’attendre à ne pas être payé de retour, voire à être rejeté et méprisé. Il risque de rester unilatéral dans son attention et son pardon non calculés. Mais ce qu’il ne fait pas, c’est qu’il ne crée pas de nouvelles inégalités et qu’il n’exploite pas la faiblesse humaine qui consiste à vouloir transformer une injustice subie en supériorité. L’amour ouvre la possibilité que quelque chose se produise malgré tout : Une réaction, une réflexion, un timide retour d’amour. Une croissance d’une nouvelle confiance. Même si cela prend du temps.

L’amour libérateur

Volf applique la primauté de l’amour sur la liberté principalement aux relations entre groupes de personnes ou même entre États. Mais l’idée sous-jacente est également fructueuse dans d’autres domaines de la vie : La liberté, même si c’est une liberté chrétienne, comporte le risque de se placer soi-même au centre. Car la liberté a un but, elle est en quelque sorte « mesurable » et ce qui est mesurable a tendance à être comparé, à faire des gagnants et des perdants. L’amour, en revanche, n’est pas mesurable. Mais il peut être vécu et n’a pas de but, ce qui lui permet de mieux résister à l’appropriation, à l’attente de gains et à l’égocentrisme. Le véritable amour, comme la véritable liberté, trouve sa source en Dieu. Mais alors que cette dernière doit accomplir quelque chose de précis, l’amour est simplement ce qu’il est.
L’absence de but de l’amour motivé par Jésus est donc aussi l’attitude à adopter lorsque nous revenons du champ politique au vécu quotidien : L’amour ne doit rien avoir, ne doit rien atteindre, ne doit pas consommer, ne doit ni acheter ni vendre, ni gagner ni éviter. L’amour est libre, véritablement libre, de ne pas devoir penser à soi et de tomber ainsi dans une servitude de l’ego. L’amour peut se donner en faveur de notre prochain, ici, ailleurs sur la terre et dans l’avenir. Pour les Suisses épris de liberté, le Christ est justement celui qui a aimé le premier. Son amour brise les chaînes et libère, sans créer de nouveaux esclaves et de nouveaux défavorisés.


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La liberté peut être comprise comme étant à la fois collective et individuelle. D’importantes bases philosophiques pour cette valeur ont été posées au 18e siècle. Mais la compréhension biblique de celle-ci va bien au-delà.

La « liberté » est un concept presque iconique dans le monde occidental. Lorsqu’il s’agit de la cohabitation des hommes, la liberté est toujours considérée comme une valeur importante, souvent la plus importante. En effet, depuis le siècle des Lumières, les interdictions de penser et les dogmes ont été et sont toujours remis en question, et les hommes et les peuples se voient accorder le droit d’être leur propre autorité en toute liberté.

Deux conceptions de la liberté

La plupart des gens ont une conception largement individualiste de la liberté. La manière dont nous voyons la cohabitation au sein de l’État et notre propre responsabilité a été essentiellement façonnée dans le sillage des Lumières. Kant et Locke sont deux noms associés à une conception de la liberté au service de l’individu. Cette vision peut être qualifiée de « libérale » au sens des sciences politiques. La conception libérale de la liberté a eu beaucoup d’impact, mais elle n’est pas la seule. Une forme plus ancienne de compréhension de la liberté remonte à l’ancienne République romaine ou à des noms tels que Machiavel et Rousseau. Contrairement aux penseurs susmentionnés, ces derniers mettaient plutôt l’accent sur la liberté d’une communauté, voire d’une cité (ou d’un État), de pouvoir faire face collectivement à la tyrannie. Cette vision est généralement associée au terme « républicain ». Dans ce sens, les républicains, contrairement aux libéraux, mettent beaucoup plus l’accent sur la capacité de défense et la liberté d’action de la collectivité. Les deux conceptions de la liberté ont ceci de particulier qu’elles mettent l’accent sur un « être libre de … ». Alors que les libéraux pensent plutôt à la liberté de l’individu face à l’arbitraire de l’Etat, les républicains mettent l’accent sur la libre autodétermination d’un peuple face à une menace généralement extérieure, mais parfois aussi intérieure.

La liberté, partie intégrante de l’identité suisse

Les deux courants esquissés sont identifiables dans la politique suisse. Tant le peuple que les citoyens individuels veulent et doivent être libres de toute restriction inadmissible. La tradition libérale est perceptible dans les affaires politiques quotidiennes, par exemple lorsqu’il s’agit de la liberté du commerce ou de la mise en échec des efforts de surveillance de l’État. Dans ce contexte, il n’est pas rare que l’on oppose « liberté » et « sécurité » en soulignant qu’il ne peut y avoir de sécurité sans le fondement de la liberté de l’individu. D’autre part, la tradition républicaine laisse des traces dans les médias lorsque le « souverain », c’est-à-dire le peuple en tant que dernière instance déterminante, est mis en avant ou lorsqu’il s’agit de s’opposer en tant que pays à l’influence réelle ou imaginaire de l’étranger ou à l’adaptation de puissances étrangères. Les mots clés sont par exemple le débat sur la neutralité, le secret bancaire et les relations avec l’UE. Il appartient donc à l’histoire et à l’image que la Confédération se fait d’elle-même d’accorder à l’individu la plus grande liberté possible dans tous les domaines de la vie, tout en soulignant que la Suisse, en tant que communauté nationale, doit être et rester libre de toute influence étrangère.

