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Archive d’étiquettes pour : suisse

Ne pas contourner les salaires minimaux cantonaux

Developement, Justice, Politique, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 4 min

En juin 2026, le Conseil national et le Conseil des États ont décidé d’interdire les salaires minimaux cantonaux là où il existe des conventions collectives nationales. Cela entraîne des baisses de salaire dans les secteurs et les cantons concernés. ChristNet soutient le référendum contre cette mesure.

Dieu souhaite que tous les êtres humains puissent subvenir à leurs besoins. Deutéronome 15,4 stipule même : « Il ne devrait pas y avoir de pauvres parmi vous ». L’objectif d’une politique économique conforme à la Bible est donc d’instaurer cette situation, au moins pour toutes les personnes de bonne volonté.

Au cours des dernières années, la population de cinq cantons a adopté des salaires minimaux concrets : Neuchâtel, le Jura, le Tessin, Genève et Bâle-Ville. Dans le canton de Vaud également, ce principe a été inscrit dans la Constitution. À l’inverse, des initiatives allant dans ce sens ont été rejetées de justesse dans les cantons de Bâle-Campagne, Soleure et Fribourg. Le Parlement fédéral a désormais interdit les salaires minimaux cantonaux là où il existe des conventions collectives de travail (CCT) nationales. Cela a pour conséquence que, précisément dans les secteurs où les salaires sont bas, ce sont désormais les salaires encore plus bas prévus par les CCT qui s’appliquent à la place des anciens salaires minimaux cantonaux. Les syndicats et les partis politiques ont lancé un référendum contre cette mesure. ChristNet appelle à soutenir ce référendum.

La pauvreté malgré un emploi dans une Suisse riche ? Cela ne doit pas être le cas !

On pourrait penser qu’un salaire devrait suffire à faire vivre une famille. Or, pour beaucoup de personnes en Suisse, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique1, environ 175 000 adultes vivaient dans la pauvreté en 2024 malgré un emploi rémunéré. Ces ménages comptaient également environ 80 000 enfants, adolescents et jeunes adultes touchés par la pauvreté. En 2024, le seuil de pauvreté s’élevait en moyenne à 4’159 francs par mois pour un ménage composé de deux adultes et de deux enfants. Aujourd’hui, environ 5 % des enfants grandissent dans la pauvreté, une proportion qui n’a pas évolué depuis 2014. Un enfant sur six est en outre menacé par la pauvreté.

La nouvelle loi touche particulièrement les plus démunis

Un nombre particulièrement élevé de personnes déjà touchées par la pauvreté travaillent dans des secteurs où des baisses de salaire menacent désormais en raison de la suppression des salaires minimaux cantonaux, par exemple 15 000 personnes dans la restauration. Dans le canton de Genève, où le coût de la vie est élevé, le salaire minimal s’élève aujourd’hui à 4 475 francs par mois, à Neuchâtel à 3 886 francs et à Bâle-Ville à 4 040 francs. Si cette modification législative était adoptée, des milliers de salariés des cantons de Bâle-Ville et du Jura subiraient une baisse de salaire pour passer au salaire minimum prévu par la CCT, soit 3’713 francs, et se retrouveraient ainsi précipités dans la pauvreté, tandis que dans les cantons de Genève et de Neuchâtel, les salaires seraient gelés malgré la hausse du coût de la vie. La situation est très similaire pour les coiffeurs et coiffeuses ainsi que pour le personnel de nettoyage.

L’argument fallacieux de l’« accord privé »

La majorité parlementaire a fait valoir que les salaires minimaux cantonaux constituaient une ingérence dans les accords privés conclus entre les partenaires sociaux. Cet argument est surprenant au vu du fait que, fondamentalement, l’ensemble de la législation, tant au niveau national que cantonal, définit le cadre dans lequel s’inscrivent ces accords privés. Qu’est-ce qui prime : le bien-être des plus démunis ou l’idéologie de la non-ingérence dans le secteur privé ? Les partisans ont mis en avant le renforcement du partenariat social grâce à la nouvelle réglementation. Il faudrait être malicieux pour y voir une arrière-pensée, à une époque où, en raison de leur taux de syndicalisation en baisse, les syndicats sont régulièrement perdants dans ce partenariat. L’adoption de la nouvelle loi pourrait bien entraîner une recrudescence des conflits sociaux.

