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Oui à la loi sur la protection de notre climat – parce que nous voulons laisser une planète vivable à nos descendants

Politique, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 8 min

Des documents internes de l’industrie pétrolière montrent que celle-ci était au courant du réchauffement climatique dû aux émissions de CO2 depuis les années 70. Malgré cela elle a toujours nié le rapport aux énergies fossiles lorsque les scientifiques mettaient en garde contre le réchauffement climatique. Depuis, 50 ans ont passé et la quasi-totalité des scientifiques s’accordent à dire que le réchauffement a lieu, qu’il est en très grande partie causé par l’homme et que ses conséquences comportent des dommages extrêmes : Déçès dûs à la canicule, sécheresses, famines, inondations, élévation du niveau de la mer, déplacement des zones climatiques avec perte de biodiversité, par conséquent des flux migratoires ainsi que des dommages économiques dépassant largement les 10’000 milliards d’euros par an. Ramené à la Suisse, cela représenterait au moins 10 milliards de francs par an.

Prendre ses responsabilités

Notre action devient donc de plus en plus urgente. Chaque année que nous perdons avant d’agir ajoute encore plus de dégâts et change le monde dans lequel nos enfants (et beaucoup d’entre nous) devront vivre. Ils paieront le prix des destructions que nous causons. Dans notre système juridique, nous sommes habitués à rendre responsable quelqu’un qui a détruit un bien ou causé un dommage à quelqu’un d’autre. En règle générale, le responsable doit payer pour les dommages. Pouvons-nous maintenant affirmer sérieusement que nous voulons continuer à avoir le droit de vandaliser la terre que nous partageons avec 8 Milliards de prochains ? Et de faire payer les dégâts à nos enfants et aux pays pauvres qui produisent le moins de CO2 ? Eux aussi sont nos prochains, nous devons les aimer autant que nous-mêmes.

Que dirons-nous à nos enfants lorsqu’ils nous demanderont dans 30 ans pourquoi nous avons réagi si peu, voire même voté contre des mesures ? Si nous continuons à détruire ainsi les bases de la vie de nos enfants, nous ne devrons pas nous étonner qu’ils développent une colère contre nous et qu’ils ne veuillent plus s’occuper de nous un jour, lorsque nous serons vieux.

Que devrons-nous répondre à Dieu lorsqu’il nous demandera pourquoi nous avons détruit sa belle création et sapé à ce point les bases de la vie de nos enfants et de nos proches ?

Nous ne pouvons pas seulement nous le permettre, nous devons nous le permettre !

La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde, nous ne pouvons pas dire que nous n’avons pas les moyens de prendre ces mesures prévues par la nouvelle loi. Cela signifierait que nous sommes contraints de continuer à vivre aux dépens de nos enfants. Est-ce possible ? Si nous ne pouvons pas nous permettre de passer à une quantité égale d’énergie non fossile, cela signifie que nous devons réduire notre consommation d’énergie et ne pas de continuer à vivre aux dépens de nos descendants. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’une réflexion sur notre consommation et, par conséquent, sur le contenu de notre vie. Moins, c’est plus ! En tant que chrétiens nous pouvons montrer le chemin !

Osons le pas – et la solidarité

Selon les sondages, le changement climatique est l’une des principales préoccupations de la population suisse. Mais les mesures pour y remédier étaient rejetées il y a deux ans malgré tout. La peur des coûts personnelles à court terme est très présente chez beaucoup de personnes. C’est là qu’interviendrait aussi notre solidarité avec ceux qui, en raison de mesures, rencontrent de réelles difficultés. Les aides pour les personnes touchées par la pauvreté font partie des solutions, tout comme des salaires plus élevés pour elles.

Par peur de perdre notre niveau de vie, nous nous laissons facilement influencer par la propagande d’intérêts particuliers, comme lors de la votation sur la loi sur le CO2 il y a deux ans, et nous préférons croire ceux qui sèment le doute sur le réchauffement climatique. Cette fois encore, ne nous laissons pas dissuader d’agir ! Quelle alternative avons-nous si ce n’est cette loi ? Le volontariat ne suffit manifestement pas. Les opposants demandent de « mettre un terme à la folie de la gauche rose-verte ». L’alternative serait donc de faire l’autruche et d’attendre que la chaleur nous brûle les fesses…