La liberté politique n’est ni de droite ni de gauche

Les deux conceptions de la liberté sont observables dans les affaires politiques quotidiennes ; certains thèmes peuvent même être attribués sans peine à un parti politique particulier. Mais l’axe libéral-républicain n’est pas un « ou bien ou bien », mais un continuum sur lequel les acteurs politiques se positionnent consciemment ou inconsciemment en fonction des questions posées. C’est pourquoi les deux conceptions de la liberté ne sont pas simplement identiques à l’axe gauche-droite. Dans les partis de gauche, on constate aussi bien une focalisation sur le collectif fort – mots clés comme solidarité et compensation des charges – qu’un malaise face aux intrusions de l’Etat dans la vie privée – mot clé : résistance aux mesures de surveillance. Sur d’autres sujets, mais avec la même véhémence, la droite politique met l’accent aussi bien sur la communauté – mot-clé : autodétermination de la Suisse en tant que nation – que sur les besoins de l’individu – mot-clé : politique fiscale et économique.

La liberté chrétienne est plus que simplement républicaine ou libérale

La liberté au sens chrétien englobe bien entendu bien plus que la question de savoir de quoi nous devons être libérés. Mais restons-en pour l’instant à la question de savoir si, selon la conception chrétienne de la liberté, c’est plutôt la collectivité ou l’individu qui doit être protégé de quelque chose ou libéré de quelque chose.
Il est clair tout d’abord que la liberté mérite une grande estime d’un point de vue chrétien, car là où souffle l’Esprit de Dieu, la liberté est une conséquence selon Paul (2 Corinthiens 3,17) et les chrétiens sont finalement appelés à la liberté (Galates 5,13). Il n’est pas non plus surprenant que, dans cette perspective, la liberté collective et la liberté individuelle ne puissent pas être séparées l’une de l’autre, mais soient liées l’une à l’autre : Dans le discours inaugural messianique de Jésus (Luc 4, 16-21), il se présente comme celui qui, entre autres, libère les prisonniers et les maltraités – des individus – et attribue au peuple – le collectif – la grâce libératrice de Dieu. Celui que le Fils rend libre est vraiment libre (Jn 8,36), et cela vaut aussi bien pour les individus que pour les attitudes et les valeurs communautaires, comme le montre la discussion en Jn 8,31-47. La liberté que le Christ promet aux croyants n’est donc pas « républicaine » ou « libérale », elle n’est pas non plus simplement la somme ou un mélange des deux, mais bien plus : la liberté chrétienne englobe en fin de compte toute la création comme objectif (Romains 8,18-25). Cette vision large peut aider à ne pas se contenter d’être attentif et de comprendre les différentes conceptions de la liberté dans les questions politiques, mais aussi à élever le regard au-delà des affaires courantes vers le but de Dieu : une création libérée.

Un autre article sur le même thème suivra la semaine prochaine.


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Qu’est-ce que je me suis énervé ! Les vacances de printemps approchaient, le gazon du terrain de football était déjà vigoureux, il ne manquait que les buts de football. J’ai écrit à la personne responsable de notre administration municipale pour lui demander s’ils pouvaient encore installer les buts avant les vacances. Non, les conditions météorologiques sont encore trop incertaines et le gazon pourrait être endommagé. Ces personnes ne savent pas ce que cela signifie de se diriger vers les vacances de printemps avec trois garçons adolescents, sans football au programme.

Dans la commune voisine, les buts étaient déjà en place depuis des semaines. Et même mes garçons ont fini par s’y rendre à vélo pour y jouer au football. Je me suis rendu compte une fois de plus que les enfants et les jeunes sont rarement écoutés. Il y a bien un responsable de la jeunesse dans notre municipalité, mais on ne l’a jamais vu dans les écoles et aucun enfant ne sait qui il est – et encore moins comment le contacter. Comme dans tant de communes, les idées et les besoins des enfants et des jeunes sont ignorés.

Qui peut participer aux décisions ?

En Suisse, lorsque les décisions politiques sont prises dans les urnes, environ un quart de la population détermine le résultat 1 . Par conséquent, les trois quarts des personnes en Suisse ne sont pas représentées dans la décision. Lors du ForumChristNet en début d’année, le conseiller national socialiste Eric Nussbaumer nous a mis au défi de faire entendre notre voix en faveur des sans-voix. Il avait alors cité les sans-papiers – des personnes sans nationalité – comme exemple de groupes de population sans voix. En Suisse, il s’agit d’environ 90 000 personnes.

Quelle autre voix n’est pas entendue en Suisse ? Le groupe le plus important est celui des étrangers – 2,2 millions vivent ici sans passeport suisse. Ils sont nos voisins, nos collègues de travail et les amis d’école de nos enfants. A l’exception de quelques cantons romands et de quelques communes des Grisons et d’Appenzell Rhodes-Extérieures, ils n’ont pas le droit de participer aux décisions, même au niveau communal. Les 2,1 millions de personnes qui y auraient droit mais qui, pour diverses raisons, ne se rendent pas aux urnes, constituent un groupe pratiquement aussi important. Les 1,7 million d’enfants et d’adolescents de notre pays n’ont pas non plus le droit de participer aux décisions, tout comme environ 16’000 personnes sous tutelle.

Dans le cas des mineurs, il faut ajouter qu’ils sont particulièrement concernés par les décisions prises aujourd’hui. C’est tout à fait fondamental, car ils ont encore de nombreuses années à vivre. De plus, ils sont touchés de manière disproportionnée par la pauvreté et souffrent généralement à plusieurs reprises de la situation financière précaire de leurs parents (matérielle, sociale, culturelle, santé, etc.). Malgré cela, ils ne sont généralement pas consultés lorsqu’il s’agit de fixer les montants de l’aide sociale.