Pas moins, mais plus d’emplois grâce au salaire minimum !

L’Union des arts et métiers a estimé que de nombreuses entreprises ne pourraient pas se permettre de payer le salaire minimum et que cela entraînerait des pertes d’emplois. Or, l’économie a depuis longtemps réfuté cette thèse : au Royaume-Uni, un salaire minimum légal a été introduit en 1999, et il a été revu à la hausse chaque année. Des études scientifiques2 montrent que, globalement, cela n’entraîne pas de destruction d’emplois, mais tend plutôt à en créer davantage. En effet, les personnes à faibles revenus ne peuvent pas épargner cet argent supplémentaire, mais le dépensent généralement sur place, ce qui crée de nouveaux emplois. Des expériences similaires ont également été observées aux États-Unis3 et, à Genève, on ne constate pas non plus d’effets négatifs sur le marché du travail.

La grande majorité des cantons s’oppose à l’interdiction du salaire minimum

Lors de la consultation sur le projet de loi, tous les cantons, à l’exception d’Obwald, se sont prononcés contre la nouvelle loi. En effet, celle-ci constitue une atteinte anticonstitutionnelle à la souveraineté cantonale. Le Conseil fédéral s’y est également opposé, arguant que les CCT sont précisément des contrats de droit privé et ne peuvent donc pas, dans la hiérarchie juridique, primer sur les décisions populaires.

Une politique économique au service de ceux qui en ont le plus besoin

La politique économique doit profiter à ceux qui en ont le plus besoin. Si cet objectif n’est pas atteint ou si, comme dans le cas présent, on prive les plus démunis du peu qu’ils possèdent, cela peut être considéré comme un échec total de la politique. Il est alors temps de faire le point, de réorienter la politique économique, de redéfinir les objectifs et de les expliquer clairement aux acteurs concernés. La politique économique doit également s’appuyer sur des données scientifiques et non sur une idéologie. Et elle doit garder à l’esprit le nombre total d’emplois. À cet égard, les salaires minimums obtiennent de bons résultats. C’est pourquoi ChristNet recommande de signer le référendum contre la nouvelle loi au plus tard début septembre

Signez ici : Référendum « Ne touchez pas aux salaires minimums ! »


1. https://www.bsv.admin.ch/de/newnsb/VgZS118i99Abu0uAkYqUA?utm_source=chatgpt.com
2. https://www.boeckler.de/de/boeckler-impuls-grossbritannien-loehne-und-jobs-stabilisiert-10342.htm
3. https://www.letemps.ch/economie/six-enseignements-salaire-minimum

21. juillet 2026/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/07/abstieg-273198323.jpg 956 1700 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2026-07-21 19:47:242026-07-21 19:57:59Ne pas contourner les salaires minimaux cantonaux

Non à l’affaiblissement du service civil

Economie, Justice, Politique, Santé, Social, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 2 min

Le 14 juin 2026, nous voterons sur une modification de la loi sur le service civil. Les partis bourgeois ont approuvé une modification législative visant à affaiblir le service civil. Un référendum a désormais été lancé contre cette mesure.

Le service civil est un modèle de réussite. Introduit en 1996 après une longue lutte, il a donné à des milliers de jeunes hommes la possibilité d’accomplir un service civil au service de la communauté plutôt que de faire leur service militaire. De plus, il permet à de nombreuses organisations d’accueil de fournir les prestations dont elles ont besoin.

Le PEV, les Verts, le PS et le PVL rejettent la révision sur laquelle le peuple suisse se prononcera le 14 juin. Diverses organisations, telles que l’association du service civil CIVIVA, ont joué un rôle déterminant dans la collecte des signatures pour le référendum.

