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Le 25 mars dernier, le Président Macron a lancé une opération militaire nommée « Résilience » pour fournir aux préfets un appui militaire sur les domaines sanitaire, logistique et de la protection. Le nom de l’opération n’est pas un hasard, cette notion de résilience des sociétés a récemment pris de l’ampleur dans la recherche en sciences sociales. Cet engouement signale aussi le constat implicite d’une fragilité croissante induite par la complexification de nos sociétés. La résilience se définit comme la capacité d’absorber les chocs et de rebondir. Cette capacité est fondamentale face aux aléas et incertitudes de la vie. À la suite de crises, comme la pandémie du covid-19, nous prenons tous pleinement conscience de notre fragilité et de l’incertitude du lendemain. Presque tous les gouvernements du globe cherchent alors à augmenter la résilience de leur pays ou du moins à en donner l’apparence.

Le paradoxe de la résilience

S’il est une notion paradoxale par excellence, c’est bien la résilience. L’économiste Hyman Minsky montre que la stabilité financière conduit les acteurs de l’économie à un excès de confiance en eux-mêmes. Or, cet excès conduit à prendre des risques de plus en plus inconsidérés jusqu’à créer les conditions favorisant une nouvelle phase d’instabilité. Puis, l’instabilité pousse à une recherche de stabilité qui à la longue se détériore et ainsi de suite. Les sociétés évoluent avec une mémoire qui s’évanouit avec le temps. Quand, tout le monde se croit en sécurité, soudainement le choc ou la crise arrive. Ici, il ne sert de rien de se croire fort, il est plus sage de reconnaître ses limites et faiblesses pour augmenter la résilience. Comment peut-on infuser une conscience durable des limites ? La Bible donne une solution précise à ce paradoxe d’une vulnérabilité cachée sous une fausse stabilité.

Fort dans la faiblesse !

La Bible soutient que « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Cor. 12 :10). Dans la faiblesse, nous avons conscience de qui nous sommes réellement. Est-ce que la résilience se réduit à une prise conscience des faiblesses pour mieux absorber les chocs et rebondir ? Pas seulement ! La pleine conscience de nos limites n’est qu’un premier pas vers plus de résilience, le second consiste à s’ouvrir à l’Espérance. Quand nous prenons conscience qu’il n’est plus possible de compter seulement sur nos propres capacités, tel le fils prodigue, nous pouvons relever la tête vers notre Père. Il est notre Espérance. Il nous offre non seulement une vie après la mort, mais encore de vivre de sa puissance dès ici-bas si nous croyons que Jésus est mort pour nos péchés et en voulant changer de vie pour le suivre en comptant sur son Esprit Saint. Notre joie vient alors de ce que nous pouvons faire nôtre ces paroles du Psaume 62 :6-7 : « Oui, mon âme, repose-toi sur Dieu, car c’est de lui que vient mon espérance. Oui, c’est lui mon rocher et mon salut, ma forteresse : je ne serai pas ébranlé. » Fort de cette Espérance, nous pouvons impacter notre environnement et nos contemporains. Nous sommes porteurs d’espérance par-dessus les épreuves, aucune crise ne pourra enlever notre joie qui demeure sans prétention car nous connaissons notre grande faiblesse et notre grande force en Christ seul. Voilà une résilience durable !

Tribune parue sous la rubrique « Regards » dans Christ Seul (mensuel des Eglises évangéliques mennonites de France), n° 1109, mai-juin 2020, www.editions-mennonites.fr.