Engagement au niveau communal

Mon fils et moi avons profité du manque de possibilités sportives pendant les vacances de printemps pour attirer l’attention sur les préoccupations des enfants et des jeunes. Nous avons rédigé une liste de revendications qui permettraient aux jeunes de faire plus facilement du sport pendant leur temps libre. Nous avons ensuite recueilli plus de 100 signatures d’adultes, d’enseignants et d’enfants qui soutenaient notre demande et avons envoyé le tout à la municipalité. Comme nous avions déjà adressé six demandes à l’administration sans pouvoir lui arracher la moindre concession, nous avons voulu mettre un point d’exclamation : Nous avons écrit au rédacteur en chef du Rheinaler. Celui-ci a compris notre demande et l’a soutenue par un article d’une page entière et un commentaire personnel (https://www.tagblatt.ch/ostschweiz/rheintal/rheineck-kinder-wollen-auch-in-den-ferien-fussball-spielen-ld.2446076).

Il s’en est suivi une invitation du président de la ville – mon fils n’a pas été invité – pour discuter du sujet. Il a présenté quelques idées, mais n’a pas pu s’engager concrètement. Plus tard, j’ai été à nouveau invité et on m’a promis des buts de football sur le terrain « tous temps », afin que les enfants puissent jouer au football même pendant la saison humide. Celles-ci sont maintenant effectivement en place et sont également très utilisées pendant les pauses scolaires.

Qu’est-ce que cela a apporté ?

De mon point de vue, les buts ne sont toutefois pas le principal bénéfice. Ce qui me semble encore plus important, c’est que des dizaines d’enfants ont eu connaissance de cette action et que beaucoup en ont fait partie en la signant. Une éducation politique dans la pratique, donc. Du côté des autorités, j’espère également des retombées positives. A savoir qu’à l’avenir, les préoccupations des jeunes ne seront plus balayées d’un revers de main.

Ceux qui veulent défendre les intérêts des enfants et des jeunes trouveront ici des ressources utiles et un réseau de personnes partageant les mêmes idées :


1. en 2022, 8,82 millions de personnes vivaient en Suisse, dont 5,54 millions avaient le droit de vote. Selon l’OFS, 45,4 % ont participé aux élections et aux votations, soit 2,5 millions.

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Les membres de ChristNet et de cinq autres groupements chrétiens-sociaux de Suisse romande se sont réunis l’après-midi du 12 novembre 2023 à Morges sous le thème « Une appartenance qui favorise la solidarité » pour la « Plateforme Christianisme Solidaire ».

Le sens de la journée était de joindre un engagement de foi à des implications politiques : elle y a parfaitement réussi. Non seulement les intervenants René Knüsel comme sociologue et Michel Sommer comme bibliste ont excellemment concentré leurs apports, mais l’intention de la journée était de faire participer activement nos membres à un travail collectif : retenir des thèmes durant les exposés, les afficher, cocher les thèmes préférés, et former des ateliers autour des thèmes souhaités. C’est ce qui est arrivé durant cette après-midi de travail.

Les quatre ateliers ont présenté des idées remontant de leurs discussions, et le débat en plénière avec les conférenciers et plusieurs partenaires du public a fait ressortir l’importance du choix personnel en matière d’appartenance et d’engagement : affiner notre lecture évangélique, nous former à l’écoute mutuelle, développer nos capacités d’argumentation, tout cela exige des lieux d’échanges ouverts et donc des conceptions ecclésiales ouvertes aux divergences plutôt que des structures héritées de génération en génération.

Le sociologue René Knüsel avait d’ailleurs décrit notre société comme un monde d’appartenances plurielles, sélectives et réversibles : chacun y cherche à « pouvoir être soi » ! Le risque est celui du « repli généralisé », et il reste à y cultiver l’acceptation mutuelle ou ce que les sociologues appellent « solidarité organique », par-dessus les différences sociales, lesquelles pourtant méritent le respect, afin de reconnaître l’autre comme tel. Chacun a aujourd’hui son « groupe de référence » identitaire, variable d’une personne à une autre.

Le bibliste Michel Sommer a présenté la première communauté chrétienne, à la lumière de l’apôtre Paul (notamment Galates 3,26-29), comme s’étant formée par la réception d’un « sur-vêtement » appelé « Christ », par-dessus toutes les appartenances sociales précédentes et conflictuelles. Cette appartenance-là est foncièrement ouverte à la diversité, interne et externe : langues, liens sociaux, cultures, religions, destins. Une célèbre parabole de Jésus avait justement impressionné en montrant un Samaritain franchir ses barrières culturelles pour soigner un Juif blessé et se faire ainsi solidaire d’un prochain inattendu (Luc 10,25-37).

La discussion a souligné la nécessité de repérer et reconnaître chez autrui ses besoins humains, de lui offrir une sécurité sans dominer son groupe culturel, d’apprendre donc à construire la paix en créant le lien plutôt qu’en répondant à un lien et un don préalables. Cet apprentissage requiert des lieux de formation où l’on vienne « recharger ses batteries » face à face. « Peuple de frères, peuple de sœurs », avons-nous chanté en conclusion de cette après-midi, qui avait confirmé notre proximité, notre sensibilité partagée, à travers des appartenances ecclésiales diverses acceptant de se rattacher à leur source d’inspiration commune.

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La répartition des sièges du Conseil national est terminée. Malgré neuf sièges supplémentaires pour l’UDC et onze sièges perdus pour les Verts et les Verts libéraux, les parts d’électeurs ne montrent que des changements relativement modérés par rapport à 2019.