La modification de la loi comprend six mesures :

  • Nombre minimum de 150 jours de service, même après avoir accompli une partie du service militaire.
  • Le coefficient de 1,5 jour de service civil par jour de service militaire s’applique également aux sous-officiers et aux officiers.
  • Pas de missions nécessitant des études de médecine humaine, dentaire ou vétérinaire.
  • Pas d’admission des militaires ayant 0 jour de service restant. Il n’est donc plus possible de contourner l’obligation de tir.
  • Obligation d’engagement annuel à compter de l’admission, ce qui aligne le rythme du service sur celui du service militaire et du service civil.
  • Obligation d’achever la longue mission au plus tard au cours de l’année civile suivant l’admission définitive, si la demande a été déposée pendant l’ER. Dans la législation actuelle, cela pouvait également se faire plus tard.

Ces mesures ont des répercussions diverses, mais dans l’ensemble, elles sont radicales. Le Conseil fédéral et la majorité parlementaire tablent sur une réduction de 40 % du nombre de jours de service civil grâce à ces mesures. Si cet objectif n’était atteint que de manière approximative, cela ne servirait pas non plus les intérêts de l’armée elle-même. Au contraire, le risque serait grand de voir de nombreuses personnes se rabattre sur la « voie bleue ». Le calcul de la Confédération ne tiendra donc pas la route.

Ce qui est toutefois déterminant, c’est qu’il y a et qu’il y aura aujourd’hui et à l’avenir plus qu’assez de militaires. Les chiffres de la Confédération le montrent clairement. L’effectif réel de l’armée s’élève à environ 146 700 personnes, alors que l’effectif fixé par la loi est de 140 000. La révision de la loi ne peut donc être comprise que comme une volonté délibérée de détériorer les conditions du service civil.

Notre pays a besoin d’une armée, il a besoin d’une protection civile pour les hommes inaptes au service militaire, mais surtout d’un service civil qui serve les jeunes hommes concernés et apporte le soutien en personnel nécessaire aux organismes d’affectation, notamment dans les domaines social et de la santé, de l’environnement et de l’éducation.

La solution actuelle est bonne. La conscience ne peut toujours pas être sérieusement mise à l’épreuve. Quiconque effectue un service civil 50 % plus long que le service militaire prouve que sa motivation pour le service civil est sérieuse.

19. mai 2026/0 Commentaires/par Heiner Studer
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/05/zivildienst_pexels_293819023-FR.jpg 956 1700 Heiner Studer https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Heiner Studer2026-05-19 12:03:582026-05-19 12:06:00Non à l’affaiblissement du service civil

Les exportations incontrôlées d’armes nuisent à la paix

Justice, Politique, Société
Lesezeit / Temps de lecture ~ 6 min

Fin 2025, le parlement fédérale a décidé d’assouplir les règles relatives à l’exportation de matériel de guerre suisse. Une large coalition de partis politiques, d’ONG et d’organisations pour la paix a décidé de lancer un référendum contre cette décision, dont le délai expire le 17 avril.

Lire la suite

1. avril 2026/0 Commentaires/par Marc Jost
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2026/04/jay-rembert-xnK_o6OdTew-unsplash.jpg 787 1400 Marc Jost https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Marc Jost2026-04-01 23:15:292026-04-02 22:38:07Les exportations incontrôlées d’armes nuisent à la paix

Elections 2015 : C’est tout ce que nous voulons ?

Politique
Lesezeit / Temps de lecture ~ 2 min

Seulement la peur des réfugiés et la croissance économique ?

Avec les élections nationales du 18 octobre 2015, la question se pose à nouveau : « À quoi devrait ressembler la Suisse de demain ? Deux sujets dominent maintenant la discussion sur les élections : Les réfugiés et la croissance économique.

Les médias rendent compte quotidiennement des flux de réfugiés, et beaucoup d’entre nous rencontrent aujourd’hui des Érythréens et des Syriens dans leur vie quotidienne. Mais la principale préoccupation ne semble pas être le bien-être de ces personnes, mais la manière dont nous pouvons nous défendre contre elles…

Après le « choc du franc », la Suisse s’attendait à une récession, mais il est maintenant peu probable qu’elle se produise. Néanmoins, la peur des pertes fait en sorte que les candidats sont sélectionnés principalement en fonction de leur convivialité économique. Cependant, au cours des quatre dernières années, tout a été subordonné à la promotion économique, c’est-à-dire à la création de richesses. Devrions-nous maintenant sacrifier encore plus à cela ?

C’est tout ce que nous représentons encore aujourd’hui ?

