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« Tout est absolument vain dit l’Ecclésiaste, tout est absolument vain, rien n’a de sens », ainsi commence le célèbre livre de sagesse.

Peut-on rapprocher cette affirmation au sens de l’engagement en politique à travers le parcours d’une figure politique née il y a exactement un siècle ? C’est le défi dans lequel je me lance.

Alexandre Dubcek est né dans l’actuelle Slovaquie le 21 novembre 1921 de parents communistes idéalistes, conséquents avec leurs idées. Les Slovaques sont intégrés à un nouvel Etat créé à la fin de la 1ère guerre, la Tchécoslovaquie.

Après la prise de pouvoir par les communistes en 1948, Alexandre Dubcek gravit progressivement tous les échelons de la hiérarchie du parti communiste, à partir du niveau local jusqu’à devenir le premier secrétaire de l’Etat autonome slovaque. Son profil est celui d’apparatchik communiste suffisamment dans le rang pour ne pas être inquiété par les purges staliniennes opérées autour de 1950.

Les choses évoluent dans les années 60 car en tant que secrétaire du parti de Slovaquie, il développe une approche libérale dans cette partie de la Tchécoslovaquie.

Fin 1967 il conteste avec d’autres la gouvernance nationale autocrate d’Antonin Novotni par voie démocratique interne au parti et affirme le besoin en réformes dans le pays. Au péril de leur vie, une équipe de courageux responsables communistes parviennent à porter au pouvoir Alexandre Dubcek comme premier secrétaire en janvier 1968.

S’ensuit le Printemps de Prague, une période de libéralisation de la Tchécoslovaquie. A la fois sur le plan politique, des médias, de la culture et sur le plan économique, la société vit un réveil. Une renaissance de la société donne à croire que l’on peut concilier communisme et humanité.

Malheureusement ce vent d’oxygène détonne nettement dans l’empire totalitaire auquel le pays appartient, et après de multiples pressions et tentatives de dialogue, les armées soviétiques et d’autres pays sous leur tutelle envahissent le pays en août 1968. Dubcek et son équipe sont contraints de signer un accord qui enclenche un processus de retour à l’ancien régime. Il reste encore 8 mois au pouvoir dans une dynamique engagée de frein avant de céder la place à une nouvelle équipe qui applique en bon élèves les directives soviétiques. S’ensuivent 20 années appelées du sombre mot de ‘’normalisation’’. Dubcek se retrouve mis au banc de la société, toutes ses relations et ses faits et gestes sont contrôlés par la police politique.

Dès 1985, à la faveur du dégel du régime soviétique de Michaël Gorbatchev qui laisse les pays socialistes jusqu’alors sous entraves s’orienter librement, le Mur de Berlin tombe et quelques semaines plus tard, la Tchécoslovaquie prend le chemin de l’émancipation dans une dynamique d’enchaînement de manifestations appelée la Révolution de Velours.

Notre héros réformateur fait un retour spectaculaire sous les acclamations d’une foule immense en joie le 24 novembre 1989. Sorti du tombeau de la normalisation, il vit une résurrection.

Dans la démocratie enfin retrouvée en Tchécoslovaquie, Alexandre Dubcek deviendra président de l’Assemblée fédérale, soit 2ème dirigeant du pays derrière Vaclav Havel écrivain dissident devenu président de la République. Du socialisme démocratique qu’il incarne depuis la fin des années 60, il était rejeté pour la part démocratique en 1968, et dès 1989 c’est le mot socialisme à l’inverse qui ne colle pas à la société dominante. Il sera largement attaqué et discrédité comme ancien communiste et comme dirigeant ayant -pour ses détracteurs- capitulé lors de l’invasion de 1968 et la signature de l’accord sous contrainte avec les Soviétiques. Ce sera une nouvelle course avec un engagement corps et âme en hypothéquant sa santé, qui se terminera par un accident de voiture dont les blessures s’ajoutant à d’autres maux l’emportent en novembre 1992.

Salomon a pratiqué tous les aspects de l’engagement dans les affaires de ce monde, politiquement et économiquement. Christ a donné un mot d’ordre central dans son Evangile en parlant de prendre sa croix et perdre sa vie pour l’Evangile plutôt que gagner le monde entier (Marc 8,34). L’être, les motivations, le cœur, le profil, les aspirations sont le fondement d’une démarche pour le Royaume. Je n’ai pas d’information sur la spiritualité de Dubcek si ce n’est que sa morale trouvait sa source dans la tradition luthérienne et les principes de ses ancêtres mais il a adopté -comme on qualifie un ancien parrain de la mafia- un comportement de repenti conséquent suite à sa conversion à la démocratie. A 2 reprises après 68 et 89, il a été diffamé, rejeté, il a nagé à contre-courant comme l’est souvent la voie des justes. Il a perdu tout statut pendant 20 ans. L’histoire relève en même temps les apports du Printemps de Prague dans la marche pour la démocratie à l’Est avant 1989 ainsi que le souci -dans la liberté retrouvée après 1989- de maintenir un équilibre entre marché et justice sociale qu’avait Alexandre Dubcek.

A.Dubcek a un parcours emprunt sacrifice, de service, d’humilité au profit d’une aspiration à des valeurs qui le rapproche de personnalités marquantes de la Bible et de l’histoire. Chacun trouvera aisément la réponse à la question du sens profond de son engagement malgré les revers subis dans sa vie.

Pour approfondir : Autobiographie. A.Dubcek « C’est l’espoir qui meurt en dernier » Fayard 1993

Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1120, Juillet 2021, www.editions-mennonites.fr.

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Les retours après notre appel du mois de mai est positif, le soutien financier et moral est toujours là. En conséquence, lors de l’assemblée générale du 19 juin, les membres présents ont approuvé le nouveau concept. Maintenant, nous recherchons intensivement une nouvelle direction. Veuillez transmettre l’offre d’emploi aux personnes potentiellement intéressées. Nous sommes également à la recherche d’un nouveau trésorier à moyen terme, car Walter assure l’intérim, mais souhaite être remplacé rapidement. Dans le même temps, nous nous attaquons déjà aux premières tâches, telles que le rétablissement d’un compte Twitter et l’amélioration du fichier d’adresses. Et enfin, de nouveaux articles vont paraître sur le site web. Le vote sur le CO2 nous a donné l’occasion de le faire. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez écrire quelque chose !

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Trésorier recherché : Une tâche intéressante et importante, sans laquelle ChristNet et son service pour l’amour du prochain ne seraient pas possibles. Quelque chose pour toi ? Ou connais-tu quelqu’un qui pourrait être intéressé ?

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Et enfin, il se passe aussi quelque chose sur le plan politique. :

1) Multinationales responsables: On reste dessus !
En élaborant les ordonnances, Karin Keller-Sutter a massivement édulcoré le  » contre-projet  » du Conseil fédéral, déjà très maigre, contre l’initiative sur la responsabilité des entreprises. Des entreprises comme Holcim ne sont plus couvertes par la loi, et de nombreuses failles ont été créées qui rendent la loi presque obsolète. Vous pouvez participer au processus de consultation et exprimer votre opinion.

2) CO2 : L’engagement peut continuer avec de l’espoir !
Malgré ou peut-être à cause du vote sur la loi sur le CO2 perdu de justesse, l’engagement contre le réchauffement climatique doit se poursuivre. Parce que le sujet est toujours urgent, il y a évidemment encore un manque de sensibilisation. C’est pour cela que nous sommes là, et le changement lent mais sûr des attitudes conduira à une plus grande protection du climat en Suisse également : Voici un commentaire plein d’espoir :