Le gain de 2,3% de l’UDC ne compense que les deux tiers de sa perte de 2019 et la perte de 3,6% des Verts et des Verts libéraux ne représente qu’un tiers du gain de 2019.

Le trumpisme en Suisse – sommes-nous vulnérables à la démagogie ?

Mais ce qui doit nous laisser un souvenir douloureux, c’est la manière dont s’est déroulée la campagne électorale : jamais encore on n’avait autant incité à la haine contre les adversaires politiques : Le coup d’envoi a été donné il y a deux ans avec les accusations contre les « villes parasites de gauche avec leurs drôles d’idées » et l’affirmation erronée selon laquelle les villes mettraient régulièrement la population rurale en minorité et la passeraient ainsi sous silence. Cette année, la propagande électorale a de nouveau fait un amalgame entre les élites et les villes « de gauche » qui voulaient livrer notre pays à la folie du genre et des LGBTQ. Ce faisant, on évoque régulièrement une lutte entre les méchantes élites et le bon peuple, ce qui correspond à la définition centrale du populisme. Il est caractérisé par une penseé en termes d’ennemis déclarés plutôt qu’en faveur d’une politique objective et d’une résolution systémique des problèmes : « c’est la faute de la gauche si tant d’étrangers inondent la Suisse, ce qui est la cause de tous nos problèmes actuels : pénurie d’énergie, augmentation des loyers, pollution de l’environnement et même explosion des coûts de la santé ». Et ce, bien que l’UDC elle-même s’oppose bec et ongles à toute amélioration dans ces trois derniers domaines. Le peuple n’y peut rien, tout est de la faute des méchants « autres ». Cette politique vise les personnes plutôt que les solutions. Des boucs émissaires plutôt qu’une politique centré sur le problème concret. Nous devrions également nous demander pourquoi nos églises se taisent lorsque l’incitation à la haine et la calomnie contre des êtres humains se répandent.

Lors de ces élections, cette propagande a surtout fait mouche auprès de la population rurale et des régions périphériques. C’est dans ces régions, plus conservatrices et plus opposées aux changements sociaux, que l’UDC a le plus progressé. Dans les régions urbaines, la progression est restée modeste. On pourrait également établir un certain parallèle avec la France, où les protestations du mouvement des gilets jaunes ont été attribuées aux régions rurales qui se sentaient délaissées et défavorisées.

Un réflexe conservateur ?

On peut aussi qualifier le résultat des élections de repli conservateur : les partis plutôt conservateurs comme l’UDC, mais aussi l’UDF et le centre ont progressé, tandis que les partis libéraux comme les Verts, les Verts libéraux et le PLR/libéraux ont perdu. Ce réflexe conservateur est certainement lié aux changements rapides de la société, mais aussi à la situation mondiale menaçante (UE perçue comme toute puissante, guerres en Ukraine et à Gaza/Israël). L’UDC a été aidée par les inégalités financières dans le financement des campagnes et peut-être même favorisée par la Russie : aux Etats-Unis et dans d’autres pays européens, les bots et les fausses vidéos ont déjà aidé les partis qui sont plus utiles aux intérêts de la Russie.

Résoudre les problèmes au lieu de désigner des boucs émissaires et des ennemis

En tant que chrétiens, nous devrions rejeter la politique des boucs émissaires et exiger une politique de fond. ChristNet s’engage en premier lieu pour les personnes défavorisées et impuissantes en Suisse, pour celles qui ont le plus besoin de notre soutien. Les thèmes les plus urgents pour eux ont des causes systémiques :

  • La forte hausse des loyers : selon une étude commandée par l’association des locataires, les sociétés immobilières ont facturé un total de 78 milliards de francs de loyers en trop entre 2006 et 2021 -> ce qui signifie que chaque habitant a payé environ 10’000 francs de trop (soit 30’000 francs en moyenne par appartement loué!). Ces pratiques usuraires, auxquelles la plupart des gens ne peuvent échapper sans se retrouver à la rue, trouvent en grande partie leur origine dans les augmentations illégales des loyers lors des changements de logement et dans la non-répercussion de baisses des taux hypothécaires. Il faut enfin mettre un terme à cette situation. Les pouvoirs publics doivent également pouvoir veiller à ce que des logements bon marché, non soumis à des intérêts de profit, puissent être construits. Mais le lobby immobilier a toujours empêché tout cela au sein des parlements.
  • Forte hausse des primes d’assurance maladie : Elles sont principalement liées au vieillissement de la génération du baby-boom et à des interventions médicales toujours plus coûteuses. Surtout la première situation est difficilement évitable. Il n’y a pas d’autre solution que la solidarité. Selon une étude de 2011, la Suisse est le pays d’Europe dont les habitants doivent payer le plus de leur poche pour leur santé. Il est urgent d’augmenter les subsides aux primes d’assurance maladie !
  • Salaires minimums : de nombreux pays ainsi que de plus en plus de cantons connaissent des salaires minimums. La science économique s’accorde à dire qu’il s’agit généralement d’histoires à succès, où le nombre d’emplois créés est supérieur à celui des emplois perdus, et où de nombreuses personnes ont enfin un revenu qui leur permet de vivre. La contribution des salaires minimums à l’inflation est minime – contrairement, par exemple, aux bénéfices spéculatifs du secteur pétrolier ou immobilier. Or, l’inflation a fait basculer de nombreuses personnes dans la pauvreté. Les salaires minimaux sont donc plus urgents que jamais !