La défense contre les étrangers et l’augmentation de la richesse matérielle sont-elles les seules choses qui nous importent encore ? Si l’on considère la baisse de la participation aux élections cantonales à Zurich, Bâle-Campagne et Lucerne, on pourrait le penser. Le fait que les partis qui n’ont pas mis en avant les questions ci-dessus ont pu mobiliser moins d’électeurs en est le signe.

En tant que chrétiens, d’autres sujets

Nous, les chrétiens, aurions d’autres sujets qui sont importants pour nous, par exemple :

  • Un environnement qui fait que même nos enfants s’émerveillent de la grandeur de Dieu
  • Une mobilité modérée dans laquelle les villes n’étouffent pas et dans laquelle nous pouvons vivre en toute sécurité
  • Une économie et une société qui ne reposent pas sur la lutte de tous contre tous ni sur l’accumulation par le stress, mais qui laissent de la sécurité et du temps pour les relations
  • La protection du dimanche comme un don de Dieu, afin que nous puissions respirer et cultiver des relations
  • Des écoles et des hôpitaux dotés de ressources suffisantes et accessibles à tous sur un pied d’égalité
  • La justice avec nos semblables du Sud, en les protégeant de l’exploitation et de la spéculation alimentaire, même si notre économie en tire moins de profit.

Allons voter, si ces questions sont également importantes pour nous !

Par exemple, ce qui est en jeu :

  • La protection du dimanche
  • La transformation du système énergétique
  • La législation environnementale
  • La loi sur la protection des locataires
  • Les mesures d’accompagnement des accords bilatéraux qui nous protègent des salaires de misère
  • et ainsi de suite.

Ou voulons-nous seulement nous réveiller quand nous n’aurons plus tout cela ? Mobilisons nos amis, choisissons d’y aller !


Apparu pour la première fois sur : Livenet.ch, 28.9.2015

 

7. octobre 2015/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2020/09/Bundeshaus_Bern_2009_Flooffy.jpg 843 1280 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2015-10-07 12:30:532020-09-29 15:59:27Elections 2015 : C’est tout ce que nous voulons ?

Migration: au-delà des chiffres, des humains

Social
Lesezeit / Temps de lecture ~ 3 min

Fin 2014, 60 millions de personnes étaient en train de fuir leur pays, un chiffre record. Les quotas d’accueil exceptionnellement élevés en Suisse et en Europe témoignent du fait qu’énormément de personnes ont fui pour sauver leur vie, menacées par des conflits internes et la guerre civile en Syrie et en Érythrée. Il est aussi clair que, à l’ère du Natel et d’Internet, les informations concernant l’Occident (pour la Syrie), respectivement le Nord (pour l’Érythrée) sont facilement accessibles. En outre, les contacts avec ceux «qui ont réussi» se sont fortement simplifiés.

De grands défis aux origines multiples

Actuellement, des drames terribles se jouent en mer Méditerranée. Chaque année, plusieurs milliers de personnes y perdent leur vie. Qui en est responsable? Les passeurs, avides et sans scrupules, car ils prennent trop de risques? Les «migrants économiques», naïfs, car ils croient les promesses d’une richesse facile? L’UE, car en verrouillant ses frontières, elle force les bateaux de réfugiés à prendre les routes les plus risquées? Nous tous, car nous attendons de notre gouvernement la protection des frontières et la conservation de notre bien-être?

Les médias nous donnent souvent l’impression que c’est essentiellement l’Europe qui est confrontée à un flux énorme de réfugiés. Cependant, l’image qui ressort d’une comparaison au niveau mondial est quelque peu différente:

Top 3 des pays d’accueil1. 
chiffres absolus pour 1000 habitants
1. Turquie 1.59 millions 1. Liban 232
2. Pakistan 1.51 millions 2. Jordanie 87
3. Liban 1.15 millions 3. Nauru 39
Suisse 0.015 millions2. Suisse 2

La Suisse est-elle donc réticente à l’accueil de réfugiés? Pas forcément! Le taux de protection, c’est à dire le nombre d’acceptations de demande d’asile, et les admissions en cours, a augmenté l’année passée de 58 %. Et notre pays a assuré au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés l’accueil d’un contingent relativement élevé de 3000 personnes en quête de protection. Cependant, au regard des 4 millions de réfugiés au Proche Orient3. , certaines ONG demandent un accueil allant jusqu’à 100’000 personnes…