  • https://oeku.ch/fr/chretiennespourlaprotectionduclimat/

Arguments

  1. La réchauffement de la terre est causé par l’homme – Ayons le courage de regarder la réalité en face !
    Il n’existe pratiquement plus de contre-arguments scientifiquement valables. Plus de 99 % des climatologues sont d’accord. Il est donc d’autant plus étonnant qu’en 2020 encore, seuls 60 % des Suisses pensaient que le changement climatique était d’origine humaine. 40 % ont donc décidé de croire le 1 % de « sceptiques » et les producteurs d’excuses. Nous avons donc énormément de mal à accepter quelque chose qui nous demande un changement.Mais si nous décidons de croire le 1 % de « sceptiques », nous devons avoir de bonnes et solides raisons. Pouvons-nous affirmer sérieusement que les 99 % ont tous tort ? Ou pouvons-nous sérieusement croire que les dizaines de milliers de climatologues sont soudoyés et totalement motivés par l’argent ? Tous ceux qui ont travaillé dans le domaine scientifique savent que c’est impossible : la plupart des scientifiques ont pour objectif la recherche de la vérité, et il est impossible qu’un groupe parmi eux ne dénonce pas les pots-de-vin.Donc si nous attendons qu’il n’y ait plus un seul sceptique, il sera trop tard. Dans de nombreux domaines, il n’est guère possible d’être sûr à 100%, mais il est raisonnable et nécessaire d’agir en pesant le pour et le contre. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas!

    En 2021, l’Agence internationale de l’énergie, qui a jusqu’ici misé sur le pétrole, a même déclaré qu’un changement radical était nécessaire : ne plus exploiter de nouveaux champs pétrolifères, investir massivement dans les énergies alternatives.

  2. Préserver la création de Dieu
    Dieu a créé la Terre et a dit à la fin que c’était bien ainsi ! Que dirions-nous si nous créions une belle œuvre d’art et que quelqu’un d’autre la défigurait ou la détruisait ? Nous serions attristés ! Que faisons-nous de la création de Dieu, une œuvre d’art fantastique ? Est-ce que nous honorons le Créateur lorsque nous piétinons son œuvre ?
  3. Préserver les bases de la vie du prochain
    Le plus grand commandement est l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Or, le réchauffement climatique met des milliards de nos proches dans une situation difficile : lorsque des plaines fertiles sont inondées, que des catastrophes naturelles détruisent des régions entières et que davantage de régions deviennent des déserts, la vie n’est plus possible pour eux. C’est pourquoi la protection du climat est un acte d’amour du prochain.
  4. Les dommages sont déjà importants, et ils le seront encore plus.
    Aujourd’hui déjà, les dommages causés par le réchauffement climatique se chiffrent en milliards. L’Agence fédérale de l’environnement de l’Allemagne estime déjà que les dommages annuels s’élèvent à 20 milliards d’euros rien qu’en Europe. A l’avenir, il faut s’attendre à un déplacement des zones climatiques, à encore plus de sécheresses, de famines et donc à d’importants flux migratoires. Les coûts augmentent ainsi de manière incommensurable. Les calculs économiques prévoient des dommages dépassant largement les 10 billions d’euros à l’échelle mondiale et une réduction massive de la performance économique. Qui peut payer cela ?
  5. Nous avons besoin d’indépendance vis-à-vis du pétrole des régimes.
    Les principales réserves de pétrole se trouvent aujourd’hui en grande partie dans des dictatures de la péninsule arabique, en Irak, en Iran, mais aussi en Russie, en Chine, au Venezuela, en Azerbaïdjan, en Libye, etc. Les États-Unis, le Canada et le Nigeria sont également d’importants producteurs. Pour le gaz, la situation est encore pire. La Suisse ferait bien de se libérer de sa dépendance vis-à-vis des régimes !