ChristNet continuera à faire entendre sa voix en faveur des personnes défavorisées. Participez vous aussi !


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Qu’est-ce que le racisme exactement ? Comment pouvons-nous le combattre au quotidien ? Mark Moser fait d’abord le point sur les notions et donne ensuite des conseils pratiques pour mener « une vie activement antiraciste ».

Selon des études, les idées de droite et le racisme gagnent du terrain dans le monde germanophone. En Suisse, 10 % de cas de racisme en plus ont été signalés au Réseau suisse de conseil en 2022. La xénophobie, les idées de droite et la catégorisation des personnes en fonction de leur classe sociale, de leur ethnie, de leur nationalité et de leur statut de séjour ne sont malheureusement pas rares dans les Églises non plus.

Dans le contexte du discours raciste, on rencontre désormais une multitude de termes. Des termes comme black facing ou black profiling, mais aussi des expressions comme racial turn, différence raciale, intersectionnalité, white supremacy ou critical whiteness. Il est toutefois essentiel de clarifier ce que l’on entend par « race » et « racisme ». Le racisme au quotidien se réfère aux « pratiques racistes dans la vie quotidienne et à leur expérience ainsi qu’à l’incorporation d’attitudes racistes au sens de modèles de pensée et d’action ainsi que de réactions et d’empreintes émotionnelles ».

En droit suisse, le racisme englobe toute forme d’inégalité de traitement injustifiée, de manifestation ou de recours à la violence physique qui rabaisse, blesse ou désavantage des personnes en raison de leur origine, de leur race, de leur langue ou de leur religion.

La catégorisation sociale comme base des préjugés
Il existe un concept classique de « racisme ». Sont racistes les idéologies qui divisent l’humanité en un certain nombre de races biologiques aux caractéristiques génétiquement transmissibles, et qui hiérarchisent les races ainsi comprises.
En revanche, un concept généralisé (sens large) du racisme est plus répandu. Elle englobe les idéologies et les formes de pratique fondées sur la construction de groupes humains en tant que communautés d’origine et de descendance auxquelles sont attribuées des caractéristiques collectives qui sont évaluées implicitement ou explicitement et interprétées comme ne pouvant pas ou difficilement être modifiées.

Cette définition élargit le champ d’application du terme « racisme » des races conçues biologiquement à tous les types de groupes d’ascendance présentés comme différents, notamment les « groupes ethniques » ou les « peuples ».

Dans notre société fragmentée et hyper-individualisée, nous observons les effets de la catégorisation sociale. Nous entendons par là le processus mental par lequel une personne associe quelqu’un d’autre ou elle-même à une catégorie sociale ou à un groupe social. On voit une autre personne ou soi-même comme une femme ou un homme, vieux ou jeune, etc. Il s’agit d’un processus automatique qui ne peut pratiquement pas être supprimé. D’une part, la catégorisation sociale est utile, car elle permet de construire des attentes et de préparer des actions. D’autre part, elle est à la base de l’application de stéréotypes et de préjugés.

La recherche sociale montre que nous faisons la différence entre les groupes (in-groups) auxquels on se sent appartenir et les groupes étrangers (out-groups) auxquels cela ne s’applique pas. Les membres d’un ingroup se considèrent les uns les autres comme des individus, tandis que nous considérons les membres d’un outgroup plutôt comme un groupe. Les recherches montrent que lorsque nous jugeons des personnes appartenant à d’autres groupes sociaux (out-groups), nous sommes moins empathiques et plus critiques, avec des associations souvent négatives.

Le racisme n’est pas compatible avec l’amour du prochain
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » Ce commandement de l’amour du prochain est clair, il ne contient aucune marge de manœuvre pour la discrimination et la persécution des personnes. Dieu aime l’homme : « Ce n’est pas que nous ayons aimé Dieu, mais c’est qu’il nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme une expiation pour nos péchés » (1 Jean 4.10). Son amour pour les hommes est inconditionnel et s’adresse à tous. Le passage suivant, tiré de l’Exode, est également très connu : « Tu n’opprimeras pas l’étranger et tu ne l’opprimeras pas ; car vous aussi, vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte » (Exode 20, 22). Le message est clair comme de l’eau de roche : le racisme n’est pas compatible avec le commandement de l’amour du prochain. De même, le racisme et la xénophobie ne sont pas compatibles avec une théologie qui part d’une image aimante de Dieu.

Les Blancs se sont forgé des idées racistes pour se distinguer des non-chrétiens blancs (juifs, musulmans, etc.) et des non-Blancs chrétiens (par ex. les Éthiopiens, les Coptes, les Arabes, les Africains christianisés, les Latinos, etc.

C’est précisément le christianisme qui doit reconnaître sa part de racisme, la traiter et la surmonter par une autre approche. Sur le plan scientifique, mais aussi littéraire, des membres des People of Colour ont récemment publié d’excellents écrits qui esquissent de telles approches et visions.

Pour le christianisme, « l’humanité » est une approche : devant Dieu, nous sommes tous égaux. L’humanité vise à la réconciliation.
L’idée que Dieu habite en l’homme et non pas quelque part au loin dans l’espace peut être un moyen pour que les hommes se traitent avec respect.
« Du haut des cieux, Dieu regarde les hommes pour voir s’il y a quelqu’un d’intelligent, quelqu’un qui s’interroge sur Dieu » (Psaume 53,3).