La Confédération et les cantons doivent faire face à de grands défis. Le nombre élevé de demandes implique une hausse du besoin d’hébergement. Alors que l’extrême-droite évoque une énorme crise («chaos de l’asile»; «l’armée aux frontières»), nombreux sont les cantons qui réagissent heureusement de manière pragmatique et innovante. Ainsi, le Tessin a mis en place un partenariat avec les hôteliers, l’Argovie et Berne ont installé des tentes miliaires.

Des réponses bibliques

Que dit la Bible sur ces sujets complexes? Tout d’abord, les thématiques de la persécution, la fuite, l’exil et la patrie sont étonnement présentes dans la Bible. Depuis Genèse 4 jusqu’à l’Apocalypse, les hommes ont été sur les routes. Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Jésus et bien d’autres ont été, durant des périodes plus ou moins longues, des étrangers dans des pays étrangers. Dès lors, ce n’est pas un hasard que l’éthique biblique pose la question de notre attitude face aux étrangers. On trouve des textes à ce propos dans la Loi de Moïse4. .

Quant au Nouveau Testament, il met en avant des valeurs telles que l’hospitalité5. , la miséricorde, la générosité et le renoncement. Il est aussi intéressant de souligner que, dans la Bible, le prochain n’est pas uniquement – ou n’est justement pas – celui qui nous est «le plus proche», notre concitoyen. Dans la parabole qui illustre le plus grand commandement, le prochain qui donne son aide vient du peuple méprisé des Samaritains. Et le texte qui instaure l’amour du prochain dans l’Ancien Testament dit: «Si un étranger vient séjourner dans votre pays, [… vous] le traiterez comme l’un de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers en Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu».6.

Beaucoup de réfugiés sont en danger de mort et ont besoin de protection. D’autres cherchent une vie meilleure et tentent de remplacer leur désespoir par des perspectives d’avenir. Quant à nous qui sommes nés dans un des pays les plus riches du monde, avons-nous le droit de juger ces «réfugiés économiques»? Dieu les aime autant que nous. «Nous les bons, eux les méchants», cette vision n’est pas correcte. Ni sa réciproque, d’ailleurs. Dieu amène les réfugiés à nos portes et nous met au défi comme Lazare l’a fait pour l’homme riche dans la parabole de Jésus7. .

Gardons cela à l’esprit: d’où qu’ils viennent et quelle que soit leur histoire, ce sont des êtres humains. Nos prochains. Ils méritent de recevoir toute notre compassion.


1. HCR, Tendances Mondiales 2014. unhcr.org/556725e69.html (en anglais).

2. Calcul sur la base de «Statistique en matière d’asile 2014», Secrétariat d’Etat aux migrations. www.bfm.admin.ch/bfm/fr/home/publiservice/statistik/asylstatistik/jahresstatistiken.html (consulté le 11.8.2015).

3. Secrétariat d’Etat aux migrations, «Crise humanitaire en Syrie». www.bfm.admin.ch/bfm/fr/home/asyl/syrien.html (consulté le 30.7.2015).

4. Lévitique 17–19 et Deutéronome 23–24.

5. «Ne négligez pas de pratiquer l’hospitalité. Car plusieurs, en l’exerçant, ont accueilli des anges sans le savoir» (Hébreux 13.2).

6. Lévitique 19.33–34.

7. Luc 16,19-25.

7. octobre 2015/0 Commentaires/par Martin Züllig
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2003/01/CN-dummy-2109218.jpg 600 1200 Martin Züllig https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Martin Züllig2015-10-07 10:49:582025-08-12 09:54:07Migration: au-delà des chiffres, des humains

Prier + Voter 2015 «Migration»

Politique
Lesezeit / Temps de lecture ~ < 1 min

Prière de 40 jours pour la politique migratoire

En vue des élections nationales du 18 octobre, ChristNet propose de «Prier + Voter» pendant 40 jours, comme il l’a fait il y a quatre ans. Cette fois, ce temps est placé sous le thème de la «migration». Ainsi, nous voulons offrir aux chrétien-ne-s l’opportunité de se préparer personnellement aux élections et de prier afin que le monde politique suisse devienne plus accueillant envers les migrant-e-s.