Contre-arguments – et ce que nous en pensons

  1. « Dieu a tout en main ».
    Cet argument est parfois utilisé dans les milieux chrétiens, comme si rien ne pouvait arriver malgré nos actions.-> Dieu a tout en main, mais il nous laisse aussi agir librement. Si nous détruisons sa création, il ne nettoie pas immédiatement derrière nous.-> La réalité montre une autre image : Après le déboisement des forêts dans les Alpes, il y a eu de nombreux glissements de terrain et avalanches, Dieu ne les a pas empêchés. Ce sont les hommes qui ont dû réagir en reboisant. La mer d’Aral s’est asséchée, les alentours ont été salinisés par les dépôts de vent ; dans de nombreuses régions, des régions entières ou des rivières et des lacs ont été contaminés et sont devenus inutilisables. Dieu n’empêche pas les conséquences de nos actes.
  2. « Les mesures sont trop chères, nous ne pouvons pas nous le permettre ».
    Les opposants affirment, sans faire de calculs crédibles, que le passage à l’électricité et à d’autres sources d’énergie coûterait des centaines de milliards de francs à la population. Ce n’est pas payable, selon eux. Nous sommes d’avis que c’est faux :- Les chiffres sont d’abord totalement exagérés et partent ensuite de l’hypothèse d’une stagnation technologique. Or, dans la réalité, la demande est un moteur de l’innovation et donc de la baisse des prix.
    – Rien que les dommages financiers et économiques d’un maintien des combustibles fossiles sont estimés à 10 milliards de francs par an à partir de 2050. A long terme, les coûts pour tous sont donc encore bien plus élevés, sans compter la chaleur, la perte de biodiversité et beaucoup de souffrance.
    – Nous devrons donc de toute façon payer. En cas de non à la nouvelle loi, nous ferons supporter les coûts à nos descendants.
    – Que les couches défavorisées ne puissent plus payer le chauffage dépend uniquement du montant que nous partageons ! Il faut donc faire preuve de solidarité et répartir équitablement les revenus.
    – Quel pays peut se permettre de prendre des mesures, si ce n’est pas nous ? Si nous disons que nous ne pouvons pas le faire, que diront les autres pays ?
    Au fond, nous causons des dégâts, mais nous ne voulons pas les payer -> d’un point de vue purement juridique, ce n’est pas possible !
  3. « La sécurité d’approvisionnement est menacée par la conversion »
    -> Avant même l’hiver 2022/23, une peur de la pénurie d’électricité a été attisée. Et elle ne s’est produite nulle part en Europe. Devons-nous à nouveau répondre à cette peur ?
    -> Avec l’énergie solaire et les pompes à chaleur, d’énormes potentiels de production d’énergie locale sont encore inexploités.
    -> A long terme, nous ne pourrons pas non plus éviter de repenser notre consommation d’énergie. Avons-nous vraiment besoin de tout cela ? Quand est-ce que ça suffit ? La plupart des gens peuvent toutefois réduire leur consommation de combustibles fossiles s’ils le souhaitent : Les voyages en avion ne sont généralement pas obligatoires, autrefois nous partions aussi en vacances sans avion. Et pour beaucoup, l’utilisation des transports publics ou au moins le renoncement à un SUV serait raisonnable.
  4. « Le volontariat suffit ».
    -> Jusqu’à présent, nous avons misé sur le volontariat. La preuve que cela ne suffit pas a été apportée depuis longtemps : les émissions de CO2 ne diminuent que très peu, et une bonne partie de la réduction est due à la délocalisation de la production industrielle à l’étranger.
    -> Lorsque des vandales endommagent une voiture, trouverions-nous acceptable que la police suggère simplement au coupable de payer peut-être quelque chose pour les dégâts, s’il le souhaite ? Cela va à l’encontre de notre conception du droit. L’indemnisation d’un dommage causé ne doit pas être facultative. Pourquoi seuls les uns devraient-ils payer ou se retenir, et pas les autres ?
  5. « Mais nous en faisons déjà tellement ».
    -> La réduction de nos émissions de CO2 ne suffira jamais à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Mais il faut malheureusement encore beaucoup plus d’engagement, et ce de la part de tous !
    -> Si l’on fonce à 50 km/h en direction d’un mur, il ne sert à rien de dire « mais je ralentis maintenant à 30 km/h, alors lâche-moi… ». Le choc sera quand même rude.
  6. « Les autres pays sont encore pires – cela ne sert à rien si la Suisse va seule de l’avant »
    -> Chacun est responsable de ses propres actes, chacun est coresponsable de l’ensemble, car chacun contribue au CO2. Si chacun attend que les pires agissent en premier, nous ne ferons qu’aggraver la catastrophe.
    -> De plus, nous avons la possibilité, par le biais de la législation et de la pression internationale, de contraindre les plus gros producteurs de CO2 à réagir (producteurs de pétrole, cargos, bateaux de croisière, etc.).
    -> Si, c’est utile : Chaque tonne de CO2 économisée est utile ! Dirions-nous la même chose dans d’autres domaines personnels, par exemple le tri des déchets, le passage aux transports publics, la consommation d’eau, etc. Devons-nous nous contenter d’un comportement égoïste parce que la contribution de chacun est si petite ? Non, nous avons tous une part de responsabilité ; Dieu nous demande de faire ce qui est juste, et pas seulement quand les autres le font aussi !
    De plus, d’autres pays bougent rapidement : les États-Unis et l’UE visent la neutralité climatique d’ici 2050, et des dizaines de pays ont déjà décidé d’interdire les moteurs à essence dans les 15 prochaines années.

Foto von Janosch Diggelmann auf Unsplash

5. mai 2023/0 Commentaires/par Markus Meury
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Markus Meury
Markus Meury

né en 1970, marié, deux enfants, sociologue, membre fondateur de ChristNet.

«Je prends plaisir à sensibiliser les Eglises concernant les sujets sociaux et écologiques et à transmettre les connaissances reliées.»

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