Concrètement : comment réagir au racisme ?
Ne pas accepter le racisme est une attitude active dans la vie. J’essaie de vivre activement de manière antiraciste. Je ne tolère pas les déclarations et les actes racistes et discriminatoires. Je suis prêt à réagir à ceux-ci. Ce que je veux éviter à tout prix, c’est une situation dans laquelle j’accepte en silence des déclarations ou des actes racistes. Car le silence est compris comme une approbation, une acceptation.

Selon le degré de relation et de confiance, j’opte pour une approche différente face aux déclarations racistes et discriminatoires.

S’il n’y a guère de confiance et de relation, je trouve qu’il est peu prometteur de vouloir provoquer un changement d’attitude. Dans ce cas, je nomme la déclaration et l’acte racistes ou discriminatoires et je m’en démarque. Il est important de rendre les déclarations et les actes visibles et, le cas échéant, de prendre des mesures.

Je suis prêt(e) à exprimer verbalement mon désaccord avec l’affirmation et je me concentre sur les affirmations et non sur la personne. J’essaie de comprendre l’affirmation et je fais vérifier l’affirmation. « Est-ce que je t’ai bien compris ? Tu dis … » Cela donne à la personne la possibilité, le cas échéant, d’atténuer ses propos ou de les retirer.
J’essaie de comprendre pourquoi la personne fait cette déclaration à ce moment-là. Est-ce par colère, déception ou sous le coup de l’émotion ? Cela n’excuse pas la déclaration, mais aide à la classer.

Je pose des limites claires avec des déclarations telles que : « Je ne suis pas du tout d’accord et je me distancie très clairement de cette déclaration ».
Souvent, les personnes qui font des déclarations racistes réagissent en invoquant leur droit à la liberté d’expression. Je renvoie souvent au contexte légal et au fait que, selon le droit suisse, les personnes ne doivent pas être discriminées en raison de leur origine, de leur nationalité, etc. et j’essaie d’orienter la conversation vers des principes et des valeurs.

C’est précisément parce que les religions peuvent offrir un terrain propice aux interprétations racistes qu’il est particulièrement important que les religieux s’engagent contre le racisme.
En tant qu’être humain et chrétien, je suis convaincu que Dieu le père/la mère est une divinité aimante. Cet amour divin ne s’adresse soit à personne, soit à tous.


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Comment voter ? C’est la question que se posent les électeurs ces jours-ci face à une enveloppe de vote qui n’a jamais été aussi épaisse. Nous suggérons des lignes directrices et des conseils concrets..

Un scribe a demandé à Jésus quel était le plus grand commandement. Jésus répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée ». C’est le plus grand et le premier commandement. Mais le deuxième lui est égal : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C’est à ces deux commandements qu’est suspendue toute la loi et les prophètes. (Matthieu 22.35-40).

L’amour de Dieu et de notre prochain doit être le fil conducteur de toutes nos actions, donc aussi de nos actions politiques. Le bien-être de notre prochain doit être dans notre champ de vision au même titre que notre propre bien-être. Car chaque être humain est créé et aimé par Dieu, chaque personne a la même valeur aux yeux de Dieu. Mais tout le monde n’a pas les mêmes capacités, tout le monde ne peut pas s’imposer de la même manière dans notre monde et veiller lui-même à son bien-être.

Qui doit être soutenu en particulier ?

Qui a particulièrement besoin de notre amour du prochain ? L’Ancien Testament ne cesse d’appeler avec insistance à la protection des veuves, des orphelins, des pauvres, des miséreux, des petits, des étrangers, etc. Aux yeux de Dieu, ils ont particulièrement besoin de protection. Souvent, leur situation est liée à l’impuissance ou à l’esclavage pour dettes. Les prophètes accusent le peuple d’Israël de ce que les forts tentent de faire plier les droits des pauvres et invitent à les aider à faire valoir leurs droits. Ils doivent être nourris par la dîme et l’esclavage pour dettes doit être supprimé à intervalles réguliers.

Dans le Nouveau Testament, Jésus se tourne lui aussi spécialement vers les marginaux et les sans-pouvoir. Il n’a toutefois pas formulé de revendications à l’égard du système politique, car cela n’était guère possible à l’époque.

Assumer notre responsabilité envers les personnes défavorisées

Ici et aujourd’hui, nous avons la possibilité, par le biais d’élections et de votations, de participer à la définition des conditions sociales. Nous avons ainsi une coresponsabilité à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire. Les décisions que nous prenons en tant qu’électeurs et les lois qu’édicte un parlement ont des conséquences concrètes pour nos prochains. La Bible nous conseille de ne pas prendre nos décisions en pensant uniquement à notre propre bien, mais aussi à celui de notre prochain.

Mais qui sont aujourd’hui ceux qui ont le plus besoin de notre voix ? Qui sont les impuissants, les vulnérables, les misérables, ceux qui vont le plus mal ? Les personnes en situation de pauvreté, dont le nombre ne cesse d’augmenter ? Les enfants qui sont plus touchés par la pauvreté que la moyenne, qui ressentent de plus en plus de pression à l’école et qui sont ballottés ? Les migrants, considérés comme un danger ? Les personnes handicapées ? Les moins instruits, qui ont du mal à suivre ? Ou tout simplement les moins performants ? Il est de notre devoir d’aider ces personnes défavorisées à obtenir des chances de vie équitables. Cela peut se faire par la redistribution, par l’empowerment, par un accès simplifié à la justice, etc.

De qui la politique s’occupe-t-elle aujourd’hui ?