Souhaites-tu une Suisse empreinte d’amour dans le domaine de la migration? Alors participe, dès aujourd’hui à ce mouvement de prière entre le 9 septembre et le 18 octobre!

 

9. septembre 2015/0 Commentaires/par ChristNet
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2020/09/kirche.jpg 300 500 ChristNet https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg ChristNet2015-09-09 18:23:582020-09-29 16:07:57Prier + Voter 2015 «Migration»

Permettre à la famille

Social
Lesezeit / Temps de lecture ~ 4 min

La famille est une valeur chrétienne importante et, ces dernières années, elle est enfin revenue sur le devant de la scène politique. Au cours de la prochaine législature, l’imposition des familles sera vivement débattue. Avant les élections, différents partis tentent de s’imposer comme des partis familiaux. La valeur de la famille doit être à nouveau renforcée, la cohésion doit être promue et la charge de la famille doit être réduite.

Des approches insuffisantes

Diverses études montrent que les familles sont aujourd’hui les plus exposées au risque de pauvreté en raison des coûts élevés liés au fait d’avoir des enfants. En 2007, le taux de travailleurs pauvres dans les familles avec trois enfants ou plus était de 15 %, soit trois fois la moyenne de l’ensemble des personnes concernées. Les familles reçoivent donc une aide sociale beaucoup plus souvent que la moyenne. Aujourd’hui, 20 % des enfants de la ville de Bienne sont des bénéficiaires de l’aide sociale. Les approches précédentes visant à alléger le fardeau des familles n’ont donc pas été suffisamment ambitieuses.

Soutenir les familles ou démanteler l’État ?

Les réductions d’impôts à l’aide de déductions sur le revenu imposable allègent le fardeau des mauvaises personnes et ne sont d’aucune utilité pour les familles dont le budget est serré. Après tout, ils paient déjà très peu d’impôts fédéraux aujourd’hui. Le PDC exige que les allocations familiales ne soient plus imposées. Mais cela ne profiterait guère non plus aux familles pauvres, alors que les familles plus riches en tireraient un grand avantage grâce à la fiscalité progressive. Dans une nouvelle initiative, l’UDC demande une déduction sur le revenu imposable pour les parents dont l’un d’eux reste à la maison. Là encore, ceux qui en ont le plus besoin n’en bénéficient pas du tout.

Si nous voulons réduire les impôts, il faut une déduction forfaitaire par enfant sur le montant imposable, et c’est particulièrement important pour les impôts cantonaux, car là, les impôts sont vraiment ressentis par les personnes à faibles revenus.

Parfois, les allègements fiscaux accordés à la famille servent également d’alibi à une réduction d’impôt forfaitaire. Les réductions d’impôts sont populaires, c’est pourquoi elles sont souvent proposées comme une panacée. Cependant, les réductions d’impôts entraînent généralement aussi une pénurie de recettes fiscales et, plus tard, une réduction des prestations sociales par habitant, ce qui touche très souvent les familles.

De quoi les familles ont-elles besoin ?

Certains politiciens veulent promouvoir la famille en essayant d’empêcher que les tâches familiales soient déléguées à l’État. Oui, les enfants trouvent généralement la meilleure sécurité dans la famille. Mais ce dont nous avons besoin, c’est d’une politique qui rende vraiment possible la vie de famille. Les parents doivent être libres de passer du temps de qualité avec leurs enfants.

Le premier objectif doit être que les enfants puissent être pris en charge par leurs propres parents. Il doit être possible pour l’un des parents d’être à tout moment à la maison avec les enfants (que la mère ou le père soit moins important). Cela est particulièrement important dans les premières années de la vie, lorsque la confiance de base, la stabilité intérieure et la « base solide » sont développées. Aujourd’hui, la prise en charge par la famille élargie (grands-parents, etc.) n’est plus possible pour tout le monde, en raison de la mobilité professionnelle requise et de la difficulté de trouver un appartement à l’endroit souhaité. Les parents ne devraient pas avoir à travailler plus de 100 % lorsqu’on les additionne.

