Les personnes avant le profit: stop à la spéculation sur les denrées alimentaires

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L’initiative populaire «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires!» des Jeunesses socialistes veut limiter les spéculations boursières avec les matières premières agricoles et les denrées alimentaires. Seuls les acteurs travaillant directement avec les matières premières (producteurs, transformateurs, etc.), doivent pouvoir utiliser des produits financiers afin d’assurer les prix et les délais sur les matières premières et les denrées alimentaires. Dès 2013, ChristNet a promu ce sujet lors de la publication du livre «La Suisse, Dieu et l’argent»1 .

Les crises de la faim entre 2007 et 2008, ainsi que la flambée consécutive des prix des denrées alimentaires on plongé plus de 100 millions de personnes dans la faim. Beaucoup en sont morts. Un pourcentage considérable de la spéculation alimentaire est effectué depuis la Suisse, en particulier à Genève.

Même s’il n’est pas clairement établi à quel point ces mouvements spéculatifs ont contribué au déclenchement des crises alimentaires de ces dernières années, cette initiative populaire nous donne l’occasion de réduire ce pourcentage. Car une chose est claire: les personnes prévalent toujours sur le profit.

Ne nous laissons pas contaminer par la peur qui redoute la perte d’emplois ou de profits en cas d’acceptation de l’initiative.

Les raisons pour dire oui

  • Lutter contre la faim: les fluctuations des prix sur les marchés des matières premières ont des conséquences dramatiques sur les pays en voie de développement. Les personnes qui doivent utiliser entre 50 et 90% de leur salaire pour la nourriture tombent dans la famine. Chez les enfants, la malnutrition n’est pas un problème passager, mais engendre des dommages à vie. Une régulation plus stricte de la spéculation peut briser ces fluctuations excessives des prix.
  • Adéquat: de nombreuses études démontrent que les spéculations ont des effets négatifs sur la stabilité des prix des denrées alimentaires.
  • Comportement moutonnier: les spéculateurs boursiers ont tendance à un comportement moutonnier, ce qui renforce les fluctuations des prix. Dans le cas des denrées alimentaires, cela a, selon les circonstances, des conséquences particulièrement dramatiques dans les pays en voie de développement. C’est pourquoi les régulations pour les denrées alimentaires doivent être plus strictes que pour d’autres biens.
  • En cas de doute, favoriser les personnes: Lorsque les méthodes scientifiques ne peuvent répondre à la question de savoir dans quelle mesure la spéculation sur les denrées alimentaires affecte les prix, les intérêts de toutes les personnes concernées doivent être évalués. Il va alors de soi que les personnes souffrant de la faim prévalent sur les spéculateurs boursiers devant renoncer à des gains en capitaux.
  • Application réaliste: L’initiative est facilement applicable en n’engendre pas de bureaucratie. La différenciation entre la spéculation et le «hedging» (qui garantit les prix) est déjà aujourd’hui appliquée dans différents marchés.

1 Notamment au chap. 1.7 «On ne joue pas avec la nourriture!» (Pain pour le prochain) et chap. 1.6 «Les matières premières, un commerce juteux» (Benjamin Gräub). In: La Suisse, Dieu et l’argent. Dossier Vivre n° 36, Edititons Je Sème, St. Prex, 2013.