La politique peut créer des conditions générales qui aident les personnes défavorisées ou alors qui leur nuisent encore plus. Qu’en est-il aujourd’hui, pour qui fait-on de la politique ? La majorité des partis disent faire de la « politique pour la classe moyenne » – donc pas pour ceux qui ont le plus besoin de soutien. La voix des personnes réellement défavorisées n’est pas entendue. C’est la seule façon d’expliquer,

  • pourquoi les parlements cantonaux et fédéral proposent chaque année de nouvelles baisses d’impôts qui profitent avant tout aux plus aisés et qui sont ensuite économisées sur les aides au logement, les prestations complémentaires à l’AVS et les subsides aux primes de caisse maladie des personnes aux bas revenu,
  • pourquoi il y a un projet parlementaire au niveau fédéral de vider les droits des locataires contre les hausses de loyer
  • pourquoi le Parlement fédéral veut interdire une grande partie des salaires minimums cantonaux, ce qui touche particulièrement les couches les plus pauvres.
  • pourquoi l’idée de créer des caisses-maladie bon marché est propagée, dans lesquelles les personnes à bas revenu seraient poussés, tout en recevant de moins d’accès au système de santé.

Comment faire le bon choix ?

Politik muss denjenigen nützen, die es am meisten brauchen. Sie müssen unsere Aufmerksamkeit erhalten.
La politique doit être utile à ceux qui en ont le plus besoin. Ils doivent bénéficier de notre attention. Mais cela implique d’accorder à chaque personne la même valeur devant Dieu et donc la même attention et les mêmes chances de vie. Or, aujourd’hui, on dit trop vite que chacun doit se débrouiller seul. En certains endroits, les plus faibles dans la société sont même considérés comme un fardeau ou ils sont carrément dévalorisés. Dans les églises, nous entendons parfois dire que les personnes défavorisées devraient simplement se tourner vers Dieu et que « l’État » ne devrait pas assumer les tâches de Dieu. Or, Dieu nous demande de protéger le droit des pauvres et de nous occuper d’eux ! Saisissons donc l’occasion de ces élections fédérales pour soutenir avant tout ceux qui ont le plus besoin de notre aide. Comment le savoir ? Sur le site web indépendant www.smartvote.ch , il est possible d’indiquer ses propres priorités politiques sur un questionnaire, après quoi le site affiche les partis et les candidats individuels qui se rapprochent le plus de l’orientation politique indiquée. Il n’y a donc plus d’excuses. Votez maintenant !

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La suite de Jésus, la mission et l’évangélisation sont souvent associées à l’appel « aller vers toutes les nations » (Mt 28,19-20). Parallèlement, le thème de l’écologie est aujourd’hui en vogue. L’ordre de mission s’oppose-t-il en diagonale à l’écologie ? L’écologie relègue-t-elle la mission principale des chrétiens à l’arrière-plan ? Un regard sur le passé peut nous aider à clarifier ces questions.


Qui est Jésus ?

Dès le début, l’Église a lutté pour savoir qui était exactement Jésus, qu’elle suivait et dont elle annonçait le royaume. L’une des premières questions était la suivante : ce Jésus était-il un homme, éventuellement bon, ou était-il Dieu ? Après plus de 400 ans de lutte acharnée, l’Église primitive a dit – pour simplifier – de Jésus de Nazareth : « Il est pleinement Dieu et pleinement homme. Être pleinement humain, cela signifie accepter pleinement et sans concessions les choses d’ici-bas. Mais être pleinement Dieu signifie aussi être totalement différent de ce monde.

De quelle réalité s’agit-il ?

L’Église primitive était en outre fortement axée sur le corps, sans pour autant ne faire qu’un avec le monde d’ici-bas. Des exemples comme les épîtres aux Corinthiens indiquent que la communauté réelle faisait partie de l’être chrétien et que la ‘véritable’ réalité n’était justement pas transférée vers l’avenir. En même temps, le thème de l’espérance, qui est également abordé dans ces lettres (1 Corinthiens 13,13), montre qu’un monde totalement juste ne peut pas être achevé ici et maintenant.

Comment cela nous aide-t-il dans la question de la mission, de l’écologie et de l’imitation ? Aujourd’hui, on constate deux tendances : Certaines églises s’occupent avec beaucoup d’engagement de cette création et font des efforts sur le plan écologique. C’est louable. Mais si l’accent est mis exclusivement sur ce monde, l’ancienne Eglise les aurait exclues. Pourquoi ? Parce qu’elles ne mettent l’accent que sur la nature humaine de ce Jésus : L’espérance reste fondée sur l’homme.

La tendance opposée : seul l’au-delà compte, à savoir le salut de l’individu. La création n’a aucune valeur en soi, bien que Dieu se soit fait homme pour que toute la création soit rachetée (Rm 8,22).

Ces deux tendances ont quelque chose de juste et d’attirant, mais dans leur unilatéralité, elles manquent leur but, du moins selon l’ancienne Église. Enfoncer un coin entre la rédemption et la création ne rend pas justice au témoignage biblique.

Un exemple de Thoune

Là où les deux aspects sont affirmés de manière égale, la « plénitude de la vie » s’étend. C’est le cas de la communauté évangélique libre de Thoune, qui met l’accent sur les deux aspects. De par son histoire, elle s’inscrit clairement dans la compréhension traditionnelle de l’imitation et de l’évangélisation. Au fil des années, elle l’a complétée sans perdre ce qui existait jusqu’alors. Elle a par exemple délibérément mis l’accent sur d’autres aspects, comme par exemple un cours annuel sur la justice, un thème étroitement lié à l’écologie. La caractéristique de cette paroisse réside justement dans son équilibre peu spectaculaire. Pour elle, suivre signifie faire face aux besoins de ce monde avec l’espoir du royaume de Dieu. Cet équilibre n’a pas empêché sa croissance numérique.