Possibilités de mise en œuvre

Pour y parvenir, les conditions suivantes sont nécessaires :

1. un salaire suffisant pour une famille

Dans de nombreux secteurs de l’économie, les salaires sont si bas que les deux parents doivent travailler. Dans ce cas, il faut augmenter les salaires des groupes à faibles revenus en favorisant les conventions collectives et les salaires minimums.

2. permettre le partage de l’emploi

Pour que les deux parents puissent participer à l’éducation des enfants, il faudrait que les employeurs repensent quelque chose : le travail responsable devrait également être possible dans le cadre du travail à temps partiel. Aujourd’hui, de nombreux parents n’osent pas réduire leur enfance ou interrompre leur carrière parce qu’ils perdraient autrement le contact.

3. augmenter les allocations familiales

C’est la méthode la plus directe. Le Conseil fédéral et les deux chambres du Parlement estiment toutefois que les moyens financiers sont insuffisants et qu’il s’agit d’un principe d’arrosoir indésirable. Ce bilan contraste fortement avec les réductions d’impôts demandées par ces mêmes organismes, qui visent à supprimer des milliards d’euros de taxes, ce qui est un principe d’arrosoir puissant…

4. permettre les soins à domicile

Au lieu de financer aveuglément des crèches pour tous, comme le souhaite le PS, une partie de cet argent devrait être versée sous forme d’allocation de garde d’enfants aux parents qui restent à la maison pour certains de leurs enfants. Cette approche a déjà été testée avec succès en Allemagne.

5. crédit de garde d’enfants à l’AVS et à la caisse de pension

Si une personne ne travaille pas pendant un certain temps pour s’occuper de ses enfants, elle tombe dans un trou en ce qui concerne la prévoyance vieillesse (AVS, caisse de pension). Cela ne doit pas se produire. La garde d’enfants doit être considérée comme un travail au même titre, même si personne ne la paie !

6. des horaires de travail favorables à la famille

Depuis les années 1990, la flexibilisation du temps de travail s’est accrue. Pour des « raisons d’économie », le travail du soir, de nuit et du dimanche a été massivement étendu. La vie familiale en souffre, comme je l’ai vu de près lorsque j’étais secrétaire syndical. Nous devons nous opposer à toute nouvelle déréglementation des heures de travail et d’ouverture des magasins, sinon nous sacrifierons les familles sur l’autel de l’économie et de la consommation sans frontières.

7. de grands appartements pour les familles

Le gouvernement fédéral devrait promouvoir la construction de grands appartements au lieu de réduire les subventions aux coopératives, qui aujourd’hui construisent surtout des maisons familiales. En outre, des mesures juridiques sont nécessaires pour faciliter l’accès des familles aux grands appartements ou aux prêts immobiliers. En effet, les propriétaires et les prêteurs hypothécaires préfèrent les doubles revenus sans enfants aux familles car ces dernières représentent un « risque » financier plus important.

8. les primes d’assurance maladie

Les enfants doivent être assurés gratuitement. L’assurance de base peut être un peu vidée, mais il faut surtout introduire des primes liées au revenu.

9. vérification de la compatibilité familiale

Une évaluation de l’impact sur la famille pourrait être introduite pour les décisions politiques. Un tel test aurait été efficace, par exemple, dans le cas de la décision de la conseillère fédérale Burkhalter de ne pas faire payer les lunettes pour enfants par les caisses d’assurance maladie.

Une véritable politique familiale n’a pas besoin en premier lieu de réductions d’impôts, mais plutôt de facilités. Cela signifie également restriction et partage. Et pour se débarrasser de la peur de « l’État ». Notre société est-elle prête pour cela ?

 

30. septembre 2011/0 Commentaires/par Markus Meury
https://christnet.ch/wp-content/uploads/2020/09/jude-beck-5E_y0GrEzoU-unsplash-scaled.jpg 1707 2560 Markus Meury https://christnet.ch/wp-content/uploads/2023/06/Logo-Christnet-2023-3240.svg Markus Meury2011-09-30 00:01:392020-09-25 16:38:36Permettre à la famille

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