Un autre exemple : il n’est guère étonnant que le réseau Eco Church en Angleterre, qui compte plus de 5000 paroisses, mais aussi en Suisse romande (EcoEglise) et en Suisse alémanique (Eco Church Network), regroupe des paroisses très différentes. A l’aune de la compréhension biblique et de l’Eglise ancienne, Eco Church est une possibilité de répondre aux questions de notre temps sans nier la succession, mais en la prenant au sérieux. L’idée sous-jacente est la suivante : la protection de la création est centrale, car Dieu n’a pas cessé de trouver cette création bonne et il veut toujours vivre dans cette création, comme il y a 2000 ans, mais la création a aussi besoin de rédemption. Eco Church est une manière d’exprimer la foi et l’espérance par une vie de disciple – et c’est une très bonne nouvelle pour beaucoup de gens.

Liens complémentaires :

stoparmut.ch
ecochurch.ch

Cet article est paru pour la première fois dans IDEA SUISSE le 09 juillet 2023 [Lire l’article original]
Photo de couverture d’Akira Hojo sur Unsplash

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« L’amour du prochain au Palais fédéral », tel était le thème d’une conférence organisée samedi dernier par le Forum ChristNet. A la veille des élections nationales, le théologien Lukas Gerber, le cofondateur de l’œuvre d’entraide Christian Schneider et l’ancien conseiller national socialiste soleurois Philipp Hadorn se sont exprimés à ce sujet en adoptant leur perspective.

« La politique et la Bible vont-elles de pair ? », a demandé le théologien et doctorant Lukas Gerber. Pour cela, il a mis en lumière les déclarations du Nouveau Testament et les différentes tâches de la communauté chrétienne et de la communauté des citoyens énumérées par le théologien Karl Barth : Dans la parabole du bon samaritain de Jésus, c’est le fait d’être touché qui a déclenché l’amour actif du prochain. Dans l’agenda de Jésus, les injustices politiques de Rome n’étaient guère à l’ordre du jour, mais il avait les exclus à l’esprit, ses discours et ses actes étaient hautement politiques et les responsables du système le craignaient. « Jusqu’à aujourd’hui, ce sont justement les régimes autoritaires qui craignent la perte de contrôle par le christianisme », explique Gerber.
Selon Karl Barth, la communauté des citoyens protège du chaos, mais la communauté des chrétiens a un rôle de gardien vis-à-vis de l’État : la politique n’est pas une instance de moralité, c’est pourquoi l’Église doit « faire entendre sa voix là où il y a de l’injustice » et s’engager en faveur des marginalisés.

Christian Schneider a présenté les écarts de pauvreté dans le monde. Dans ses « Incitations à l’action politique », il a lancé un avertissement : « L’Évangile met plutôt en garde contre le fait d’économiser et de devenir riche ! » En tant que cofondateur de l’œuvre d’entraide Onesimo, Schneider a vécu 13 ans dans les bidonvilles de la métropole philippine de Manille – dont neuf ans avec sa famille. Avec un modeste budget annuel de 1,3 million de francs, des communautés thérapeutiques, des stations de traitement de la toxicomanie, des formations professionnelles pour les jeunes et des églises de bidonvilles y sont gérées bénévolement sur 40 sites.
Schneider aimerait étendre ce travail à dix autres villes. « Nous, les riches, sommes tentés de faire de l’aide aux pauvres une ‘industrie' », a-t-il averti. Au sujet de son œuvre d’entraide, Schneider a déclaré : « Nous ne payons pas de salaires, pas de loyers et notre travail efficace et de qualité en faveur des plus pauvres n’est pas soutenu par la Confédération à hauteur d’un franc – hormis l’exonération fiscale des dons ».

L’ancien conseiller national Philipp Hadorn (PS / SO) a parlé de l’amour du prochain dans la politique fédérale. Il a rappelé le rôle des hommes et des femmes politiques : ils ne doivent pas agir sous le coup de l’émotion, mais de manière objective et réfléchie. Il s’agit de trouver la meilleure solution possible et non pas d’idéaux. Néanmoins, « lorsqu’on fait de la politique, l’attitude fondamentale est importante ». Hadorn se réjouit que l’État fixe un cadre laïc et définisse des règles du jeu valables pour tous. « La stabilité du système politique est une bénédiction pour la Suisse ».
L’orateur a énuméré des thèmes politiques dans lesquels l’amour du prochain joue un rôle. Dans les milieux chrétiens, il manque le débat à ce sujet. Il a identifié comme problématiques de la politique chrétienne les divergences d’opinion dans la mise en œuvre de l’amour du prochain, la perte de confiance dans l’État, le lobbying dans les salles de conseil, la vision unilatérale de l’évangile de la prospérité et la mise à l’écart des marginaux. Il voit un début d’espoir dans l’unité dans la diversité.

Les échanges après chaque exposé et les discussions de groupe ont mis en évidence des points ouverts : Que doit faire l’État pour aider les pauvres et que doit faire le secteur privé ? Comment gère-t-on, dans les milieux chrétiens, la diversité des points de vue sur les thèmes politiques ? Les chrétiens en Suisse doivent-ils encore se qualifier d' »évangéliques » lorsque des cercles du même nom aux États-Unis et au Brésil soutiennent des politiciens douteux ? Comment réagir lorsque l’égoïsme ou la peur dominent le débat politique ?